 |
Jeunesse en action
La Guinée, mon pays que j'aime pourtant!
available in: (original) | | | | | | | | |
|
Capitale: Conakry
Population: 7,9 millions
Langue officielle: français (de jure)
Groupe majoritaire: aucun
Groupes minoritaires: une trentaine de langues dont le peul ou poular (32 %), le maninka (23 %), le soussou (10 %), le guerzé (3,8 %), le kissi (3,5 %), le toma (1,8 %), le dialonké (1,8 %), etc.
Langue coloniale: français
Système politique: république populaire pluraliste
Articles constitutionnels (langue): art. 1 de la Constitution de 1990
Lois linguistiques: sans objet
1 Situation géographique
L’Afrique compte trois Guinées, avec chacune une langue officielle différente: français, portugais et espagnol. On distingue en effet :
1) la Guinée (245 857 km²) proprement dite appelée aussi Guinée-Conakry (francophone);
2) la Guinée-Bissau (36 125 km²) dite «Guinée portugaise» (lusophone);
3) la Guinée équatoriale (28 051 km² ) ou «Guinée espagnole» (hispanophone) ou «Guinée espagnole» (hispanophone).
La langue officielle de chacun de ces pays résulte de l'histoire de la colonisation européenne (France, Portugal et Espagne).
La Guinée-Conakry, appelée officiellement république de Guinée, est un pays d'Afrique de l'Ouest borné par l'océan Atlantique, limité au nord-ouest par la Guinée-Bissau (lusophone), au nord par le Sénégal (francophone), à l'est par le Mali (francophone), au sud-est par la Côte d'Ivoire (francophone) et au sud par le Liberia (anglophone) et la Sierra Leone (anglophone).
C’est un pays de 245 857 km², soit l’équivalant de 50 % approximativement de la surface de la France. La Guinée-Conakry comprend également les îles de Los au large de Conakry, la capitale. Plus de 1,5 million de Guinéens habitent Conakry qui est aussi une importante ville portuaire.
La Guinée-Conakry est divisée en quatre grandes régions (voir la carte détaillée): d’est en ouest, on trouve la Guinée maritime ou Basse-Guinée (en bordure de l’Atlantique), la Moyenne-Guinée ou le Fouta-Djalon (au sud du Sénégal: de hauts plateaux aux nombreux cours d’eau désignés comme le «château d’eau» de l’Afrique), la Haute-Guinée (une immense savane formant une zone de transition avec le Mali) et la Guinée forestière (région de montagnes couvertes de forêts à l’extrémité sud-est, près du Liberia).
2 Données démolinguistiques
Les quelque huit millions de Guinéens sont répartis en près d’une trentaine d’ethnies parlant chacune leur langue. Étant donné que le dernier recensement officiel basé sur les groupes ethniques remonte à 1955, soit avant l’indépendance (1958), il est malaisé de s’appuyer sur ces statistiques. Sur les bases de ces données, on pourrait affirmer que les Peuls (ou Poulars) constituaient le groupe ethnique numériquement le plus important (40 % en 1955), suivis des Maninkas (connus sous le nom de Malinkés: 35 % en 1955), des Soussos (15 % en 1955), puis des Guerzés, des Kissiens, des Tomas, des Landoumas, des Bagas, etc.
En Guinée-Conakry, l’appartenance à une ethnie se révèle d’autant plus complexe qu’il existe de nombreux «regroupements» (mixages) dont il faut tenir compte. En effet, on distingue les «assimilés» (par exemple les Bagas et les Landoumans par rapport aux Soussous), les «apparentés» (par exemple les Toucouleurs et les Peuls) et les sous-groupes (par exemple les Kourankos, les Leles, etc., par rapport aux Malinkés). On en arrive alors à des proportions différentes. Formant de 30 % à 35 % de la population, les Malinkés (Maninkas) et les «assimilés» constitueraient le groupe le plus important; ils seraient suivis de près par les Peuls et les Toucouleurs avec 30 %; viendraient ensuite les Soussous et «assimilés», puis les «forestiers» (ceux qui vivent dans la Guinée forestière), avec 18 %. Quant aux autres petites ethnies, elles ne représenteraient que 2 % à 3 % de la population. Quoi qu’il en soit, Peuls, Malinkés et Soussous constituent à eux seuls les trois quarts de la population.
Les trois principaux groupes ethniques se répartissent dans les quatre grandes régions géographiques de la Guinée. La Guinée maritime abrite près de 75 % des Soussos, mais on y trouve aussi presque toutes grandes les ethnies du pays, en raison de la présence de la capitale, Conakry, qui attire les Guinéens. Dans la région du Fouta-Djallon ou Moyenne Guinée, on trouve 80 % des Peuls et 14 % des Malinkés; ces derniers sont plus nombreux en Haute Guinée (45 % d’entre eux). Quant à la Guinée forestière, elle abrite surtout des Malinkés (35 % d’entre eux), mais aussi des petites ethnies telles que les Kissiens, les Tomas, les Guerzés, etc.
Les Guinéens utilisent essentiellement des langues nigéro-congolaises, telles que le poular (32 %) parlé par les Peuls, le maninka (24 %) parlé par les Malinkés, le soussou (10 %), le guerzé (3,8 %), le kissi (3,5 %), le toma (1,8 %), le dialonké (1,8 %), etc.
Le français est la langue officielle du pays, mais seulement de 15 % à 25 % des Guinéens le pratiquent; dans les campagnes éloignées, cette langue demeure à peu près inconnue. Le français sert de langue véhiculaire entre les ethnies, mais également le poular, le malinké et parfois le soussou. Pour ce qui est de la langue arabe, cette langue n'est employée que par les adeptes du Coran. Au point de vue religieux, les musulmans sont nettement les plus nombreux en Guinée, avec près de 85 % d’adeptes dans la population. On compte 5 % de Guinéens adeptes des religions traditionnelles animistes et 4 % de chrétiens (dont 3 % de catholiques et 1 % de protestants évangéliques).
3 Données historiques
Les Nalous et les Bagas peuplèrent la région dès le VIIIe siècle, et furent rejoints au XIe siècle par les Jalonkés d'origine mandée. Ils furent suivis par les Peuls et les Mandingues, qui arrivèrent entre le XVIe et le XVIIIe siècle, en apportant l'islam. Au XIIe siècle, la région fit partie de l’empire du Ghana et de celui du Mali. Ce dernier connut son apogée au XIVe siècle; il s'étendit du nord et de l'est de la Guinée à Tombouctou (Mali), avant de péricliter au siècle suivant.
3.1 L’arrivée des Européens
En vertu du traité de Tordesillas (1494) qui traçait les limites territoriales entre l'Espagne et le Portugal, le page Alexandre VI Borgia (1431-1503) avait contraint les Espagnols et les Portugais à s'entendre sur le partage du monde: tout ce qui serait découvert à l'ouest du méridien appartiendrait à l’Espagne et à l'est (Brésil et Afrique), au Portugal (voir la carte du traité). En réalité, l’Église catholique avait attribué aux deux puissances péninsulaires, non pas des zones de colonisation, mais des zones d'évangélisation, mais cette distinction ne résista pas longtemps aux appétits impérialistes. En vertu du traité de Tordesillas, l'Afrique devait appartenir aux seuls Portugais, puisque les Espagnols y étaient écartés. Les autres pays de l'Europe, comme la France, la Grande-Bretagne et la Hollande, furent incapables de s'opposer au traité de Tordesillas jusqu'à la fin du XVIe siècle.
Les Portugais furent les premiers Européens, au XVe siècle, à longer les côtes de la Guinée et à entrer en contact avec les populations qui s'y trouvaient. Ils installèrent des comptoirs et pratiquèrent le commerce des épices, de l’huile de palme, l'or, de l'ivoire et... la traite des esclaves. La toponymie conserve encore leur marque (Rio Nuñez, Rio Pongo, Cap Verga, etc.) et plusieurs familles ont hérité de leurs noms (Fernandez, Gomez, etc.). Mais les Portugais entrèrent très tôt en compétition avec les Britanniques et les Français. Ils se trouvèrent rapidement circonscrits dans ce qui est devenu aujourd’hui la Guinée-Bissau. Les Britanniques finirent par se contenter sans trop de difficultés de la Sierra Leone. Puis, en une quarantaine d’années, l’impérialisme français supplanta ses rivaux dans la région en étendant sa zone à partir de la côte maritime en direction du Fouta-Djallon et de la Haute-Guinée. Les autochtones ne connurent d’abord l’écriture que par l'alphabet arabe: une transcription de la langue peule en caractères arabes apparut d'ailleurs au cours du XVIIIe siècle, mais cette arrivée dans le monde de l'écriture fut ralentie sérieusement par l'invasion des forces coloniales.
Le Français Gaspard-Théodore Mollien découvrit la Moyenne-Guinée (Fouta-Djalon) et la ville de Timbo en 1818; pour leur part, l'Anglais Gordon Laing (1826) et le Français René Caillié (1828) atteignirent Tombouctou au Mali. En 1840, l'amiral français Bouet-Willaumez (1808-1871), futur gouverneur du Sénégal, signa les premiers traités avec des chefs locaux de la Guinée. En 1880, le Français Olivier de Sanderval jeta les bases de la colonisation européenne dans la région. Dans les années 1880, l'almamy (souverain) d’origine malinkée, Samory Touré, équipé d'armes modernes, prit le contrôle de l'intérieur du pays. En 1884-1885, suite à un accord entre les puissances coloniales de l’époque (France, Grande-Bretagne, Allemagne et Portugal), la conférence de Berlin reconnut les «droits» de la France sur la région.
3.2 La colonisation française
Le territoire de la Guinée devint une colonie française en 1893 et fut intégré à l'Afrique occidentale française (AOF) en 1893. Mais l'almamy Samory Touré mena une guerre organisée contre l'occupation française sur la côte et dans les massifs montagneux du Sud-Est, jusqu'à ce qu'il fut vaincu en 1898. Fait prisonnier en 1898, il fut déporté au Gabon où il mourut en 1900. Il fut l'un des derniers héros de l'histoire précoloniale du pays. Les résistances à l’occupation française continuèrent et ne cessèrent qu’en 1912, lors de la «pacification» de cette zone érigée en région militaire depuis 1899. Finalement, l'émiettement en multiples chefferies rivales facilita l'emprise française sur le pays. Mais les excès militaires français provoquèrent en 1911 une révolte des Guerzé et des Manons, qui fut réprimée avec une très grande brutalité.
La France imposa un système d'administration coloniale identique à celui appliqué dans les autres territoires africains de son empire colonial. Le français devint la langue de l’Administration. La plupart des documents officiels ne furent pratiquement jamais connus de la part des intéressés, sauf lorsqu’ils furent occasionnellement traduits dans un «dialecte local». Près de 95 % des Guinées ne fréquentaient pas l’école et ignoraient par conséquent le français. Cependant, le français était très répandu auprès de l’élite guinéenne qui n’hésitait pas au besoin à écourter les études coraniques de leurs enfants pour leur faire suivre leurs cours à l’école française.
La mise en valeur du pays demeura le fait des Français, car les autochtones ne fournirent que la main-d’oeuvre à bon marché, notamment dans l’exploitation de la bauxite. Les sociétés françaises monopolisèrent les cultures d'exportation et les multiplièrent. Évidemment, l'exploitation des ressources naturelles s'orienta vers les besoins de la Métropole, ce qui suscita très tôt un syndicalisme très politisé, surtout dans les centres industriels et portuaires, qui se transforma en mouvements contestataires. Pendant les deux guerres mondiales, la Métropole fit largement appel aux soldats guinéens: 36 000 furent mobilisés en 1914-1918 et près de 18 000 en 1939-1945.
La Guinée française devint par la Constitution française du 7 octobre 1946 un «territoire d'outre-mer». À la fin de l’empire colonial français, le taux de scolarisation des «indigènes» restait inférieur à 12 %. Cette situation cachait aussi d'importantes disparités entre les sexes (par exemple, moins de 10 000 filles sur 45 000 enfants scolarisés), les milieux urbains et ruraux (dits «de brousse»), les différents groupes sociaux (fonctionnaires, artisans, ouvriers et manoeuvres, paysans) et religieux (par exemple, écoles coraniques et les écoles privées catholiques), sans parler des régions géographiques. L'enseignement supérieur demeurait inexistant. Puis, inévitablement, une conscience politique anticoloniale se développa pour s'affirmer avec force après la Seconde Guerre mondiale.
3.3 Vers l’indépendance
En 1952, Ahmed Sékou Touré, arrière-petit-fils de Samory Touré, mena des activités politiques afin d’obtenir davantage de représentants africains dans le gouvernement local. Il fonda le Parti démocratique de Guinée dont il fit une organisation populaire fortement structurée. Lors du référendum du 28 septembre 1958, la Guinée fut le seul pays de toute l'Afrique francophone à rejeter la proposition du général de Gaulle concernant l'intégration des colonies de l'Afrique occidentale française au sein d’une éventuelle Communauté française. Sékou Touré, qui était convaincu que la France ne pourrait durablement ostraciser une Guinée si riche en produits miniers, demandait à sa population de voter NON au projet d'intégration à la Communauté française. Dans son discours au général de Gaulle à Conakry, le 25 août 1958, Sékou Touré, alors vice-président du Conseil de gouvernement, déclara:
Mécontente de la décision guinéenne après son vote négatif lors du référendum du 28 septembre (1958) sur la Communauté, la France suspendit immédiatement son aide (contrairement à ce que croyait Sékou Touré). En un mois, l'administration guinéenne se vit privée de tous les techniciens et fonctionnaires français, y compris les médecins, les infirmières, les enseignants, les responsables de la sécurité aérienne, etc. Pendant que les présidents Habib Bourguiba de Tunisie, Hamani Diori du Niger et Léopold Sédar Senghor du Sénégal se comptaient parmi les défenseurs les plus acharnés de la Francophonie, Sekou Touré, lui, continuait d’exiger pour son pays l’indépendance immédiate et totale, et proclamait haut et fort que la Francophonie constituait une «nouvelle forme de domination coloniale». Paris tentera d’empêcher l’admission du nouvel État aux Nations unies.
3.4 Le régime autoritaire de Sékou Touré
La Guinée accéda à l'indépendance le 2 octobre 1958. Quant à Sékou Touré, il devint un héros en donnant naissance au mythe du «nationaliste intransigeant», tandis que la Guinée restait le symbole de la «dignité africaine retrouvée». Très populaire dans son pays comme dans toute l’Afrique, Sékou Touré fut, en tant que premier président de la Guinée, le grand «responsable suprême» du pays.
Il mit aussitôt en oeuvre une politique de «panafricanisme» impliquant la «décolonisation intégrale de toutes les structures du pays», afin d’instaurer une «société socialiste».
- La révolution culturelle
Avec Sékou Touré, la Guinée porta dorénavant le nom de République populaire révolutionnaire de Guinée. L’une des toutes premières «décisions législatives» adoptée au lendemain de l'indépendance peut nous donner une idée du caractère autoritaire du nouveau régime en place. Voici le texte de l’ordonnance du 2 octobre 1958 destinée simplement à contrer le vol dans le pays:
Avec la révolution culturelle, les fonctionnaires du gouvernement devaient répondre au téléphone en disant d’abord: «Allô! Prêts pour la révolution!» Au cours de l'année 1960, Sékou Touré ordonna une destruction massive de livres, journaux, documents administratifs, juridiques, archives, etc., dans tous les services publics. Les archives furent pillées et vidées, et tous les autres documents furent brûlés sous le contrôle d'un agent de la sécurité. Par la suite, l'importation de livres et de journaux étrangers fut interdite pour les particuliers. L’une des émissions les plus écoutées à l’époque par les Guinéens, la Revue de presse, fut supprimée pour être remplacée par la Causerie du président où il était le seul à parler. Dans les campagnes, les radios rurales durent adopter une «approche personnelle» en langues nationales pour communiquer avec la population. Comme on pouvait bien s’y attendre, la révolution passait aussi par la langue... et par l’école.
- La réforme scolaire
En 1958 déjà, le gouvernement avait pris la décision d'«adapter les structures de l'éducation aux nouvelles réalités nationales» dans le but d'instaurer un «enseignement démocratique et populaire». La réforme ambitionnait de «scolariser tous les enfants du pays à partir de l'année scolaire 1964-1965». Toutefois, c’est à partir de 1968 que Sékou Touré appliqua sa politique linguistique d’africanisation et entreprit de réformer l’éducation dans les écoles primaires.
La Commission nationale d'alphabétisation fut créée. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l’enseignement destiné à assurer les liens entre «l’école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d’enseignement. À l’époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l’Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu’une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D’une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu’elles n’avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu’à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu’en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l’école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s’était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l’exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d’assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d’obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d’Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu’en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s’engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d’une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd’hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l’a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L’ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s’agit des alinéas 4 et 5 de l’article 1:
Par cette disposition, l’État guinéen se réapproprie officiellement l’usage du français qui n’avait jamais été abandonné sous l’ancien régime. L’État veut également continuer d’assurer la promotion des cultures et des langues du peuple de Guinée.
4.1 La langue de l’État
Toute la politique linguistique écrite de la Guinée tient essentiellement à l'article 1 de la Constitution, qui fait du français la langue officielle et assure aux langues nationales une certaine place. Cette clause constitutionnelle signifie que le français reste la langue de la présidence de la République, de l'Assemblée nationale, de l'Administration publique, des cours de justice, des forces armées et policières, de l'enseignement à tous les niveaux, de l'affichage, des médias, etc. Cependant, des accommodements sont prévues dans les cours de justice, les services publics et les médias. Dans ces domaines, les langues nationales les plus importantes, généralement le peul (ou poular), le malinké (ou maninka) et le soussou — parfois le kissi, le kpellé et le toma —, sont utilisées concurremment avec le français. On peut parler d’un véritable bilinguisme au sein de l’appareil de l’État, du moins pour l’oral. À l’écrit, seul le français conserve ses prérogatives.
4.2 L’éducation
Bien que l’enseignement soit gratuit, la scolarisation de la population guinéenne demeure encore faible. En effet, au début des années quatre-vingt-dix, on comptait quelque 76 % d'analphabètes dans le pays. Seulement 30 % des enfants en âge scolaire fréquentaient l’école primaire. Environ 10 % des jeunes pourraient aller à l’école secondaire, contre 2 % dans l’enseignement supérieur. Le gouvernement a entrepris des campagnes de sensibilisation à la radio et à la télévision, mais les résultats sont lents bien qu’encourageants. De façon générale, les filles fréquente beaucoup moins l’école que les garçons.
La Guinée dispose d’un bon réseau d’écoles à tous les niveaux. Les enfants des villes peuvent fréquenter des écoles maternelles, des écoles primaires et secondaires, ainsi que établissements d’enseignement supérieur. Après la régime de Sékou Touré, le français est redevenu la langue d’enseignement à tous les niveaux, les langues nationales ayant par le fait même reculé. Sauf dans les écoles maternelles ou jardins d’enfants (et encore!), le français a repris sa place d’antan. Les langues nationales (peul, malinké, soussou, kissi, kpelle, toma), quand on les enseigne au primaire, sont devenues des matières d’enseignement, non plus des langues d’enseignement. De plus, les écoles coraniques et les établissements franco-arabes continuent d’enseigner l’arabe, surtout dans les matières religieuses, littéraires et sociales.
Les écoles de la Guinée sont plutôt pauvres et elles manquent cruellement de manuels scolaires. À titre d’exemple, le ratio livre-élèves est en général de dix pour les manuels en sciences, de sept pour les mathématiques et de quatre pour le français.
Dans les écoles secondaires et les établissements supérieurs (Université de Conakry, Université de Kankan, Institut supérieur de mine et géologie de Boké, Institut supérieur agronomique et vétérinaire de Faranah, Institut supérieur de sciences de l’éducation de Guinée), seul le français sert de langue d’enseignement. Il existe aussi de nombreuses écoles normales destinées à assurer une formation initiale aux enseignants du primaire et du secondaire.
En ce qui concerne les langues étrangères, la Guinée a privilégié deux langues: l’anglais et l’espagnol. La première langue étrangère enseignée est l’anglais. L’élève a, au secondaire, le choix entre l’espagnol et l’allemand; la plupart préfèrent l’espagnol.
Il existe de nombreuses écoles privées en Guinée. Les programmes des établissements privés du primaire et du secondaire sont exactement les mêmes que ceux du public. Les élèves subissent les mêmes examens que ceux du public. Généralement, l’enseignement dispensé dans ces établissements favorisent l’apprentissage et la pratique du français et de l’anglais afin d'amener les élèves à un bilinguisme le plus fonctionnel possible.
L'euphorie étant passée en ce qui a trait aux langues nationales, le gouvernement guinéen garde néanmoins la conviction que celles-ci doivent encore jouer un grand rôle dans la promotion de la culture nationale. On réfléchit présentement aux moyens de redynamiser ces langues. L'Académie des langues est devenue l’Institut de recherche linguistique appliquée. L'Institut pédagogique national est devenu l’Institut national de recherche et d'action pédagogique. Un Centre d'études linguistiques a été mis en place à la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Conakry.
Pour terminer, signalons que le système d’éducation de la Guinée est aux prises avec de graves problèmes d’inefficacité. Malgré les sommes énormes (proprotionnellement) consacrées à l’éducation, seulement 38 % des enfants guinéens sont scolarisés et, parmi ces derniers, un tiers au moins ne termine pas le cycle du primaire. On constate aussi d’énormes disparités entre les garçons et les filles, car celles-ci sont scolarisées dans une proportion de 18 %, notamment dans les zones rurales. De façon générale, les cours sont dispensés dans des conditions pédagogiques difficiles. Les classes comptent généralement de 60 à 90 élèves pour un maître qui n’est pas toujours motivé, sans compter que le statut de l’enseignant, avec un salaire peu élevé, est perçu come peu valorisant dans la société guinéenne.
4.3 Les médias
Les médias guinéens diffusent en français et dans plusieurs langues nationales. Les langues nationales sont privilégiées dans les stations locales désignées comme des «radios rurales». Dans chacune des quatres régions naturelles (Guinée maritime, Fouta-Djalon, Haute-Guinée et Guinée forestière), il existe une station de radiodiffusion qui a une grille de production et de programmes, autonome et locale. Toutes les langues recensées dans chacune des localités sont présentes à l’antenne de la radio. En Guinée, c’est la seule façon de rejoindre tous les citoyens, quelle que soit leur langue. Dans cette pespective, le français constitue «une langue parmi les autres». Tous les médias électroniques appartiennent à l'État, car il n’existe pas de radio ou de télé privée en Guinée. Mais une loi serait prévue pour autoriser les médias électroniques privés en Guinée. Les radios étrangères sont facilement captées, celles provenant du Liberia et de la Sierre Leone sont en anglais, celles de la Guinée-Bissau sont diffusées en portugais, les autres sont toutes en français.
Dans le domaine de la télévision, l’État ne peut encore couvrir tout le territoire national. La télévision est en Guinée un média beaucoup plus coûteux et donc inaccessible pour la plupart des Guinéens. Seules quelques-unes (peul, malinké, soussou, etc.) sont employées sur une base régulière à la télévision nationale (la RTG).
La plupart des médias écrits n’emploient que le français. Les Guinéens peuvent se procurer des journaux étrangers en anglais, en espagnol et en portugais.
Avec la révolution culturelle, les fonctionnaires du gouvernement devaient répondre au téléphone en disant d’abord: «Allô! Prêts pour la révolution!» Au cours de l'année 1960, Sékou Touré ordonna une destruction massive de livres, journaux, documents administratifs, juridiques, archives, etc., dans tous les services publics. Les archives furent pillées et vidées, et tous les autres documents furent brûlés sous le contrôle d'un agent de la sécurité. Par la suite, l'importation de livres et de journaux étrangers fut interdite pour les particuliers. L’une des émissions les plus écoutées à l’époque par les Guinéens, la Revue de presse, fut supprimée pour être remplacée par la Causerie du président où il était le seul à parler. Dans les campagnes, les radios rurales durent adopter une «approche personnelle» en langues nationales pour communiquer avec la population. Comme on pouvait bien s’y attendre, la révolution passait aussi par la langue... et par l’école.
- La réforme scolaire
En 1958 déjà, le gouvernement avait pris la décision d'«adapter les structures de l'éducation aux nouvelles réalités nationales» dans le but d'instaurer un «enseignement démocratique et populaire». La réforme ambitionnait de «scolariser tous les enfants du pays à partir de l'année scolaire 1964-1965». Toutefois, c’est à partir de 1968 que Sékou Touré appliqua sa politique linguistique d’africanisation et entreprit de réformer l’éducation dans les écoles primaires.
La Commission nationale d'alphabétisation fut créée. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l’enseignement destiné à assurer les liens entre «l’école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d’enseignement. À l’époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l’Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu’une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D’une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu’elles n’avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu’à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu’en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l’école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s’était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l’exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d’assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d’obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d’Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu’en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s’engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d’une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd’hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l’a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L’ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s’agit des alinéas 4 et 5 de l’article 1:
La politique linguistique de la Guinée-Conakry en est une de pragmatisme. Elle réside dans l’unilinguisme français pour l’appareil de l’État, incluant l’école, mais se transforme en un multilinguisme pragmatique — ce qu’on peut appeler un «multilinguisme de stratégie», pour tout ce qui relève des services à la population: administration orale, tribunaux, médias électroniques, etc.
Après avoir été un «précurseur» dans l’utilisation des langues nationales africaines du temps de Sékou Touré, l’État guinéen est revenu à une forme de politique moins dogmatique où l’improvisation idéologique a laissé la place à un certain réalisme. On peut croire que la politique actuelle constitue néanmoins une formule de transition. Il est probable que l’État s’en ira vers une utilisation accrue des langues nationales sans abandonner l’usage officiel du français, l’un des facteurs essentiels du développement économique.
¡Guinea, mi país que me gusta con todo!
Automatically translated into Spanish thanks to WorldLingo
Capital: Conakry
Población: 7,9 millones
Lengua oficial: francés (de jure)
Grupo mayoritario: ningunos
Grupos minoritarios: una treintena de lenguas cuyo peul o poular (32%), maninka (23%), soussou (10%), ella guerzé (3,8%), el kissi (3,5%), ella lo dividió en (1,8%), él dialonké (1,8%), etc
Lengua colonial: francés
Sistema político: República popular pluralista
Artículos constitucionales (lengua): arte. 1 de la Constitución de 1990
de Leyes lingüísticas: ¿sin objeto
1 Situación geográfica
L? África cuenta con a tres Guinées, con cada una una diferente lengua oficial: francés, portugués y español. Se distingue en efecto:
1) Guinea (245 857 km ²) propiamente dicha llamada también Guinea-Conakry (francófono);
2) Guinea-Bissau (36 125 km ²) dicha “Guinea portuguesa” (de habla portuguesa);
3) la Guinea Ecuatorial (28 051 km ²) o “Guinea española” (hispanohablante) o “Guinea española” (hispanohablante).
La lengua oficial de cada uno de estos países resulta de la historia de la colonización europea (Francia, Portugal y España).
Guinea-Conakry, llamada oficialmente República de Guinea, es un país del África el Occidental limitada por el Océano Atlántico, limitado al noroeste por Guinea-Bissau (de habla portuguesa), al norte por Senegal (francófono), al este por Malí (francófono), al sureste por Costa de Marfil (francófono) y al sur por Liberia (anglófono) y Sierra Leona (anglófono).
¿C? ¿es un país de 245.857 km ², sea l? equivaliendo un 50% aproximadamente de la superficie de Francia. Guinea-Conakry comprende también las islas de Los frente a la costa de Conakry, la capital. Más de 1,5 millón de Guineanos viven Conakry que es también una importante ciudad portuaria.
Guinea-Conakry se divide en cuatro grandes regiones (véase el mapa detallado): ¿d? ¿está en oeste, se encuentran la Guinea marítimo o BajoGuinea (en borde de l? Atlántico), la Media-Guinea o el Fouta-Djalon (al sur de Senegal: ¿mesetas a los numerosos cursos d? ¿agua designados como el “castillo d? ¿agua” de l? ¿África), AltoGuinea (una inmensa sabana que forma una zona de transición con Malí) y la Guinea forestal (región de montañas cubiertas con bosques a l? extremidad sureste, cerca de Liberia).
¿2 Datos démolinguistiques
los aproximadamente ocho millones de Guineanos se distribuyen en cerca d? ¿una treintena d? etnias que hablan cada una su lengua. ¿Dado que el último censo oficial basado en los grupos étnicos se remonta a 1955, esté antes del l? ¿independencia (1958), es difícil de s? apoyar en estas estadísticas. Sobre las bases de estos datos, se podría afirmar que el Peuls (o Poulars) constituían el grupo étnico numéricamente más importante (40% en 1955), seguidos del Maninkas (conocidos bajo el nombre de Malinkés: un 35% en 1955), Soussos (15% en 1955), luego Guerzés, Kissiens, dividió en, Landoumas, Bagas, etc
¿En Guinea-Conakry, l? ¿pertenencia a una etnia se revela d? ¿tanto más complejo qu? existe de numerosas “reagrupaciones” (mezclas) cuya en cuenta que hay que tener. En efecto, se distinguen los “equivalentes” (por ejemplo el Bagas y el Landoumans con relación al Soussous), los “emparentados” (por ejemplo los Toucouleurs y el Peuls) y los subgrupos (por ejemplo el Kourankos, el Leles, etc, con relación a los Malinkés). Se llega entonces a proporciones diferentes. Formando del 30% al 35% de la población, Malinkés (Maninkas) y los “equivalentes” los constituirían el grupo más importante; irían seguidos de cerca por el Peuls y los Toucouleurs con 30%; vendrían a continuación el Soussous y “asimilados”, luego los “silvicultores” (los que viven en la Guinea forestal), con 18%. En cuanto a las otras pequeñas etnias, sólo representarían un 2% al 3% de la población. ¿Qué qu? , Peuls, Malinkés y Soussous constituyen por sí solos los tres cuartos de la población.
Los tres principales grupos étnicos se distribuyen en las cuatro grandes regiones geográficas de Guinea. Guinea marítima alberga cerca de un 75% del Soussos, pero se encuentran también casi muy grandes a las etnias del país, debido a la presencia de la capital, Conakry, que atrae a los Guineanos. En la región del Fouta-Djallon o Medio Guinea, se encuentran un 80% del Peuls y un 14% de los Malinkés; ¿estos últimos son más numerosos en Alta Guinea (45% d? el uno con el otro). ¿En cuanto a la Guinea forestal, alberga sobre todo Malinkés (35% d? el uno con el otro), y también de las pequeñas etnias como el Kissiens, los dividió en, los Guerzés, etc
Los Guineanos utilizan esencialmente lenguas congolesas nigéro, como el poular (32%) hablado por el Peuls, el maninka (24%) hablado por los Malinkés, él soussou (10%), él guerzé (3,8%), el kissi (3,5%), lo dividió en (1,8%), dialonké (1,8%), etc
El francés es la lengua oficial del país, pero solamente del 15% al 25% de los Guineanos lo practican; en las campañas distantes, esta lengua sigue siendo alrededor desconocida. El francés sirve de lengua de vehículos entre las etnias, pero también el poular, él malinké y a veces el soussou. Por lo que se refiere a la lengua árabe, esta lengua sólo se emplea por los adeptos del Corán. ¿A la opinión religiosa, los musulmanes son los más numerosos claramente en Guinea, con cerca de un 85% d? adeptos en la población. Se cuentan un 5% de Guineanos adeptos de las religiones tradicionales animistas y un 4% de cristianos (3% de los cuales de católicos y 1% de protestantes evangélicos).
3 Datos históricos
el Nalous y el Bagas poblaron la región a partir del VIIIe siglo, y se incorporaron al XIe siglo por los Jalonkés de origen mandée. Fueron seguidos por el Peuls y el Mandingues, que llegó entre el XVIe y el Xviii siglo, aportando el islam. ¿Al XIIe siglo, la región formó parte de l? imperio de Ghana y del de Malí. Este último conoció su apogeo al XIVe siglo; se extendió del norte y el este de Guinea en Tombuctú (Malí), antes de periclitar al siglo siguiente.
¿3.1 L? llegada de los Europeos
en virtud del Tratado de Tordesillas (1494) que trazaba los límites territoriales entre España y Portugal, la página Alejandro VI Borgia (1431-1503) había obligado a los Españoles y a los Portugueses a ponerse de acuerdo sobre la división del mundo: ¿todo lo que se descubriría al oeste del meridiano pertenecería a l? España y al este (Brasil y África), en Portugal (véase la tarjeta del Tratado). ¿Realmente, l? Iglesia Católica había asignado a las dos potencias peninsulares, no de las zonas de colonización, sino de las zonas de evangelización, pero esta distinción no resistió mucho tiempo a los apetitos impérialistes. En virtud del Tratado de Tordesillas, África debía pertenecer a los solos Portugueses, puesto que se descartaban a los Españoles. Los otros países de Europa, como Francia, Gran Bretaña y Holanda, fueron incapaces de oponerse al Tratado de Tordesillas hasta el final de el XVIe siglo.
Los Portugueses fueron los primeros Europeos, al XVe siglo, a bordear las costas de Guinea y a entrar en contacto con las poblaciones que se encontraban. ¿Instalaron contadores y practicaron el comercio de las especias, de l? aceite de palma, el oro, de la marfil y… la trata de los esclavos. La toponimia conserva aún su marca (Río Nuñez, Río Pongo, Cabo Verga, etc) y varias familias heredaron de sus nombres (Fernández, Gómez, etc). Pero los Portugueses entraron muy pronto en competición con los Británicos y los Franceses. ¿Se encontraron rápidamente circunscritos en lo que pasó a ser aujourd? hoy Guinea-Bissau. Los Británicos terminaron por satisfacerse sin demasiadas dificultades de Sierra Leona. ¿Luego, en una cuarentena d? ¿años, l? imperialismo francés suplantó a sus rivales en la región extendiendo su zona a partir de la costa marítima en dirección del Fouta-Djallon y AltoGuinea. ¿Los autóctonos no conocieron d? ¿acceso l? escritura que por el alfabeto árabe: una transcripción de la lengua peule en caracteres árabes apareció por otra parte durante el Xviii siglo, pero esta llegada en el mundo de la escritura fue retrasada seriamente por la invasión de las fuerzas coloniales.
El Francés Gaspar-Théodore Mollien descubrió la Media-Guinea (Fouta-Djalon) y la ciudad de Timbo en 1818; por su parte, el Inglés Gordon Laing (1826) y el Francés René Caillié (1828) alcanzaron Tombuctú en Malí. En 1840, el almirante francés Bouet-Willaumez (1808-1871), futuro gobernador de Senegal, firmó los primeros Tratados con jefes locales de Guinea. En 1880, el Francés Olivar de Sanderval sentó las bases de la colonización europea en la región. ¿En los años 1880, el almamy (soberano) d? malinkée origen, Samory Touré, equipado de armas modernas, tomó el control del interior del país. ¿En 1884-1885, a raíz de un acuerdo entre las potencias coloniales de l? tiempo (Francia, Gran Bretaña, Alemania y Portugal), la conferencia de Berlín reconoció los “derechos” de Francia sobre la región.
3.2 la colonización francesa
el territorio de Guinea se volvió una colonia francesa en 1893 y se integró al África occidental francés (AOF) en 1893. Pero el almamy Samory Touré llevó una guerra organizada contra el empleo francés sobre la costa y en los macizos montañosos del Sureste, hasta que se supió en 1898. Hecho prisionero en 1898, se desplazó en Gabón donde se murió en 1900. Fue uno de los últimos héroes de la historia précoloniale del país. ¿Las resistencias a l? ¿empleo francés siguieron y no cesaron qu? en 1912, en la “pacificación” de esta zona creada en región militar desde 1899. Por último, el desmenuzamiento en múltiples chefferies rivales facilitó la influencia francesa sobre el país. Pero los excesos militares franceses causaron en 1911 una rebelión del Guerzé y el Manons, que se reprimió con una enorme brutalidad.
Francia impuso un sistema de administración colonial idéntica a el aplicado en los otros territorios africanos de su imperio colonial. ¿El francés se convirtió en la lengua de l? Administración. ¿La mayoría de los documentos oficiales no se conocieron prácticamente nunca por parte de los interesados, excepto lorsqu? de vez en cuando se tradujeron en un “dialecto local”. ¿Cerca del 95% de los Guinées no frecuentaban l? escuela e ignoraban por lo tanto al francés. ¿Sin embargo, se extendía al francés muy ante l? ¿élite guineana que n? ¿no dudaba si es preciso en acortar los estudios coránicos de sus niños para hacerles seguir sus cursos a l? escuela francesa.
¿El desarrollo del país permaneció el hecho de los Franceses, ya que los autóctonos sólo proporcionaron la mano-d? ¿trabaja barato, en particular, en l? explotación de la bauxita. Las sociedades francesas monopolizaron los cultivos de exportación y los multiplicaron. Obviamente, la explotación de los recursos naturales se orientó hacia las necesidades de la Metrópolis, lo que suscitó muy pronto un sindicalismo muy politizado, sobre todo en los centros industriales y portuarios, que se transformó en movimientos contestatarios. Durante las dos Guerras Mundiales, la Metrópolis recurrió de sobra a los soldados guineanos: 36.000 se movilizaron en 1914-1918 y cerca de 18.000 en 1939-1945.
Guinea francesa pasó a ser por la Constitución francesa del 7 de octubre de 1946 un “territorio de ultramar”. ¿Al final de l? imperio colonial francés, el porcentaje de escolarización de los “indígenas” seguía siendo inferiores al 12%. Esta situación ocultaba también importantes disparidades entre los sexos (por ejemplo, a más de 10.000 muchachas sobre 45.000 niños escolarizados), los medios urbanos y rurales (dichos “de arbusto”), los distintos grupos sociales (funcionarios, artesanos, obreros y maniobras, campesinos) y religiosos (por ejemplo, escuelas coránicas y las escuelas privadas católicas), sin hablar de las regiones geográficas. La enseñanza superior seguía siendo inexistente. Luego, inevitablemente, una conciencia política anticoloniale se desarrolló para afirmarse con fuerza después de la Segunda Guerra Mundial.
¿3.3 hacia l? ¿independencia
en 1952, Ahmed Sékou Touré, arrière-petit-fils de Samory Touré, realizó actividades políticas a fin d? obtener a aún más representantes africanos en el Gobierno local. Fundó el Partido democrático de Guinea del que hizo una organización popular muy estructurada. ¿En el referéndum del 28 de septiembre de 1958, Guinea fue el único país de todo el África francófono que debe rechazarse la propuesta del general de Gaulle relativo a la integración de las colonias del África occidental francés al seno d? una posible Comunidad francesa. Sékou Touré, que estaba convencido de que Francia no podría duraderamente condenar al ostracismo una Guinea tan rica en productos mineros, pedía a su población votar NO al proyecto de integración a la Comunidad francesa. En su discurso al general de Gaulle a Conakry, el 25 de agosto de 1958, Sékou Touré, entonces Vicepresidente del Consejo de Gobierno, declaró:
Descontenta de la decisión guineana después de su voto negativo en el referéndum del 28 de septiembre (1958) sobre la Comunidad, Francia suspendió inmediatamente su ayuda (contrariamente a esto que creía Sékou Touré). En un mes, la administración guineana se vive privada de todos los técnicos y funcionarios franceses, incluidos los médicos, las enfermeras, los profesores, los responsables de la seguridad aérea, etc ¿Mientras que los Presidentes Habib Bourguiba de Túnez, Hamani Diori de Níger y Léopold Sédar Senghor de Senegal se contaban entre los partidarios más encarnizados de la Francofonía, Sekou Touré, le seguía d? ¿exigir para su país l? independencia inmediata y total, y declaraba arriba y muy que la Francofonía constituía una “nueva forma de soberanía colonial”. ¿París intentará d? ¿impedir l? admisión del nuevo Estado a las Naciones Unidas.
3.4 el régimen autoritario de Sékou Touré
Guinea accedió a la independencia el 2 de octubre de 1958. En cuanto a Sékou Touré, se volvió un héroe dando nacimiento al mito del “nacionalista intransigente”, mientras que Guinea seguía siendo el símbolo de la “dignidad africana encontrada”. ¿Muy popular en su país como en todo l? África, Sékou Touré fue, como primer Presidente de Guinea, el gran “responsable supremo” del país.
¿Aplicó inmediatamente una política de “panafricanisme” que implica la “descolonización íntegra de todas las estructuras del país”, a fin d? instaurar a una “sociedad socialista”.
- La Revolución cultural
con Sékou Touré, Guinea llevó en adelante el nombre de República popular revolucionario de Guinea. ¿L? una de las todas las primeras “decisiones legislativas” adoptada inmediatamente después de la independencia puede darnos una idea del carácter autoritario del nuevo régimen existente. ¿Ahí tienes el texto de l? resolución del 2 de octubre de 1958 destinada simplemente a contradecir el vuelo en el país:
¿Con la Revolución cultural, los funcionarios del Gobierno debían responder al teléfono diciendo d? acceso: ¡“Allo! Préstamos para la revolución!” Durante el año 1960, Sékou Touré pidió una destrucción masiva de libros, Diarios, documentos administrativos, jurídicos, archivos, etc, en todos los servicios públicos. Se vaciaron los archivos se pillaron y, y todos los se quemaron demás documentos bajo el control de un agente de la seguridad. En consecuencia, la importación de libros y Diarios extranjeros estuvo prohibida para los particulares. ¿L? ¿una de las emisiones más escuchadas a l? tiempo por los Guineanos, la Revista de prensa, se suprimió para ser sustituido por la Charla del Presidente donde estaba el solo de hablar. En las campañas, las radios rurales duran adoptar un “enfoque personal” en lenguas nacionales para comunicar con la población. ¿Como se podía bien s? hay, la revolución pasaba también por la lengua… ¿y por l? escuela.
- La reforma escolar
en 1958 ya, el Gobierno había tomado la decisión “de adaptar las estructuras de la educación a las nuevas realidades nacionales” con el fin de instaurar una “enseñanza democrática y popular”. La reforma ambicionaba “de escolarizar a todos los niños del país a partir del año escolar 1964-1965”. ¿No obstante, c? ¿está a partir de 1968 que Sékou Touré aplicó su política lingüística d? ¿africanización y emprendió de reformar l? educación en las escuelas primarias.
Se creó a la Comisión nacional de alfabetización. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l?enseignement destiné à assurer les liens entre «l?école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d?enseignement. À l?époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l?Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu?une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D?une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu?elles n?avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu?à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu?en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l?école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s?était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l?exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d?assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d?obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d?Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu?en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s?engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d?une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd?hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l?a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L?ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s?agit des alinéas 4 et 5 de l?article 1:
Par cette disposition, l?État guinéen se réapproprie officiellement l?usage du français qui n?avait jamais été abandonné sous l?ancien régime. L?État veut également continuer d?assurer la promotion des cultures et des langues du peuple de Guinée.
4.1 La langue de l?État
Toute la politique linguistique écrite de la Guinée tient essentiellement à l'article 1 de la Constitution, qui fait du français la langue officielle et assure aux langues nationales une certaine place. Cette clause constitutionnelle signifie que le français reste la langue de la présidence de la République, de l'Assemblée nationale, de l'Administration publique, des cours de justice, des forces armées et policières, de l'enseignement à tous les niveaux, de l'affichage, des médias, etc. Cependant, des accommodements sont prévues dans les cours de justice, les services publics et les médias. Dans ces domaines, les langues nationales les plus importantes, généralement le peul (ou poular), le malinké (ou maninka) et le soussou ? parfois le kissi, le kpellé et le toma ?, sont utilisées concurremment avec le français. On peut parler d?un véritable bilinguisme au sein de l?appareil de l?État, du moins pour l?oral. À l?écrit, seul le français conserve ses prérogatives.
4.2 L?éducation
Bien que l?enseignement soit gratuit, la scolarisation de la population guinéenne demeure encore faible. En effet, au début des années quatre-vingt-dix, on comptait quelque 76 % d'analphabètes dans le pays. Seulement 30 % des enfants en âge scolaire fréquentaient l?école primaire. Environ 10 % des jeunes pourraient aller à l?école secondaire, contre 2 % dans l?enseignement supérieur. Le gouvernement a entrepris des campagnes de sensibilisation à la radio et à la télévision, mais les résultats sont lents bien qu?encourageants. De façon générale, les filles fréquente beaucoup moins l?école que les garçons.
La Guinée dispose d?un bon réseau d?écoles à tous les niveaux. Les enfants des villes peuvent fréquenter des écoles maternelles, des écoles primaires et secondaires, ainsi que établissements d?enseignement supérieur. Après la régime de Sékou Touré, le français est redevenu la langue d?enseignement à tous les niveaux, les langues nationales ayant par le fait même reculé. Sauf dans les écoles maternelles ou jardins d?enfants (et encore!), le français a repris sa place d?antan. Les langues nationales (peul, malinké, soussou, kissi, kpelle, toma), quand on les enseigne au primaire, sont devenues des matières d?enseignement, non plus des langues d?enseignement. De plus, les écoles coraniques et les établissements franco-arabes continuent d?enseigner l?arabe, surtout dans les matières religieuses, littéraires et sociales.
Les écoles de la Guinée sont plutôt pauvres et elles manquent cruellement de manuels scolaires. À titre d?exemple, le ratio livre-élèves est en général de dix pour les manuels en sciences, de sept pour les mathématiques et de quatre pour le français.
Dans les écoles secondaires et les établissements supérieurs (Université de Conakry, Université de Kankan, Institut supérieur de mine et géologie de Boké, Institut supérieur agronomique et vétérinaire de Faranah, Institut supérieur de sciences de l?éducation de Guinée), seul le français sert de langue d?enseignement. Il existe aussi de nombreuses écoles normales destinées à assurer une formation initiale aux enseignants du primaire et du secondaire.
En ce qui concerne les langues étrangères, la Guinée a privilégié deux langues: l?anglais et l?espagnol. La première langue étrangère enseignée est l?anglais. L?élève a, au secondaire, le choix entre l?espagnol et l?allemand; la plupart préfèrent l?espagnol.
Il existe de nombreuses écoles privées en Guinée. Les programmes des établissements privés du primaire et du secondaire sont exactement les mêmes que ceux du public. Les élèves subissent les mêmes examens que ceux du public. Généralement, l?enseignement dispensé dans ces établissements favorisent l?apprentissage et la pratique du français et de l?anglais afin d'amener les élèves à un bilinguisme le plus fonctionnel possible.
L'euphorie étant passée en ce qui a trait aux langues nationales, le gouvernement guinéen garde néanmoins la conviction que celles-ci doivent encore jouer un grand rôle dans la promotion de la culture nationale. On réfléchit présentement aux moyens de redynamiser ces langues. L'Académie des langues est devenue l?Institut de recherche linguistique appliquée. L'Institut pédagogique national est devenu l?Institut national de recherche et d'action pédagogique. Un Centre d'études linguistiques a été mis en place à la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Conakry.
Pour terminer, signalons que le système d?éducation de la Guinée est aux prises avec de graves problèmes d?inefficacité. Malgré les sommes énormes (proprotionnellement) consacrées à l?éducation, seulement 38 % des enfants guinéens sont scolarisés et, parmi ces derniers, un tiers au moins ne termine pas le cycle du primaire. On constate aussi d?énormes disparités entre les garçons et les filles, car celles-ci sont scolarisées dans une proportion de 18 %, notamment dans les zones rurales. De façon générale, les cours sont dispensés dans des conditions pédagogiques difficiles. Les classes comptent généralement de 60 à 90 élèves pour un maître qui n?est pas toujours motivé, sans compter que le statut de l?enseignant, avec un salaire peu élevé, est perçu come peu valorisant dans la société guinéenne.
4.3 Les médias
Les médias guinéens diffusent en français et dans plusieurs langues nationales. Les langues nationales sont privilégiées dans les stations locales désignées comme des «radios rurales». Dans chacune des quatres régions naturelles (Guinée maritime, Fouta-Djalon, Haute-Guinée et Guinée forestière), il existe une station de radiodiffusion qui a une grille de production et de programmes, autonome et locale. Toutes les langues recensées dans chacune des localités sont présentes à l?antenne de la radio. En Guinée, c?est la seule façon de rejoindre tous les citoyens, quelle que soit leur langue. Dans cette pespective, le français constitue «une langue parmi les autres». Tous les médias électroniques appartiennent à l'État, car il n?existe pas de radio ou de télé privée en Guinée. Mais une loi serait prévue pour autoriser les médias électroniques privés en Guinée. Les radios étrangères sont facilement captées, celles provenant du Liberia et de la Sierre Leone sont en anglais, celles de la Guinée-Bissau sont diffusées en portugais, les autres sont toutes en français.
Dans le domaine de la télévision, l?État ne peut encore couvrir tout le territoire national. La télévision est en Guinée un média beaucoup plus coûteux et donc inaccessible pour la plupart des Guinéens. Seules quelques-unes (peul, malinké, soussou, etc.) sont employées sur une base régulière à la télévision nationale (la RTG).
La plupart des médias écrits n?emploient que le français. Les Guinéens peuvent se procurer des journaux étrangers en anglais, en espagnol et en portugais.
Avec la révolution culturelle, les fonctionnaires du gouvernement devaient répondre au téléphone en disant d?abord: «Allô! Prêts pour la révolution!» Au cours de l'année 1960, Sékou Touré ordonna une destruction massive de livres, journaux, documents administratifs, juridiques, archives, etc., dans tous les services publics. Les archives furent pillées et vidées, et tous les autres documents furent brûlés sous le contrôle d'un agent de la sécurité. Par la suite, l'importation de livres et de journaux étrangers fut interdite pour les particuliers. L?une des émissions les plus écoutées à l?époque par les Guinéens, la Revue de presse, fut supprimée pour être remplacée par la Causerie du président où il était le seul à parler. Dans les campagnes, les radios rurales durent adopter une «approche personnelle» en langues nationales pour communiquer avec la population. Comme on pouvait bien s?y attendre, la révolution passait aussi par la langue... et par l?école.
- La réforme scolaire
En 1958 déjà, le gouvernement avait pris la décision d'«adapter les structures de l'éducation aux nouvelles réalités nationales» dans le but d'instaurer un «enseignement démocratique et populaire». La réforme ambitionnait de «scolariser tous les enfants du pays à partir de l'année scolaire 1964-1965». Toutefois, c?est à partir de 1968 que Sékou Touré appliqua sa politique linguistique d?africanisation et entreprit de réformer l?éducation dans les écoles primaires.
La Commission nationale d'alphabétisation fut créée. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l?enseignement destiné à assurer les liens entre «l?école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d?enseignement. À l?époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l?Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu?une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D?une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu?elles n?avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu?à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu?en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l?école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s?était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l?exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d?assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d?obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d?Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu?en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s?engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d?une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd?hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l?a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L?ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s?agit des alinéas 4 et 5 de l?article 1:
La politique linguistique de la Guinée-Conakry en est une de pragmatisme. Elle réside dans l?unilinguisme français pour l?appareil de l?État, incluant l?école, mais se transforme en un multilinguisme pragmatique ? ce qu?on peut appeler un «multilinguisme de stratégie», pour tout ce qui relève des services à la population: administration orale, tribunaux, médias électroniques, etc.
Après avoir été un «précurseur» dans l?utilisation des langues nationales africaines du temps de Sékou Touré, l?État guinéen est revenu à une forme de politique moins dogmatique où l?improvisation idéologique a laissé la place à un certain réalisme. On peut croire que la politique actuelle constitue néanmoins une formule de transition. Il est probable que l?État s?en ira vers une utilisation accrue des langues nationales sans abandonner l?usage officiel du français, l?un des facteurs essentiels du développement économique.
La Guinea, il mio paese che gradisco tuttavia!
Automatically translated into Italian thanks to WorldLingo
Capitale: Conakry
popolazione: 7,9 milioni
lingua ufficiale: francese (de jure)
gruppo maggioritario: nessun
gruppi minoritari: una trentina di lingue di cui il peul o poular (32%), il maninka (23%), (10%), lo (3,8%), il kissi (3,5%), lo lo divisero in tomi (1,8%), lo (1,8%), ecc.
Lingua coloniale: francese
sistema politico: repubblica popolare pluralistica
articoli costituzionali (lingua): arte. 1 della costituzione del 1990
leggi linguistiche: senza oggetto
1 situazione geografica
L? Africa conta tre Guinées, con ciascuna una lingua ufficiale diversa: francese, portoghese e spagnolo. Si distingue in effetti:
1) la Guinea (245 857 km ²) propriamente detta chiamata così Guinea-Conakry (francofono);
2) la Guinea-Bissau (36 125 km ²) detta “Guinea portoghese„ (di lingua portoghese);
3) la Guinea equatoriale (28 051 km ²) o “Guinea spagnola„ (ispanofono) o “Guinea spagnola„ (ispanofono).
La lingua ufficiale di ciascuno di questi paesi deriva dalla storia della colonizzazione europea (Francia, Portogallo e Spagna).
Il Guinea-Conakry, chiamata ufficialmente repubblica della Guinea, è un paese africano dell'Ovest limitato dall'oceano atlantico, limitato al Nord-ovest dalla Guinea-Bissau (di lingua portoghese), al nord da parte del Senegal (francofono), all'est da parte del Mali (francofono), al Sud-Est da parte della Costa d'Avorio (francofono) ed al sud da parte della Liberia (anglofono) e la Sierra Leone (anglofono).
C? è un paese di 245.857 km ², sia l? equivalendo del 50% approssimativamente della superficie della Francia. Il Guinea-Conakry comprende anche le isole d'Los all'ampio di Conakry, la capitale. Più di 1,5 milione di guineani abitano Conakry che è anche un'importante città portuale.
Il Guinea-Conakry è diviso in quattro grandi regioni (vedere la carta dettagliata): d? è in ovest, si trovano la Guinea marittima o Basso-Guinea (in bordo di l? Atlantico), la media-Guinea o Fouta-Djalon (al sud del Senegal: alti piatti ai numerosi corsi d? acqua designati come “il castello d? acqua„ di l? Africa), l'Alto-Guinea (una savana immensa che forma una zona di transizione con il Mali) e la Guinea forestale (regione di montagne coperte di foreste a l? estremità sudorientale, vicino alla Liberia).
2 dati démolinguistiques
circa otto milioni di guineani sono distribuiti vicino in d? una trentina d? etnie che parlano ciascuna la loro lingua. Dato che l'ultimo censimento ufficiale basato sui gruppi etnici risale al 1955, sia prima di l? indipendenza (1958), è difficile di s? sostenere su queste statistiche. Sulle basi di questi dati, si potrebbe affermare che Peuls (o Poulars) costituiva il gruppo etnico numericamente più importante (40% nel 1955), seguiti dal Maninkas (conosciuti sotto il nome di Malinkés: 35% nel 1955), Soussos (15% nel 1955), quindi Guerzés, Kissiens, divise in tomi, Landoumas, Bagas, ecc.
In Guinea-Conakry, l? appartenenza ad un'etnia si rivela d? tanto più complesso qu? esiste di numerosi “raggruppamenti„ (missaggi) di cui occorre tenere conto. In effetti, si distinguono “gli equivalenti„ (ad esempio Bagas e Landoumans rispetto al Soussous), “gli apparentati„ (ad esempio Toucouleurs e Peuls) ed i sottogruppi (ad esempio Kourankos, Leles, ecc., rispetto ai Malinkés). Si arriva allora a proporzioni diverse. Formando dal 30% al 35% della popolazione, Malinkés (Maninkas) e “gli equivalenti„ li costituirebbero il gruppo più importante; sarebbero seguiti da vicino dal Peuls e Toucouleurs con il 30%; verrebbero in seguito Soussous e “assimilati„, quindi “i silvicoltori„ (coloro che vivono nella Guinea forestale), con il 18%. Quanto alle altre piccole etnie, rappresenterebbero soltanto il 2% al 3% della popolazione. Ciò che qu? Peuls Malinkés e Soussous costituisce soltanto i tre quarti della popolazione.
I tre principali gruppi etnici si distribuiscono nelle quattro grandi regioni geografiche della Guinea. La Guinea marittima ripara quasi il 75% del Soussos, ma vi si trovano così quasi molto grandi le etnie del paese, a causa della presenza della capitale, Conakry, che attira i guineani. Nella regione del Fouta-Djallon o Moyenne Guinea, si trovano il 80% del Peuls ed il 14% dei Malinkés; quest'ultimi sono più numerosi in alta Guinea (45% d? tra loro). Quanto alla Guinea forestale, ripara soprattutto Malinkés (35% d? tra loro), ma anche delle piccole etnie come Kissiens, le dividesti in tomi, loro Guerzés, ecc.
I guineani utilizzano principalmente lingue nigéro-congolesi, come il poular (32%) parlato dal Peuls, il maninka (24%) parlato dai Malinkés, lo (10%), lo (3,8%), il kissi (3,5%), lo divise in tomi (1,8%), lo (1,8%), ecc.
Il francese è la lingua ufficiale del paese, ma soltanto dal 15% al 25% dei guineani lo praticano; nelle campagne distanti, questa lingua rimane quasi sconosciuta. Il francese funge da lingua veicolare tra le etnie, ma anche il poular, lo ed a volte. Per quanto riguarda la lingua araba, questa lingua è usata soltanto dai seguaci del corano. Dal punto di vista religioso, i musulmani sono chiaramente i più numerosi in Guinea, con quasi il 85% d? seguaci nella popolazione. Si contano il 5% di guineani seguaci delle religioni tradizionali animiste ed il 4% di cristiani (di cui 3% di cattolici e 1% di protestanti evangelici).
3 dati storici
Nalous e Bagas popolarono la regione fin dal VIIIe secolo, e furono raggiunti al XIe secolo dai Jalonkés d'origine. Furono seguiti dal Peuls e Mandingues, che arrivarono tra XVIe ed il xviiio secolo, portando l'islam. Al XIIe secolo, la regione fece parte di l? impero del Ghana e di quello del Mali. Quest'ultimo conobbe il suo massimo al XIVe secolo; si estese del nord e dell'est della Guinea a Timbuctù (Mali), prima di andare a rotoli al secolo seguente.
3.1 L? arrivo degli europei
a norma del trattato di Tordesillas (1494) che tracciava i limiti territoriali tra la Spagna ed il Portogallo, la pagina Alexandre VI Borgia (1431-1503) aveva forzato gli spagnoli ed i portoghesi ad intendersi sulla divisione del mondo: tutto e questo sarebbe scoperto all'ovest del meridiano apparterrebbe a l? Spagna ed ad est (Brasile e Africa), in Portogallo (vedere la carta del trattato). In realtà, l? Chiesa cattolica aveva attribuito alle due potenze peninsulari, non delle zone di colonizzazione, ma delle zone d'evangelizzazione, ma questa distinzione non resisté a lungo agli appetiti impérialistes. A norma del trattato di Tordesillas, l'Africa doveva appartenere ai soli portoghesi, poiché gli spagnoli vi erano allontanati. Gli altri paesi dell'Europa, come la Francia, la Gran Bretagna e l'Olanda, furono incapaci di opporsi al trattato di Tordesillas fino alla fine del XVIe secolo.
I portoghesi furono i primi europei, al XVe secolo, a bordare le coste della Guinea ed entrare in contatto con le popolazioni che si trovavano. Installarono contatori e praticarono il commercio delle spezie, di l? olio di palma, l'oro, dell'avorio e… la tratta degli schiavi. Il toponymie conserva ancora il loro segno (Rio Nuñez, Rio Pongo, Cap Verga, ecc.) e molte famiglie hanno ereditato dei loro nomi (Fernandez, Gomez, ecc.). Ma i portoghesi entrarono molto presto in concorrenza con i britannici ed i francesi. Si trovarono rapidamente circoscritti in ciò che è diventato aujourd? oggi la Guinea-Bissau. I britannici finirono per accontentarsi senza troppe difficoltà della Sierra Leone. Quindi, in una quarantina d? anni, l? imperialismo francese supplanta le sue competizioni nella regione estendendo la sua zona da partire dalla costa marittima in direzione del Fouta-Djallon e dell'Alto-Guinea. Gli autoctoni non conobbero d? accesso l? scrittura che con l'alfabeto arabo: una trascrizione della lingua peule in caratteri arabi apparì del resto nel corso del xviiio secolo, ma quest'arrivo nel mondo della scrittura fu rallentato seriamente dall'invasione delle forze coloniali.
Il francese Gaspard-Théodore Mollien scoprì Moyenne-Guinea (Fouta-Djalon) e la città di Timbo in 1818; dalla loro parte, l'inglese Gordon Laing (1826) ed il francese René Caillié (1828) raggiunsero Timbuctù in Mali. In 1840, l'ammiraglio francese Bouet-Willaumez (1808-1871), futuro governatore del Senegal, firmò i primi trattati con capi locali della Guinea. In 1880, il francese ulivo di Sanderval gettò le basi della colonizzazione europea nella regione. Negli anni 1880, lo almamy (sovrano) d? origine, Samory Touré, fornito di armi moderne, prese il controllo dell'interno del paese. In 1884-1885, in seguito ad un accordo tra le potenze coloniali di l? epoca (Francia, Gran Bretagna, Germania e Portogallo), la conferenza di Berlino riconobbero “i diritti„ della Francia sulla regione.
3.2 La colonizzazione francese
il territorio della Guinea diventò una colonia francese in 1893 e fu integrato all'Africa occidentale francese (AOF) in 1893. Ma lo almamy Samory Touré condusse una guerra organizzata contro l'occupazione francese sulla costa e nei massicci montagnosi del Sud-Est, fino a che fu superato in 1898. Fatto prigioniero in 1898, fu deportato in Gabon dove morì nel 1900. Fu uno degli ultimi eroi della storia précoloniale del paese. Le resistenze a l? occupazione francese continuò e non cessò qu? nel 1912, in occasione “della pacification„ di questa zona stabilita in regione militare da 1899. Concludendo, lo sbriciolamento in chefferies multiple rivales facilitò l'influenza francese sul paese. Ma gli eccessi militari francesi causarono nel 1911 una sommossa del Guerzé e del Manons, che fu represso con molto una grande brutalità.
La Francia impose un sistema d'amministrazione coloniale identica a quello applicato negli altri territori africani del suo impero coloniale. Il francese diventò la lingua di l? Amministrazione. La maggior parte dei documenti ufficiali non fu praticamente mai conosciuta da parte degli interessati, eccetto? furono occasionalmente tradotti “in un dialetto locale„. Quasi il 95% delle Guinées non partecipava a l? scuola ed ignorava quindi il francese. Tuttavia, il francese era molto sparso presso l? elite guineana che n? non esitava se del caso ad accorciare gli studi coranici dei loro bambini per fare loro seguire i loro corsi a l? scuola francese.
La valorizzazione del paese rimase il fatto dei francesi, poiché gli autoctoni fornirono soltanto la mano-d? opera economici, in particolare in l? sfruttamento della bauxite. Le società francesi monopolizzarono le culture d'esportazione e le moltiplicarono. Ovviamente, lo sfruttamento delle risorse naturali si orientò verso le necessità della Metropoli, cosa che suscitò molto presto un syndicalisme molto politicizzato, soprattutto nei centri industriali e portuali, che si trasformò in movimenti contestataires. Durante le due guerre mondiali, la Metropoli fece in gran parte appello ai soldati guineani: 36.000 furono mobilitati nel 1914-1918 e quasi 18.000 nel 1939-1945.
La Guinea francese diventò con la costituzione francese del 7 ottobre 1946 “un territorio d'oltremare„. Alla fine di l? impero coloniale francese, il tasso d'istruzione “degli indigeni„ restavano inferiore al 12%. Questa situazione nascondeva anche importanti disparità tra i sessi (ad esempio, meno di 10.000 ragazze su 45.000 bambini scolarisés), gli ambienti urbani e rurali (detti “di boscaglia„), i diversi gruppi sociali (funzionari, artigiani, operai e manovre, contadini) e religiosi (ad esempio, scuole coraniche e le scuole private cattoliche), senza parlare delle regioni geografiche. L'insegnamento superiore rimaneva inesistente. Quindi, inevitabilmente, una coscienza politica anticoloniale si sviluppò per affermarsi con forza dopo la seconda guerra mondiale.
3.3 Verso l? indipendenza
nel 1952, Ahmed Sékou Touré, arrière-petit-fils di Samory Touré, condusse attività politiche allo scopo d? ottenere ulteriori rappresentanti africani nel governo locale. Fondò la parte democratica della Guinea di cui fece un'organizzazione popolare fortemente strutturata. In occasione del referendum del 28 settembre 1958, la Guinea fu il solo paese africano di tutta francofona da rifiutare la proposta del generale di Gaulle riguardante l'integrazione delle colonie dell'Africa occidentale francese al centro d? un'eventuale Comunità francese. Sékou Touré che era convinto che la Francia non potrebbe durevolmente ostraciser una Guinea così ricca in prodotti minerari, chiedeva alla sua popolazione di votare NON al progetto d'integrazione alla Comunità francese. Nel suo discorso al generale di Gaulle a Conakry, il 25 agosto 1958, Sékou Touré, allora vicepresidente del Consiglio di governo, dichiarò:
Insoddisfatta della decisione guineana dopo il suo voto negativo in occasione del referendum del 28 settembre (1958) sulla Comunità, la Francia sospese immediatamente il suo aiuto (contrariamente a ciò che credeva Sékou Touré). In un mese, l'amministrazione guineana si vive privata di tutti i tecnici e funzionari francesi, compresi i medici, gli infermieri, gli insegnanti, i responsabili della sicurezza aerea, ecc. Mentre i presidenti Habib Bourguiba di Tunisia, Hamani Diori del Niger e Léopold Sédar Senghor del Senegal si erano fra i difensori più accaniti della francofonia, Sekou Touré, gli continuava d? esigere per il suo paese l? indipendenza immediata e totale, e proclamava su e molto che la francofonia costituiva “una nuova forma di sovranità coloniale„. Parigi tenterà d? impedire l? ammissione del nuovo Stato alle Nazioni Unite.
3.4 Il regime autorevole di Sékou Touré
la Guinea accedé all'indipendenza il 2 ottobre 1958. Quanto a Sékou Touré, diventò un eroe dando nascita al mito “del nazionalista intransigeant„, mentre la Guinea restava il simbolo “della dignità africana trovata„. Molto popolare nel suo paese e in qualsiasi l? Africa, Sékou Touré furono, come il primo presidente della Guinea, il grande “responsabile supremo„ del paese.
Attuò immediatamente una politica “di panafricanisme„ che implica “la liberazione integrale di tutte le strutture del paese„, allo scopo d? instaurare “una società socialista„.
- La rivoluzione culturale
con Sékou Touré, la Guinea portarono d'ora in poi il nome di repubblica popolare rivoluzionaria della Guinea. L? una di qualsiasi prima “decisioni legislative„ adottata nel periodo successivo all'indipendenza può darci un'idea del carattere autorevole del nuovo regime in posto. Ecco il testo di l? ordinanza del 2 ottobre 1958 destinata semplicemente a ricambiare il volo nel paese:
Con la rivoluzione culturale, i funzionari del governo dovevano rispondere al telefono dicendo d? accesso: “Allô! Prestiti per la rivoluzione!„ Nel corso dell'anno 1960, Sékou Touré ordinò una distruzione massiccia di libri, giornali, documenti amministrativi, giuridici, archivi, ecc., in tutti i servizi pubblici. Gli archivi furono saccheggiati e svuotati, e tutti gli altri documenti furono bruciati sotto il controllo di un agente della sicurezza. Successivamente, l'importazione di libri e di giornali stranieri fu vietata per i privati. L? una delle emissioni più ascoltate a l? epoca da parte dei guineani, la rivista di stampa, fu eliminata per essere sostituita dalla conversazione del presidente dove era il solo a parlare. Nelle campagne, le radio rurali durano adottare “un approccio personale„ in lingue nazionali per comunicare con la popolazione. Poiché si poteva bene s? aspettare, la rivoluzione passava anche per la lingua… e per l? scuola.
- La riforma scolastica
nel 1958 già, il governo aveva preso la decisione “di adattare le strutture dell'istruzione alle nuove realtà nazionali„ allo scopo di instaurare “un insegnamento democratico e popolare„. La riforma ambiva “scolariser tutti i bambini del paese da partire dall'anno scolastico 1964-1965„. Tuttavia, c? è da partire dal 1968 che Sékou Touré applicò la sua politica linguistica d? africanisation ed intraprese di riformare l? istruzione nelle scuole primarie.
La Commissione nazionale d'alfabetizzazione fu creata. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l?enseignement destiné à assurer les liens entre «l?école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d?enseignement. À l?époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l?Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu?une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D?une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu?elles n?avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu?à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu?en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l?école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s?était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l?exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d?assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d?obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d?Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu?en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s?engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d?une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd?hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l?a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L?ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s?agit des alinéas 4 et 5 de l?article 1:
Par cette disposition, l?État guinéen se réapproprie officiellement l?usage du français qui n?avait jamais été abandonné sous l?ancien régime. L?État veut également continuer d?assurer la promotion des cultures et des langues du peuple de Guinée.
4.1 La langue de l?État
Toute la politique linguistique écrite de la Guinée tient essentiellement à l'article 1 de la Constitution, qui fait du français la langue officielle et assure aux langues nationales une certaine place. Cette clause constitutionnelle signifie que le français reste la langue de la présidence de la République, de l'Assemblée nationale, de l'Administration publique, des cours de justice, des forces armées et policières, de l'enseignement à tous les niveaux, de l'affichage, des médias, etc. Cependant, des accommodements sont prévues dans les cours de justice, les services publics et les médias. Dans ces domaines, les langues nationales les plus importantes, généralement le peul (ou poular), le malinké (ou maninka) et le soussou ? parfois le kissi, le kpellé et le toma ?, sont utilisées concurremment avec le français. On peut parler d?un véritable bilinguisme au sein de l?appareil de l?État, du moins pour l?oral. À l?écrit, seul le français conserve ses prérogatives.
4.2 L?éducation
Bien que l?enseignement soit gratuit, la scolarisation de la population guinéenne demeure encore faible. En effet, au début des années quatre-vingt-dix, on comptait quelque 76 % d'analphabètes dans le pays. Seulement 30 % des enfants en âge scolaire fréquentaient l?école primaire. Environ 10 % des jeunes pourraient aller à l?école secondaire, contre 2 % dans l?enseignement supérieur. Le gouvernement a entrepris des campagnes de sensibilisation à la radio et à la télévision, mais les résultats sont lents bien qu?encourageants. De façon générale, les filles fréquente beaucoup moins l?école que les garçons.
La Guinée dispose d?un bon réseau d?écoles à tous les niveaux. Les enfants des villes peuvent fréquenter des écoles maternelles, des écoles primaires et secondaires, ainsi que établissements d?enseignement supérieur. Après la régime de Sékou Touré, le français est redevenu la langue d?enseignement à tous les niveaux, les langues nationales ayant par le fait même reculé. Sauf dans les écoles maternelles ou jardins d?enfants (et encore!), le français a repris sa place d?antan. Les langues nationales (peul, malinké, soussou, kissi, kpelle, toma), quand on les enseigne au primaire, sont devenues des matières d?enseignement, non plus des langues d?enseignement. De plus, les écoles coraniques et les établissements franco-arabes continuent d?enseigner l?arabe, surtout dans les matières religieuses, littéraires et sociales.
Les écoles de la Guinée sont plutôt pauvres et elles manquent cruellement de manuels scolaires. À titre d?exemple, le ratio livre-élèves est en général de dix pour les manuels en sciences, de sept pour les mathématiques et de quatre pour le français.
Dans les écoles secondaires et les établissements supérieurs (Université de Conakry, Université de Kankan, Institut supérieur de mine et géologie de Boké, Institut supérieur agronomique et vétérinaire de Faranah, Institut supérieur de sciences de l?éducation de Guinée), seul le français sert de langue d?enseignement. Il existe aussi de nombreuses écoles normales destinées à assurer une formation initiale aux enseignants du primaire et du secondaire.
En ce qui concerne les langues étrangères, la Guinée a privilégié deux langues: l?anglais et l?espagnol. La première langue étrangère enseignée est l?anglais. L?élève a, au secondaire, le choix entre l?espagnol et l?allemand; la plupart préfèrent l?espagnol.
Il existe de nombreuses écoles privées en Guinée. Les programmes des établissements privés du primaire et du secondaire sont exactement les mêmes que ceux du public. Les élèves subissent les mêmes examens que ceux du public. Généralement, l?enseignement dispensé dans ces établissements favorisent l?apprentissage et la pratique du français et de l?anglais afin d'amener les élèves à un bilinguisme le plus fonctionnel possible.
L'euphorie étant passée en ce qui a trait aux langues nationales, le gouvernement guinéen garde néanmoins la conviction que celles-ci doivent encore jouer un grand rôle dans la promotion de la culture nationale. On réfléchit présentement aux moyens de redynamiser ces langues. L'Académie des langues est devenue l?Institut de recherche linguistique appliquée. L'Institut pédagogique national est devenu l?Institut national de recherche et d'action pédagogique. Un Centre d'études linguistiques a été mis en place à la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Conakry.
Pour terminer, signalons que le système d?éducation de la Guinée est aux prises avec de graves problèmes d?inefficacité. Malgré les sommes énormes (proprotionnellement) consacrées à l?éducation, seulement 38 % des enfants guinéens sont scolarisés et, parmi ces derniers, un tiers au moins ne termine pas le cycle du primaire. On constate aussi d?énormes disparités entre les garçons et les filles, car celles-ci sont scolarisées dans une proportion de 18 %, notamment dans les zones rurales. De façon générale, les cours sont dispensés dans des conditions pédagogiques difficiles. Les classes comptent généralement de 60 à 90 élèves pour un maître qui n?est pas toujours motivé, sans compter que le statut de l?enseignant, avec un salaire peu élevé, est perçu come peu valorisant dans la société guinéenne.
4.3 Les médias
Les médias guinéens diffusent en français et dans plusieurs langues nationales. Les langues nationales sont privilégiées dans les stations locales désignées comme des «radios rurales». Dans chacune des quatres régions naturelles (Guinée maritime, Fouta-Djalon, Haute-Guinée et Guinée forestière), il existe une station de radiodiffusion qui a une grille de production et de programmes, autonome et locale. Toutes les langues recensées dans chacune des localités sont présentes à l?antenne de la radio. En Guinée, c?est la seule façon de rejoindre tous les citoyens, quelle que soit leur langue. Dans cette pespective, le français constitue «une langue parmi les autres». Tous les médias électroniques appartiennent à l'État, car il n?existe pas de radio ou de télé privée en Guinée. Mais une loi serait prévue pour autoriser les médias électroniques privés en Guinée. Les radios étrangères sont facilement captées, celles provenant du Liberia et de la Sierre Leone sont en anglais, celles de la Guinée-Bissau sont diffusées en portugais, les autres sont toutes en français.
Dans le domaine de la télévision, l?État ne peut encore couvrir tout le territoire national. La télévision est en Guinée un média beaucoup plus coûteux et donc inaccessible pour la plupart des Guinéens. Seules quelques-unes (peul, malinké, soussou, etc.) sont employées sur une base régulière à la télévision nationale (la RTG).
La plupart des médias écrits n?emploient que le français. Les Guinéens peuvent se procurer des journaux étrangers en anglais, en espagnol et en portugais.
Avec la révolution culturelle, les fonctionnaires du gouvernement devaient répondre au téléphone en disant d?abord: «Allô! Prêts pour la révolution!» Au cours de l'année 1960, Sékou Touré ordonna une destruction massive de livres, journaux, documents administratifs, juridiques, archives, etc., dans tous les services publics. Les archives furent pillées et vidées, et tous les autres documents furent brûlés sous le contrôle d'un agent de la sécurité. Par la suite, l'importation de livres et de journaux étrangers fut interdite pour les particuliers. L?une des émissions les plus écoutées à l?époque par les Guinéens, la Revue de presse, fut supprimée pour être remplacée par la Causerie du président où il était le seul à parler. Dans les campagnes, les radios rurales durent adopter une «approche personnelle» en langues nationales pour communiquer avec la population. Comme on pouvait bien s?y attendre, la révolution passait aussi par la langue... et par l?école.
- La réforme scolaire
En 1958 déjà, le gouvernement avait pris la décision d'«adapter les structures de l'éducation aux nouvelles réalités nationales» dans le but d'instaurer un «enseignement démocratique et populaire». La réforme ambitionnait de «scolariser tous les enfants du pays à partir de l'année scolaire 1964-1965». Toutefois, c?est à partir de 1968 que Sékou Touré appliqua sa politique linguistique d?africanisation et entreprit de réformer l?éducation dans les écoles primaires.
La Commission nationale d'alphabétisation fut créée. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l?enseignement destiné à assurer les liens entre «l?école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d?enseignement. À l?époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l?Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu?une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D?une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu?elles n?avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu?à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu?en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l?école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s?était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l?exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d?assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d?obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d?Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu?en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s?engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d?une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd?hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l?a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L?ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s?agit des alinéas 4 et 5 de l?article 1:
La politique linguistique de la Guinée-Conakry en est une de pragmatisme. Elle réside dans l?unilinguisme français pour l?appareil de l?État, incluant l?école, mais se transforme en un multilinguisme pragmatique ? ce qu?on peut appeler un «multilinguisme de stratégie», pour tout ce qui relève des services à la population: administration orale, tribunaux, médias électroniques, etc.
Après avoir été un «précurseur» dans l?utilisation des langues nationales africaines du temps de Sékou Touré, l?État guinéen est revenu à une forme de politique moins dogmatique où l?improvisation idéologique a laissé la place à un certain réalisme. On peut croire que la politique actuelle constitue néanmoins une formule de transition. Il est probable que l?État s?en ira vers une utilisation accrue des langues nationales sans abandonner l?usage officiel du français, l?un des facteurs essentiels du développement économique.
Guinea, mein Land, das ich jedoch mag!
Automatically translated into German thanks to WorldLingo
Hauptstadt: Conakry
Bevölkerung: 7,9 Millionen
Amtssprache: Französisch (de jure)
Mehrheitsgruppe: keine
Minderheitsgruppen: etwa dreißig Sprachen deren band peul oder poular (32%), das guerzé soussou maninka (23%), es (10%), es (3,8%), das kissi (3,5%), es (1,8%) es dialonké (1,8%), usw.
Koloniale Sprache: Französisch
politisches System: pluralistische Volksrepublik
verfassungsmäßige Artikel (Sprache): Kunst. 1 von der Verfassung von 1990
linguistische Gesetze: ohne Gegenstand
1 geographische Lage
L? Afrika zählt drei Guinées mit jedem eine andere Amtssprache: portugiesisches und spanisches Französisch. Man unterscheidet in der Tat:
1) Guinea (245 857 km ²) eigentlich auch Guinée-Conakry genannt, (Frankophones);
2) Guinea-Bissau (36 125 km ²) sogenannt „portugiesisches Guinea“ (portugiesisch-sprechend);
3) das äquatorialguinea (28 051 km ²) oder „spanisches Guinea“ (Spanisch sprechend) oder „spanisches Guinea“ (Spanisch sprechend).
Die Amtssprache von jedem dieser Länder ergibt sich aus der Geschichte der europäischen Besiedlung (Frankreich, Portugal und Spanien).
Guinée-Conakry, offiziell Republik von Guinea genannt, ist ein Land von Westafrika, der durch den atlantischen Ozean auf den Nordwesten aufgrund Guineas-Bissau (portugiesisch-sprechend) im Norden durch Senegal (Frankophones) im Osten durch Mali (Frankophones), im Südosten durch die Elfenbeinküste (Frankophones) und im Süden durch Liberia (englischsprechende Person) und die Sierra Leone (englischsprechende Person) begrenzt ist.
C? ist ein Land von 245.857 km ², ist l? entspricht von 50% ungefähr der Oberfläche Frankreichs. Guinée-Conakry erfaßt ebenfalls die Inseln Los vor der Küste Conakry, die Hauptstadt. Mehr als 1,5 wohnen Million Guineer Conakry, das auch eine wichtige Hafenstadt ist.
Guinée-Conakry wird in vier großen Regionen geteilt (siehe die detaillierte Karte): d? ist im Westen, man findet Guinea maritim oder niedrig-Guinea (l? Der Atlantik) der Durchschnitt-Guinea oder Fouta-Djalon (im Süden von Senegal: Hochebenen an den zahlreichen Kursen d? Wasser bezeichnet als das „Schloß d? Wasser“ von l? Afrika), hoch-Guinea (eine unermeßliche Savanne, die eine übergangszone mit Mali bildet) und Forstguinea (Region von Bergen, die von Wäldern l bedeckt wurden? Südostende in der Nähe von Liberia).
2 démolinguistiques Angaben
werden die etwa acht Millionen Guineer nahe in d verteilt? etwa dreißig d? sprechende Volksgruppen jede ihre Sprache. Da die letzte offizielle Zählung, die auf den ethnischen Gruppen basiert, an 1955 hinaufgeht, ist vor l? Unabhängigkeit (1958), ist er schwierig s? auf diesen Statistiken zu unterstützen. Auf den Grundlagen dieser Angaben könnte man behaupten, daß Peuls (oder Poulars), die wichtigste ethnische Gruppe numerisch (40% im Jahre 1955) bilden, gefolgt von Maninkas (bekannt unter dem Namen Malinkés: 35% im Jahre 1955) Soussos (15% im Jahre 1955), dann Guerzés banden Kissiens, Landoumas, Bagas usw.
In Guinée-Conakry, l? Zugehörigkeit zu einer Volksgruppe erweist sich als d? so komplexer qu? er besteht von zahlreichen „Neugruppierungen“ (Mischen), von denen man berücksichtigen muß. In der Tat unterscheidet man „assimilés“ (zum Beispiel Bagas und Landoumans hinsichtlich Soussous), die „verwandten“ (zum Beispiel Toucouleurs und Peuls) und die Untergruppen (zum Beispiel Kourankos, Leles usw. hinsichtlich Malinkés). Man davon gelangt dann zu anderen Anteilen. „Assimilés“ bilden aus 30% bis 35% der Bevölkerung, sie Malinkés (Maninkas), und und würden bilden die wichtigste Gruppe; sie würden aufmerksam von Peuls und Toucouleurs mit 30% gefolgt; danach kommen würden Soussous und „angeglichen“ dann die „Förster“ (jene, die in Forstguinea leben), mit 18%. Was die anderen kleinen Volksgruppen betrifft würden sie nur 2% bis 3% der Bevölkerung darstellen. Was qu? er davon, Peuls, Malinkés, und Soussous stellen allein die drei Viertel der Bevölkerung dar.
Die drei ethnischen Hauptgruppen verteilen sich in den vier großen geographischen Regionen von Guinea. Meeresguinea schützt etwa 75% Soussos, aber man findet dort auch fast ganz groß die Volksgruppen des Landes in Anbetracht der Anwesenheit der Hauptstadt, Conakry, die die Guineer heranzieht. In der Region Fouta-Djallon oder Moyenne Guinea findet man 80% Peuls und 14% Malinkés; diese Letzten sind in hohem Guinea zahlreicher (45% d? untereinander). Was Forstguinea betrifft schützt sie besonders Malinkés (35% d? untereinander), aber auch von den kleinen Volksgruppen wie Kissiens banden sie sie Guerzés usw.
Die Guineer benutzen hauptsächlich nigéro-kongolische Sprachen wie das poular (32%), das durch Peuls gesprochen ist, das durch Malinkés, es soussou (10%) es guerzé (3,8%), das kissi gesprochene maninka (24%) (3,5%), es (1,8%) band, es dialonké (1,8%), usw.
Französisch ist die Amtssprache des Landes, aber nur von 15% bis 25% der Guineer praktizieren es; in den entfernten Kampagnen bleibt diese Sprache fast unbekannt. Französisch dient als Verkehrssprache zwischen den Volksgruppen, aber ebenfalls dem poular es malinké und manchmal soussou. Was die arabische Sprache betrifft wird diese Sprache nur von den Anhängern des Korans gebraucht. Am religiösen Gesichtspunkt sind die Muselmanen deutlich die zahlreichsten in Guinea mit etwa 85% d? Anhänger in der Bevölkerung. Man zählt 5% von Anhängerguineern der animistischen traditionellen Religionen und 4% von Christen (darunter 3% von Katholiken und 1% von évangéliques Protestanten).
3 historische Angaben
bevölkerten Nalous und Bagas die Region von VIIIe Jahrhundert an und wurden an XIe Jahrhundert durch Jalonkés mandée Ursprungs wieder getroffen. Sie wurden durch Peuls und Mandingues gefolgt, das zwischen XVIe ankamen und das XVIII. Jahrhundert, indem es den Islam brachte. An XIIe Jahrhundert gehörte die Region zu l? Imperium Ghanas und von jenem Malis. Letztere kannte seinen Höhepunkt an XIVe Jahrhundert; er dehnte sich vom Norden und vom Osten von Guinea in Tombouctou (Mali) aus, bevor er im folgenden Jahrhundert zugrunde ging.
3.1 L? Ankunft der Europäer
gemäß dem Vertrag von Tordesillas (1494), der die territorialen Grenzen zwischen Spanien und Portugal zog, hatte die Seite Alexandre VI Borgia (1431-1503), die Spanier und die Portugiesen gezwungen, sich über die Teilung der Welt zu einigen: alles würde, was im Westen des mittleren aufgedeckt würde, zu l gehören? Spanien und im Osten (Brasilien und Afrika), in Portugal (siehe die Karte des Vertrages). In Wirklichkeit, l? Katholische Kirche hatte den zwei Halbinselkräften nicht von den Besiedlungszonen, aber der Evangelisierungszonen zugeteilt, aber diese Unterscheidung hielt nicht lange Zeit dem impérialistesappetit stand. Gemäß dem Vertrag von Tordesillas mußte Afrika den Portugiesen gehören, nur da die Spanier dort auseinandergemacht wurden. Die anderen Länder Europas wie Frankreich, Großbritannien und Holland waren unfähig, sich dem Vertrag von Tordesillas bis zum Ende XVIe Jahrhundert zu widersetzen.
Die Portugiesen waren die ersten Europäer an XVe Jahrhundert, die Küsten Guineas entlangzuführen und in Kontakt mit den Bevölkerungen zu treten, die sich dort befanden. Sie installierten Theken und praktizierten den Handel der Gewürze von l? öl der Palme das Gold, des Elfenbeins und… das Melken der Sklaven. Die Nomenklatur bewahrt noch ihr Zeichen (Rio Nuñez, Rio Pongo, Cap Verga usw.) und mehrere Familien haben ihre Namen geerbt (Fernandez, Gomez usw.). Aber die Portugiesen gingen sehr früh in Wettbewerb mit den Briten und den Franzosen hinein. Sie waren in schnell umschrieben, was geworden ist aujourd? heute Guinea-Bissau. Die Briten beendeten, durch ohne sich zu viele Schwierigkeiten der Sierra Leone zufriedenzustellen. Dann in einer Quarantäne d? Jahre l? impérialisme französisches verdrängte seine Gegner in der Region, indem es seine Zone ausgehend von der Meeresküste in Richtung Fouta-Djallon und von hoch-Guinea ausdehnte. Die autochtonen kannten kein d? Zugang l? Schrift die durch das arabische Alphabet: eine übertragung der peulesprache an arabische Schrift erschien im übrigen im Laufe des XVIII. Jahrhunderts, aber diese Ankunft in der Welt der Schrift wurde ernsthaft durch die Invasion mit den kolonialen Kräften verlangsamt.
Der Franzose Gaspard-Theodor Mollien deckte Moyenne-Guinée-Guinea (Fouta-Djalon) und die Stadt von Timbo in 1818 auf; für ihren Teil erreichten der Engländer Gordon Laing (1826), und der Franzose René Caillié (1828), Tombouctou in Mali. In 1840 Bouet-Willaumez der französische Admiral (1808-1871), künftiger Gouverneur aus Senegal, unterzeichnete die ersten Verträge mit lokalen Chefs aus Guinea. In 1880 legte der Franzose ölbaum von Sanderval die Grundlagen der europäischen Besiedlung in der Region. In den Jahren 1880 das almamy (Fürst) d? malinkée Ursprung, nahm Samory Touré, ausgestattet mit modernen Waffen, die Kontrolle des Inneren des Landes. In 1884-1885, Folge an einem Abkommen zwischen den kolonialen Kräften l? Zeitalter (Frankreich, Großbritannien, Deutschland und Portugal), die Konferenz von Berlin erkannte die „Rechte“ Frankreichs auf der Region an.
3.2 die französische Besiedlung
wurde das Territorium von Guinea eine französische Kolonie in 1893 und wurde in französisches Westafrika (AOF) in 1893 integriert. Aber das almamy Samory Touré führte einen gegen die französische Beschäftigung organisierten Krieg auf der Küste und in den gebirgigen Massiven des Südostens, bis er in 1898 besiegt wurde. Gemacht gefangen in 1898 wurde er in Gabun deportiert, wo er im Jahre 1900 starb. Er war einer der letzten Helden der précoloniale Geschichte des Landes. Die Widerstände gegen l? französische Beschäftigung setzten und hörten qu fort auf? im Jahre 1912 bei der „Friedensstiftung“ dieser Zone, die in Militärregion seit 1899 aufgerichtet wurde. Schließlich vereinfachte die Zersplitterung in mehrfachen gegnerischen chefferies den französischen Einfluß auf das Land. Aber die französischen Militärexzesse verursachten im Jahre 1911 eine Revolte Guerzé und Manons, das mit einer sehr großen Brutalität unterdrückt wurde.
Frankreich drängte ein System kolonialer Verwaltung auf, die mit jenem identisch war, das in den anderen afrikanischen Territorien seines kolonialen Imperiums angewendet wurde. Französisch wurde die Sprache l? Verwaltung. Die Mehrzahl der amtlichen Dokumente war praktisch nie seitens der Interessenten bekannt, außer lorsqu? sie wurden gelegentlich in einen „lokalen Dialekt“ übersetzt. Etwa 95% Guinées besuchten kein l? Schule und ignorierten folglich Französisch. Jedoch wurde Französisch sehr bei l verbreitet? guineische Elite die n? war am Bedürfnis unentschlossen, die Studien des Korans ihrer Kinder zu verküren, um ihnen an ihren Kursen l teilnehmen zu lassen? französische Schule.
Die Nutzung des Landes blieb die Tatsache der Franzosen, denn die autochtonen lieferten nur die Hand-d? arbeitet billig insbesondere in l? Abbau des Bauxits. Die französischen Gesellschaften monopolisierten die Ausfuhrkulturen und sie multiplizierten. Selbstverständlich richtete sich die Nutzung der natürlichen Ressourcen auf die Bedürfnisse der Metropole, was sehr früh einen sehr politisierten Syndikalismus hervorbrachte besonders in den industriellen und Hafenzentren, der sich in Protestbewegungen umwandelte. Während der zwei Weltkriege appellierte die Metropole stark an die guineischen Soldaten: 36.000 im Jahre 1914-1918 und etwa 18.000 im Jahre 1939-1945 wurden mobilisiert.
Französisches Guinea wurde durch die französische Verfassung des 7. Oktober 1946 ein „überseeisches Territorium“. Zum Schluß von l? französisches koloniales Imperium, der Einschulungssatz „der Eingeborenen“ blieb niedriger als 12%. Diese Lage verheimlichte auch wichtige Ungleichheiten zwischen den Geschlechtern (zum Beispiel weniger als 10.000 Mädchen auf 45.000 eingeschulten Kindern), den städtischen und ländlichen Kreisen (sogenannt „von Busch“), den verschiedenen sozialen (Beamte, Handwerker, Arbeiter und Bedienungen, Bauern) und religiösen Gruppen, (zum Beispiel Schulen des Korans und die katholischen privaten Schulen), ohne über die geographischen Regionen zu sprechen. Die Hochschulbildung blieb nicht vorhanden. Dann unausweichlich entwickelte sich ein anticoloniale politisches Gewissen, um sich mit Kraft nach dem zweiten Weltkrieg zu behaupten.
3.3 in Richtung des l? Unabhängigkeit
im Jahre 1952, Ahmed Sékou Touré, arrière-petit-fils von Samory Touré führte politische Aktivitäten um d? mehr afrikanische Vertreter in der lokalen Regierung zu erhalten. Er gründete die demokratische Partei von Guinea, von der er eine stark strukturierte Volksorganisation machte. Bei der Volksabstimmung des 28. September 1958 war Guinea das Land allein von ganz französisch sprechendem Afrika, den Vorschlag des Generals de Gaulle abzulehnen, was die Integration der Kolonien französischen Westafrikas am Zentrum d betrifft? eine mögliche französische Gemeinschaft. Sékou Touré, das überzeugt war, daß Frankreich dauerhaft kein in Bergbauprodukten so reiches Guinea verbannen könnte, forderte seine Bevölkerung auf, NICHT am Projekt zur Integration in der französischen Gemeinschaft zu wählen. In seiner Rede am General de Gaulle an Conakry, am 25. August 1958, Sékou Touré dann Vizepräsident des Regierungsrates erklärte:
Unzufrieden mit der guineischen Entscheidung nach seiner negativen Wahl bei der Volksabstimmung des 28. September (1958), über die Gemeinschaft setzte Frankreich sofort seine Hilfe aus (im Gegensatz zu dem, was Sékou Touré glaubte). In einem Monat lebt sich die guineische Verwaltung von allen Technikern und französischen Beamten privat, einschließlich der ärzte, der Krankenschwestern, der Lehrer, der Verantwortlichen für die Luftsicherheit, usw. Während Präsidenten Habib Bourguiba von Tunesien, Hamani Diori Nigers und Léopold Sédar Senghor Senegals sich zu den eifrigsten Verteidigern der Frankophonie zählten, setzte Sekou Touré ihm d fort? für sein Land l zu fordern? unmittelbare und volle Unabhängigkeit und verkündete hoch und sehr, daß die Frankophonie eine „neue Art kolonialer Beherrschung“ darstellte. Paris wird d versuchen? l zu verhindern? Zulassung des neuen Staates zu den Vereinten Nationen.
3.4 das autoritäre Regime von Sékou Touré
Guinea gelangte zur am 2. Oktober 1958-Unabhängigkeit. Was Sékou Touré betrifft wurde er ein Held, indem er den Mythos „des unnachgiebigen Nationalisten“ aus der Taufe hob, während Guinea das Symbol „der wiedergefundenen afrikanischen Würde“ blieb. Sehr populär in seinem Land wie in jedem l? Afrika, Sékou Touré war als erster Präsident von Guinea der große „höchste Verantwortliche“ des Landes.
Er verwirklichte sofort eine panafricanismepolitik „“, die die „integrale Entkolonialisierung aller Strukturen des Landes“ um d impliziert? eine „sozialistische Gesellschaft“ zu errichten.
trug
Kulturrevolution mit Sékou Touré, Guinea von jetzt an den Namen revolutionärer Volksrepublik von Guinea. L? eine aller Ersten „gesetzgebende Entscheidungen“, die am Tag nach der Unabhängigkeit angenommen wurde, kann uns eine Idee des autoritären Charakters des neuen Regimes in Stelle geben. Hier der Text l? Beschluß des 2. Oktober 1958, der einfach, den Flug im Land entgegnen soll:
Mit der Kulturrevolution mußten die Beamten der Regierung auf das Telephon antworten, indem sie d sagten? Zugang: „Allô! Darlehen für die Revolution!“ Im Laufe des Jahres 1960 befahl Sékou Touré eine massive Zerstörung von Büchern, Zeitungen, Verwaltungs-, rechtlichen Papieren Archive usw. in allen öffentlichen Diensten. Die Archive wurden geplündert und geleert, und alle anderen Dokumente wurden unter der Kontrolle eines Beamten der Sicherheit gebrannt. Später war die Einfuhr von Büchern und ausländischer Zeitungen für die Privatpersonen verboten. L? eine der Emissionen, die an l gehört wurden? Zeitalter durch die Guineer, wurde die Pressezeitschrift, abgeschafft, um durch das Gespräch des Präsidenten ersetzt zu werden, wo es das einzige war zu sprechen. In den Kampagnen dauern die Landradios, ein „persönliches Konzept“ in Landessprachen anzunehmen, um mit der Bevölkerung mitzuteilen. Wie man gut konnte s? dort zu warten ging die Revolution auch durch die Sprache über… und durch l? Schule.
Schulreform
im Jahre 1958 schon hatte die Regierung die Entscheidung getroffen, „die Strukturen der Erziehung an die neue nationale Wirklichkeit anzupassen“, mit dem Ziel, einen „demokratischen und populären Unterricht“ zu errichten. Die Reform erstrebte, „alle Kinder des Landes ab dem Schuljahr 1964-1965 einzuschulen“. Allerdings c? ist ab 1968, daß Sékou Touré seine linguistische Politik d anwendete? Afrikanisierung und unternahm, l zu reformieren? Erziehung in den Grundschulen.
Der nationale Ausschuß für Alphabetisierung wurde eingesetzt. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l?enseignement destiné à assurer les liens entre «l?école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d?enseignement. À l?époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l?Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu?une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D?une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu?elles n?avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu?à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu?en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l?école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s?était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l?exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d?assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d?obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d?Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu?en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s?engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d?une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd?hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l?a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L?ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s?agit des alinéas 4 et 5 de l?article 1:
Par cette disposition, l?État guinéen se réapproprie officiellement l?usage du français qui n?avait jamais été abandonné sous l?ancien régime. L?État veut également continuer d?assurer la promotion des cultures et des langues du peuple de Guinée.
4.1 La langue de l?État
Toute la politique linguistique écrite de la Guinée tient essentiellement à l'article 1 de la Constitution, qui fait du français la langue officielle et assure aux langues nationales une certaine place. Cette clause constitutionnelle signifie que le français reste la langue de la présidence de la République, de l'Assemblée nationale, de l'Administration publique, des cours de justice, des forces armées et policières, de l'enseignement à tous les niveaux, de l'affichage, des médias, etc. Cependant, des accommodements sont prévues dans les cours de justice, les services publics et les médias. Dans ces domaines, les langues nationales les plus importantes, généralement le peul (ou poular), le malinké (ou maninka) et le soussou ? parfois le kissi, le kpellé et le toma ?, sont utilisées concurremment avec le français. On peut parler d?un véritable bilinguisme au sein de l?appareil de l?État, du moins pour l?oral. À l?écrit, seul le français conserve ses prérogatives.
4.2 L?éducation
Bien que l?enseignement soit gratuit, la scolarisation de la population guinéenne demeure encore faible. En effet, au début des années quatre-vingt-dix, on comptait quelque 76 % d'analphabètes dans le pays. Seulement 30 % des enfants en âge scolaire fréquentaient l?école primaire. Environ 10 % des jeunes pourraient aller à l?école secondaire, contre 2 % dans l?enseignement supérieur. Le gouvernement a entrepris des campagnes de sensibilisation à la radio et à la télévision, mais les résultats sont lents bien qu?encourageants. De façon générale, les filles fréquente beaucoup moins l?école que les garçons.
La Guinée dispose d?un bon réseau d?écoles à tous les niveaux. Les enfants des villes peuvent fréquenter des écoles maternelles, des écoles primaires et secondaires, ainsi que établissements d?enseignement supérieur. Après la régime de Sékou Touré, le français est redevenu la langue d?enseignement à tous les niveaux, les langues nationales ayant par le fait même reculé. Sauf dans les écoles maternelles ou jardins d?enfants (et encore!), le français a repris sa place d?antan. Les langues nationales (peul, malinké, soussou, kissi, kpelle, toma), quand on les enseigne au primaire, sont devenues des matières d?enseignement, non plus des langues d?enseignement. De plus, les écoles coraniques et les établissements franco-arabes continuent d?enseigner l?arabe, surtout dans les matières religieuses, littéraires et sociales.
Les écoles de la Guinée sont plutôt pauvres et elles manquent cruellement de manuels scolaires. À titre d?exemple, le ratio livre-élèves est en général de dix pour les manuels en sciences, de sept pour les mathématiques et de quatre pour le français.
Dans les écoles secondaires et les établissements supérieurs (Université de Conakry, Université de Kankan, Institut supérieur de mine et géologie de Boké, Institut supérieur agronomique et vétérinaire de Faranah, Institut supérieur de sciences de l?éducation de Guinée), seul le français sert de langue d?enseignement. Il existe aussi de nombreuses écoles normales destinées à assurer une formation initiale aux enseignants du primaire et du secondaire.
En ce qui concerne les langues étrangères, la Guinée a privilégié deux langues: l?anglais et l?espagnol. La première langue étrangère enseignée est l?anglais. L?élève a, au secondaire, le choix entre l?espagnol et l?allemand; la plupart préfèrent l?espagnol.
Il existe de nombreuses écoles privées en Guinée. Les programmes des établissements privés du primaire et du secondaire sont exactement les mêmes que ceux du public. Les élèves subissent les mêmes examens que ceux du public. Généralement, l?enseignement dispensé dans ces établissements favorisent l?apprentissage et la pratique du français et de l?anglais afin d'amener les élèves à un bilinguisme le plus fonctionnel possible.
L'euphorie étant passée en ce qui a trait aux langues nationales, le gouvernement guinéen garde néanmoins la conviction que celles-ci doivent encore jouer un grand rôle dans la promotion de la culture nationale. On réfléchit présentement aux moyens de redynamiser ces langues. L'Académie des langues est devenue l?Institut de recherche linguistique appliquée. L'Institut pédagogique national est devenu l?Institut national de recherche et d'action pédagogique. Un Centre d'études linguistiques a été mis en place à la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Conakry.
Pour terminer, signalons que le système d?éducation de la Guinée est aux prises avec de graves problèmes d?inefficacité. Malgré les sommes énormes (proprotionnellement) consacrées à l?éducation, seulement 38 % des enfants guinéens sont scolarisés et, parmi ces derniers, un tiers au moins ne termine pas le cycle du primaire. On constate aussi d?énormes disparités entre les garçons et les filles, car celles-ci sont scolarisées dans une proportion de 18 %, notamment dans les zones rurales. De façon générale, les cours sont dispensés dans des conditions pédagogiques difficiles. Les classes comptent généralement de 60 à 90 élèves pour un maître qui n?est pas toujours motivé, sans compter que le statut de l?enseignant, avec un salaire peu élevé, est perçu come peu valorisant dans la société guinéenne.
4.3 Les médias
Les médias guinéens diffusent en français et dans plusieurs langues nationales. Les langues nationales sont privilégiées dans les stations locales désignées comme des «radios rurales». Dans chacune des quatres régions naturelles (Guinée maritime, Fouta-Djalon, Haute-Guinée et Guinée forestière), il existe une station de radiodiffusion qui a une grille de production et de programmes, autonome et locale. Toutes les langues recensées dans chacune des localités sont présentes à l?antenne de la radio. En Guinée, c?est la seule façon de rejoindre tous les citoyens, quelle que soit leur langue. Dans cette pespective, le français constitue «une langue parmi les autres». Tous les médias électroniques appartiennent à l'État, car il n?existe pas de radio ou de télé privée en Guinée. Mais une loi serait prévue pour autoriser les médias électroniques privés en Guinée. Les radios étrangères sont facilement captées, celles provenant du Liberia et de la Sierre Leone sont en anglais, celles de la Guinée-Bissau sont diffusées en portugais, les autres sont toutes en français.
Dans le domaine de la télévision, l?État ne peut encore couvrir tout le territoire national. La télévision est en Guinée un média beaucoup plus coûteux et donc inaccessible pour la plupart des Guinéens. Seules quelques-unes (peul, malinké, soussou, etc.) sont employées sur une base régulière à la télévision nationale (la RTG).
La plupart des médias écrits n?emploient que le français. Les Guinéens peuvent se procurer des journaux étrangers en anglais, en espagnol et en portugais.
Avec la révolution culturelle, les fonctionnaires du gouvernement devaient répondre au téléphone en disant d?abord: «Allô! Prêts pour la révolution!» Au cours de l'année 1960, Sékou Touré ordonna une destruction massive de livres, journaux, documents administratifs, juridiques, archives, etc., dans tous les services publics. Les archives furent pillées et vidées, et tous les autres documents furent brûlés sous le contrôle d'un agent de la sécurité. Par la suite, l'importation de livres et de journaux étrangers fut interdite pour les particuliers. L?une des émissions les plus écoutées à l?époque par les Guinéens, la Revue de presse, fut supprimée pour être remplacée par la Causerie du président où il était le seul à parler. Dans les campagnes, les radios rurales durent adopter une «approche personnelle» en langues nationales pour communiquer avec la population. Comme on pouvait bien s?y attendre, la révolution passait aussi par la langue... et par l?école.
- La réforme scolaire
En 1958 déjà, le gouvernement avait pris la décision d'«adapter les structures de l'éducation aux nouvelles réalités nationales» dans le but d'instaurer un «enseignement démocratique et populaire». La réforme ambitionnait de «scolariser tous les enfants du pays à partir de l'année scolaire 1964-1965». Toutefois, c?est à partir de 1968 que Sékou Touré appliqua sa politique linguistique d?africanisation et entreprit de réformer l?éducation dans les écoles primaires.
La Commission nationale d'alphabétisation fut créée. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l?enseignement destiné à assurer les liens entre «l?école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d?enseignement. À l?époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l?Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu?une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D?une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu?elles n?avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu?à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu?en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l?école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s?était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l?exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d?assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d?obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d?Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu?en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s?engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d?une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd?hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l?a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L?ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s?agit des alinéas 4 et 5 de l?article 1:
La politique linguistique de la Guinée-Conakry en est une de pragmatisme. Elle réside dans l?unilinguisme français pour l?appareil de l?État, incluant l?école, mais se transforme en un multilinguisme pragmatique ? ce qu?on peut appeler un «multilinguisme de stratégie», pour tout ce qui relève des services à la population: administration orale, tribunaux, médias électroniques, etc.
Après avoir été un «précurseur» dans l?utilisation des langues nationales africaines du temps de Sékou Touré, l?État guinéen est revenu à une forme de politique moins dogmatique où l?improvisation idéologique a laissé la place à un certain réalisme. On peut croire que la politique actuelle constitue néanmoins une formule de transition. Il est probable que l?État s?en ira vers une utilisation accrue des langues nationales sans abandonner l?usage officiel du français, l?un des facteurs essentiels du développement économique.
A Guiné, o meu país de que gosto no entanto!
Automatically translated into Portuguese thanks to WorldLingo
Capital: Conakry
População: 7,9 milhões
Língua oficial: francês (de jure)
Grupo majoritário: nenhuns
Grupos minoritários: um cerca de trinta de línguas incluindo o peul ou poular (32%), o maninka (23%), soussou (10%), ele guerzé (3,8%), o kissi (3,5%), ele dividiram-no em tomos (1,8%), ele dialonké (1,8%), etc.
Língua colonial: francês
Sistema político: república popular pluralista
Artigos constitucionais (língua): arte. 1 da Constituição de 1990
de Leis linguísticas: sem objecto
1 Situação geográfica
L? A África conta três Guinées, com cada uma uma língua oficial diferente: francês, português e espanhol. Distingue-se com efeito:
1) a Guiné (245 857 km ²) como tal chamado também Guiné-Conakry (francófono);
2) a Guiné-Bissau (36 125 km ²) dito “Guiné portuguesa” (lusófono);
3) a Guiné Equatoriale (28 051 km ²) ou “Guiné espanhola” (hispanófono) ou “Guiné espanhola” (hispanófono).
A língua oficial de cada um destes países resulta da história da colonização europeia (França, Portugal e Espanha).
Guiné-Conakry, chamado oficialmente República da Guiné, é um país da África do Oeste limitado pelo oceano Atlântico, limitado ao noroeste pela Guiné-Bissau (lusófono), ao norte pelo Senegal (francófono), ao leste pelo Mali (francófono), o sudeste pela Costa de Marfim (francófono) e o Sul pela Libéria (anglófono) e pela Serra Leoa (anglófono).
C? é um país de 245.857 Km ², seja l? equivalendo de 50% aproximadamente da superfície da França. Guiné-Conakry compreende igualmente as ilhas Los fora Conakry, a capital. Mais de 1,5 milhão de Guineenses habita Conakry que é também importante uma cidade portuária.
Guiné-Conakry é dividido em quatro grandes regiões (ver o mapa detalhado): d? está oeste, encontra-se a Guiné marítimo ou a BaixoGuiné (em cercadura de l? Atlântico), a Média-Guiné ou o Fouta-Djalon (ao Sul do Senegal: elevadas bandejas numerosos aos cursos d? água designada como “o castelo d? água” de l? África), a ElevadoGuiné (imenso savane que forma uma zona de transição com o Mali) e a Guiné florestal (região de montanhas cobertas de florestas à l? extremidade sueste, perto da Libéria).
2 Dados démolinguistiques
os cerca de oito milhões de Guineenses são repartidos perto em d? um cerca de trinta d? etnias falando cada uma a sua língua. Já que o último recenseamento oficial baseado nos grupos étnicos sobe à 1955, esteja antes de l? independência (1958), é difícil de s? apoiar sobre estas estatísticas. Sobre bases destes dados, poderia-se afirmar que o Peuls (ou Poulars) constituia o grupo étnico numericamente mais importante (40% em 1955), seguidos do Maninkas (conhecidos sob o nome de Malinkés: 35% em 1955), Soussos (15% em 1955), seguidamente Guerzés, Kissiens, dividiu em tomos, Landoumas, Bagas, etc.
Guiné-Conakry, l? pertença à uma etnia revela-se d? tanto mais complexo qu? existe de numerosos “agrupamentos” (mixages) das quais é necessário dar conta. Com efeito, distingue-se “os equivalentes” (por exemplo o Bagas e o Landoumans em relação ao Soussous), “os aparentados” (por exemplo os Toucouleurs e o Peuls) e os subgrupos (por exemplo o Kourankos, o Leles, etc., em relação aos Malinkés). Chega-se então à proporções diferentes. Formando de 30% para 35% da população, Malinkés (Maninkas) e “os equivalentes” constituir-o-iam o grupo mais importante; são seguidos rigorosamente o Peuls e os Toucouleurs com 30%; viriam seguidamente o Soussous e “assimilados”, seguidamente “os guardas florestais” (os que vivem na Guiné florestal), com 18%. Quanto às outras pequenas etnias, representariam apenas 2% à 3% da população. Que qu? , Peuls, Malinkés e Soussous constitui por si só os três quartos da população.
Os três principais grupos étnicos repartem-se nas quatro grandes regiões geográficas da Guiné. A Guiné marítima protege quase 75% do Soussos, mas lá encontra-se tão quase muito grandes as etnias do país, devido à presença da capital, Conakry, que atrai os Guineenses. Na região do Fouta-Djallon ou Médio a Guiné, encontra-se 80% do Peuls e 14% dos Malinkés; estes são mais numerosos Elevada na Guiné (45% d? entre si). Quanto Guiné à florestal, protege sobretudo Malinkés (35% d? entre si), mas também das pequenas etnias como o Kissiens, dividiu-o em tomos, ele Guerzés, etc.
Os Guineenses utilizam essencialmente línguas nigérocongolesas, como o poular (32%) falado pelo Peuls, o maninka (24%) falado os Malinkés, ele soussou (10%), ele guerzé (3,8%), o kissi (3,5%), dividiu-o em tomos (1,8%), dialonké (1,8%), etc.
O francês é a língua oficial do país, mas apenas de 15% para 25% dos Guineenses praticam-no; nas campanhas afastadas, esta língua reside mais ou menos desconhecida. O francês serve de língua véhiculaire entre as etnias, mas igualmente o poular, ele malinké e às vezes soussou. Com respeito língua à árabe, esta língua é empregada apenas pelos adeptos Coran. Ao ponto de vista religioso, os muçulmanos são claramente mais numerosa na Guiné, com quase 85% d? adeptos na população. Conta-se 5% de Guineenses adeptos das religiões tradicionais animistes e 4% de cristãos (dos quais 3% de católicos e 1% protestants évangéliques).
3 Dados históricos
o Nalous e o Bagas povoaram a região a partir do século V, e foram juntados século X pelos Jalonkés de origem mandée. Foram seguidos o Peuls e o Mandingues, que chegaram entre o XVIe e o XVIIIe século, trazendo o Islão. Século X, a região fez parte de l? império do Gana e do do Mali. Este último conheceu o seu apogeu século X; estendeu-se do norte e o leste da Guiné em Tombouctou (Mali), antes de péricliter ao século seguinte.
3.1 L? chegada dos Europeus
em virtude do tratado Tordesillas (1494) que traçava os limites territoriais entre a Espanha e Portugal, a página Alexandre VI Borgia (1431-1503) tinha forçado os Espanhóis e os Portugueses de entender-se sobre a divisão do mundo: todo é descoberto ao oeste do meridiano pertenceria à l? Espanha e ao leste (Brasil e África), Portugal (ver o mapa do tratado). Realmente, l? Igreja católica tinha atribuído às duas potências péninsulaires, não das zonas de colonização, mas das zonas évangélisation, mas esta distinção não se opôs muito tempo aos apetites impérialistes. Em virtude do tratado Tordesillas, a África devia pertencer aos únicos Portugueses, dado que os Espanhóis eram afastados lá. Os outros países da Europa, como a França, a Grã-Bretanha e a Holanda, foram incapazes de opôr-se ao tratado Tordesillas até ao fim do século X.
Os Portugueses foram os primeiros Europeus, século X, contornar as costas da Guiné e entrar em contacto com as populações que se encontravam. Instalaram balcões e praticaram o comércio das especiarias, de l? óleo de palma, o ouro, do marfim e… o tráfico dos escravos. Toponymie conserva ainda a sua marca (Rio de Janeiro Nuñez, Rio de Janeiro Pongo, Cabo Verga, etc.) e várias famílias herdaram dos seus nomes (Fernandez, Gomez, etc.). Mas os Portugueses entraram muito cedo em competicão com os Britânicos e os Franceses. Encontraram-se rapidamente limitados no que se tornou aujourd? hoje a Guiné-Bissau. Os Britânicos terminaram por satisfazer-se sem demasiado dificuldades da Serra Leoa. Seguidamente, numa quarentena d? anos, l? impérialisme francês suplantou os seus rivais na região estendendo a sua zona a partir lá costa marítima em direcção do Fouta-Djallon e a ElevadoGuiné. O autóctone não conheceram d? abordagem l? escrita que pelo alfabeto árabe: uma transcrição da língua peule em carácteres árabes apareceu de resto durante o XVIIIe século, mas esta chegada no mundo da escrita foi retardada seriamente pela invasão das forças coloniais.
O Francês Gaspard-Théodore Mollien descobriu a Média-Guiné (Fouta-Djalon) e a cidade de Timbo em 1818; por seu lado, o Inglês Gordon Laing (1826) e o Francês René Caillié (1828) atingiram Tombouctou no Mali. Em 1840, amiral francês Bouet-Willaumez (1808-1871), futuro governador do Senegal, assinou os primeiros tratados com chefes locais da Guiné. Em 1880, o Francês Oliveira de Sanderval lançou as bases da colonização europeia na região. Nos anos 1880, o almamy (soberano) d? origem malinkée, Samory Touré, equipado de armas modernas, tomou o controlo do interior do país. Em 1884-1885, após um acordo entre as potências coloniais de l? época (França, Grã-Bretanha, Alemanha e Portugal), a conferência de Berlim reconheceu “os direitos” da França sobre a região.
3.2 a colonização francesa
o território da Guiné tornou-se uma colónia francesa em 1893 e foi integrado à África ocidental francesa (AOF) em 1893. Mas o almamy Samory Touré efectuou uma guerra organizada contra a ocupação francesa sobre a costa e nos maciços montanhosos do Sudeste, até foi vencido em 1898. Feito cativo em 1898, foi deslocado no Gabão onde morreu em 1900. Foi um dos últimos heróis da história précoloniale do país. As resistências à l? ocupação francesa continuou e não cessou qu? em 1912, aquando da “pacificação” desta zona erigida em região militar desde 1899. Finalmente, émiettement em múltiplos chefferies rivais facilitou a influência francesa sobre o país. Mas os excessos militares franceses provocaram em 1911 uma revolta do Guerzé e o Manons, que foi restringido com muito grande brutalidade.
A França impôs um sistema de administração colonial idêntica à o aplicadas nos outros territórios africanos do seu império colonial. O francês tornou-se a língua de l? Administração. A maior parte dos documentos oficiais praticamente nunca foi conhecida por parte dos interessados, excepto lorsqu? ocasionalmente foram traduzidos “num dialecto local”. Quase 95% dos Guinées não frequentavam l? escola e ignorava por conseguinte o francês. Contudo, o francês era espalhado muito junto de l? elite guineense que n? não hesitava se necessário a encurtar os estudos coraniques das suas crianças para fazer-lhes frequentar os seus cursos à l? escola francesa.
A valorização do país residiu o facto dos Franceses, porque o autóctone forneceram apenas a mão-d? trabalha baratos, nomeadamente em l? exploração da bauxite. As sociedades francesas monopolisèrent as culturas de exportação e multiplicaram-o. Evidentemente, a exploração dos recursos naturais orientou-se para as necessidades da Metrópole, o que suscitou muito cedo um sindicalismo muito politisé, sobretudo nos centros industriais e portuários, que se transformou em movimentos contestataires. Durante as duas guerras mundiais, a Metrópole recorreu largamente aos soldados guineenses: 36.000 foram mobilizados em 1914-1918 e quase 18.000 em 1939-1945.
A Guiné francesa tornou-se pela Constituição francesa do 7 de Outubro de 1946 “um território ultramarino”. No fim de l? império colonial francês, a taxa de escolarização “dos indígenas” continuava a ser inferiores à 12%. Esta situação escondia também importantes umas disparidades entre os sexos (por exemplo, menos de 10.000 raparigas das 45.000 crianças escolarizadas), os meios urbanos e rurais (ditos “de mata”), os diferentes grupos sociais (funcionários, artesões, trabalhadores e operações, camponeses) e religiosos (por exemplo, escolas coraniques e as escolas privadas católicas), sem estar a falar das regiões geográficas. O ensino superior residia inexistente. Seguidamente, inevitavelmente, uma consciência política anticoloniale desenvolveu-se para afirmar-se com força após a Segunda Guerra mundial.
3.3 para l? independência
em 1952, Ahmed Sékou Touré, arrière-petit-fils de Samory Touré, efectuou actividades políticas assim d? obter mais representantes africanos no governo local. Fundou o Partido democrático da Guiné do qual fez uma organização popular fortemente estruturada. Aquando do referendo do 28 de Setembro de 1958, a Guiné foi o único país de toda a África de língua francesa rejeitar a proposta do general de Gaulle relativa à integração das colónias da África ocidental francesa ao seio d? eventual uma Comunidade francesa. Sékou Touré, que era convencido que a França não poderia duravelmente ostraciser uma Guiné tão rico em produtos mineiros, pedia à sua população que votasse NÃO ao projecto de integração à Comunidade francesa. No seu discurso ao general de Gaulle Conakry, o 25 de Agosto de 1958, Sékou Touré, então Vice-Presidente do Conselho de governo, declarou:
A descontente da decisão guineense após o seu voto negativo aquando do referendo de 28 de Setembro (1958) sobre a Comunidade, França suspendeu imediatamente a sua ajuda (contrariamente que cria Sékou Touré). Num mês, a administração guineense vive-se privada dos técnicos e funcionários franceses, incluindo os médicos, as enfermeiras, os professores, os responsáveis da segurança aérea, etc. Tempo os presidentes Habib Bourguiba da Tunísia, Hamani Diori do Níger e Léopold Sédar Senghor do Senegal contavam-se entre aos defensores mais obstinados Francophonie, Sekou Touré, continuava-lhe d? exigir para o seu país l? independência imediata e total, e proclamava elevado e extremamente que Francophonie constituia “nova forma de dominação colonial”. Paris tentará d? impedir l? admissão do novo Estado às Nações Unidas.
3.4 o regime autoritário de Sékou Touré
a Guiné acedeu à independência o 2 de Outubro de 1958. Quanto a Sékou Touré, ficou um herói dando nascimento ao mito “do nacionalista intransigente”, enquanto a Guiné permanecia o símbolo “da dignidade africana reencontrada”. Muito popular no seu país assim como qualquer l? A África, Sékou Touré foi, como primeiro presidente da Guiné, o grande “responsável supremo” do país.
Levou a efeito imediatamente uma política “de panafricanisme” que implica “décolonisation integral de todas as estruturas do país”, assim d? instaurar “uma sociedade socialista”.
- A revolução cultural
com Sékou Touré, a Guiné levou doravante o nome de República popular revolucionário da Guiné. L? uma todas as das estreias “decisões legislativas” adoptada ao dia seguinte da independência pode dar-nos uma ideia do carácter autoritário do novo regime existente. Eis o texto de l? prescrição do 2 de Outubro de 1958 destinada simplesmente a opôr o voo no país:
Com a revolução cultural, os funcionários do governo deviam responder ao telefone dizendo d? abordagem: “Allô! Empréstimos para a revolução!” Durante do ano 1960, Sékou Touré ordenou uma destruição maciça de livros, de jornais, de documentos administrativos, jurídicos, arquivos, etc., todos os serviços públicos. Os arquivos foram pilhados e esvaziados, e outros todos os documentos foram queimados sob o controlo de um agente da segurança. Seguidamente, a importação de livros e de jornais estrangeiros foi proibida para os particulares. L? uma das emissões mais ouvidas à l? época pelos Guineenses, a Revista de imprensa, foi suprimida para ser substituída pela Conversa do presidente onde era o único a falar. Nas campanhas, as rádios rurais duram adoptar “uma abordagem pessoal” em línguas nacionais para comunicar com a população. Como podia-se efectivamente s? haver, a revolução passava também pela língua… e por l? escola.
- A reforma escolar
em 1958 já, o governo tinha tomado a decisão “de adaptar as estruturas da educação às novas realidades nacionais” com o objectivo de instaurar “um ensino democrático e popular”. A reforma ambicionava “escolarizar todas as crianças do país a partirem do ano escolar 1964-1965”. No entanto, c? deve a partir-se de 1968 que Sékou Touré aplicou a sua política linguística d? africanisation e empreendeu de reformar l? educação nas escolas primárias.
A Comissão nacional de alfabetização foi criada. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l?enseignement destiné à assurer les liens entre «l?école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d?enseignement. À l?époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l?Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu?une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D?une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu?elles n?avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu?à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu?en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l?école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s?était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l?exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d?assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d?obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d?Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu?en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s?engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d?une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd?hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l?a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L?ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s?agit des alinéas 4 et 5 de l?article 1:
Par cette disposition, l?État guinéen se réapproprie officiellement l?usage du français qui n?avait jamais été abandonné sous l?ancien régime. L?État veut également continuer d?assurer la promotion des cultures et des langues du peuple de Guinée.
4.1 La langue de l?État
Toute la politique linguistique écrite de la Guinée tient essentiellement à l'article 1 de la Constitution, qui fait du français la langue officielle et assure aux langues nationales une certaine place. Cette clause constitutionnelle signifie que le français reste la langue de la présidence de la République, de l'Assemblée nationale, de l'Administration publique, des cours de justice, des forces armées et policières, de l'enseignement à tous les niveaux, de l'affichage, des médias, etc. Cependant, des accommodements sont prévues dans les cours de justice, les services publics et les médias. Dans ces domaines, les langues nationales les plus importantes, généralement le peul (ou poular), le malinké (ou maninka) et le soussou ? parfois le kissi, le kpellé et le toma ?, sont utilisées concurremment avec le français. On peut parler d?un véritable bilinguisme au sein de l?appareil de l?État, du moins pour l?oral. À l?écrit, seul le français conserve ses prérogatives.
4.2 L?éducation
Bien que l?enseignement soit gratuit, la scolarisation de la population guinéenne demeure encore faible. En effet, au début des années quatre-vingt-dix, on comptait quelque 76 % d'analphabètes dans le pays. Seulement 30 % des enfants en âge scolaire fréquentaient l?école primaire. Environ 10 % des jeunes pourraient aller à l?école secondaire, contre 2 % dans l?enseignement supérieur. Le gouvernement a entrepris des campagnes de sensibilisation à la radio et à la télévision, mais les résultats sont lents bien qu?encourageants. De façon générale, les filles fréquente beaucoup moins l?école que les garçons.
La Guinée dispose d?un bon réseau d?écoles à tous les niveaux. Les enfants des villes peuvent fréquenter des écoles maternelles, des écoles primaires et secondaires, ainsi que établissements d?enseignement supérieur. Après la régime de Sékou Touré, le français est redevenu la langue d?enseignement à tous les niveaux, les langues nationales ayant par le fait même reculé. Sauf dans les écoles maternelles ou jardins d?enfants (et encore!), le français a repris sa place d?antan. Les langues nationales (peul, malinké, soussou, kissi, kpelle, toma), quand on les enseigne au primaire, sont devenues des matières d?enseignement, non plus des langues d?enseignement. De plus, les écoles coraniques et les établissements franco-arabes continuent d?enseigner l?arabe, surtout dans les matières religieuses, littéraires et sociales.
Les écoles de la Guinée sont plutôt pauvres et elles manquent cruellement de manuels scolaires. À titre d?exemple, le ratio livre-élèves est en général de dix pour les manuels en sciences, de sept pour les mathématiques et de quatre pour le français.
Dans les écoles secondaires et les établissements supérieurs (Université de Conakry, Université de Kankan, Institut supérieur de mine et géologie de Boké, Institut supérieur agronomique et vétérinaire de Faranah, Institut supérieur de sciences de l?éducation de Guinée), seul le français sert de langue d?enseignement. Il existe aussi de nombreuses écoles normales destinées à assurer une formation initiale aux enseignants du primaire et du secondaire.
En ce qui concerne les langues étrangères, la Guinée a privilégié deux langues: l?anglais et l?espagnol. La première langue étrangère enseignée est l?anglais. L?élève a, au secondaire, le choix entre l?espagnol et l?allemand; la plupart préfèrent l?espagnol.
Il existe de nombreuses écoles privées en Guinée. Les programmes des établissements privés du primaire et du secondaire sont exactement les mêmes que ceux du public. Les élèves subissent les mêmes examens que ceux du public. Généralement, l?enseignement dispensé dans ces établissements favorisent l?apprentissage et la pratique du français et de l?anglais afin d'amener les élèves à un bilinguisme le plus fonctionnel possible.
L'euphorie étant passée en ce qui a trait aux langues nationales, le gouvernement guinéen garde néanmoins la conviction que celles-ci doivent encore jouer un grand rôle dans la promotion de la culture nationale. On réfléchit présentement aux moyens de redynamiser ces langues. L'Académie des langues est devenue l?Institut de recherche linguistique appliquée. L'Institut pédagogique national est devenu l?Institut national de recherche et d'action pédagogique. Un Centre d'études linguistiques a été mis en place à la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Conakry.
Pour terminer, signalons que le système d?éducation de la Guinée est aux prises avec de graves problèmes d?inefficacité. Malgré les sommes énormes (proprotionnellement) consacrées à l?éducation, seulement 38 % des enfants guinéens sont scolarisés et, parmi ces derniers, un tiers au moins ne termine pas le cycle du primaire. On constate aussi d?énormes disparités entre les garçons et les filles, car celles-ci sont scolarisées dans une proportion de 18 %, notamment dans les zones rurales. De façon générale, les cours sont dispensés dans des conditions pédagogiques difficiles. Les classes comptent généralement de 60 à 90 élèves pour un maître qui n?est pas toujours motivé, sans compter que le statut de l?enseignant, avec un salaire peu élevé, est perçu come peu valorisant dans la société guinéenne.
4.3 Les médias
Les médias guinéens diffusent en français et dans plusieurs langues nationales. Les langues nationales sont privilégiées dans les stations locales désignées comme des «radios rurales». Dans chacune des quatres régions naturelles (Guinée maritime, Fouta-Djalon, Haute-Guinée et Guinée forestière), il existe une station de radiodiffusion qui a une grille de production et de programmes, autonome et locale. Toutes les langues recensées dans chacune des localités sont présentes à l?antenne de la radio. En Guinée, c?est la seule façon de rejoindre tous les citoyens, quelle que soit leur langue. Dans cette pespective, le français constitue «une langue parmi les autres». Tous les médias électroniques appartiennent à l'État, car il n?existe pas de radio ou de télé privée en Guinée. Mais une loi serait prévue pour autoriser les médias électroniques privés en Guinée. Les radios étrangères sont facilement captées, celles provenant du Liberia et de la Sierre Leone sont en anglais, celles de la Guinée-Bissau sont diffusées en portugais, les autres sont toutes en français.
Dans le domaine de la télévision, l?État ne peut encore couvrir tout le territoire national. La télévision est en Guinée un média beaucoup plus coûteux et donc inaccessible pour la plupart des Guinéens. Seules quelques-unes (peul, malinké, soussou, etc.) sont employées sur une base régulière à la télévision nationale (la RTG).
La plupart des médias écrits n?emploient que le français. Les Guinéens peuvent se procurer des journaux étrangers en anglais, en espagnol et en portugais.
Avec la révolution culturelle, les fonctionnaires du gouvernement devaient répondre au téléphone en disant d?abord: «Allô! Prêts pour la révolution!» Au cours de l'année 1960, Sékou Touré ordonna une destruction massive de livres, journaux, documents administratifs, juridiques, archives, etc., dans tous les services publics. Les archives furent pillées et vidées, et tous les autres documents furent brûlés sous le contrôle d'un agent de la sécurité. Par la suite, l'importation de livres et de journaux étrangers fut interdite pour les particuliers. L?une des émissions les plus écoutées à l?époque par les Guinéens, la Revue de presse, fut supprimée pour être remplacée par la Causerie du président où il était le seul à parler. Dans les campagnes, les radios rurales durent adopter une «approche personnelle» en langues nationales pour communiquer avec la population. Comme on pouvait bien s?y attendre, la révolution passait aussi par la langue... et par l?école.
- La réforme scolaire
En 1958 déjà, le gouvernement avait pris la décision d'«adapter les structures de l'éducation aux nouvelles réalités nationales» dans le but d'instaurer un «enseignement démocratique et populaire». La réforme ambitionnait de «scolariser tous les enfants du pays à partir de l'année scolaire 1964-1965». Toutefois, c?est à partir de 1968 que Sékou Touré appliqua sa politique linguistique d?africanisation et entreprit de réformer l?éducation dans les écoles primaires.
La Commission nationale d'alphabétisation fut créée. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l?enseignement destiné à assurer les liens entre «l?école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d?enseignement. À l?époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l?Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu?une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D?une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu?elles n?avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu?à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu?en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l?école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s?était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l?exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d?assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d?obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d?Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu?en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s?engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d?une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd?hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l?a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L?ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s?agit des alinéas 4 et 5 de l?article 1:
La politique linguistique de la Guinée-Conakry en est une de pragmatisme. Elle réside dans l?unilinguisme français pour l?appareil de l?État, incluant l?école, mais se transforme en un multilinguisme pragmatique ? ce qu?on peut appeler un «multilinguisme de stratégie», pour tout ce qui relève des services à la population: administration orale, tribunaux, médias électroniques, etc.
Après avoir été un «précurseur» dans l?utilisation des langues nationales africaines du temps de Sékou Touré, l?État guinéen est revenu à une forme de politique moins dogmatique où l?improvisation idéologique a laissé la place à un certain réalisme. On peut croire que la politique actuelle constitue néanmoins une formule de transition. Il est probable que l?État s?en ira vers une utilisation accrue des langues nationales sans abandonner l?usage officiel du français, l?un des facteurs essentiels du développement économique.
Guinea, my country which I however like!
Automatically translated into English thanks to WorldLingo
Capital: Conakry
Population: 7,9 official
Language million: French (of swears)
majority Group: no
Minority groups: about thirty languages of which the peul or poular (32%), the maninka (23%), the soussou (10%), guerzé (3,8%), the kissi (3,5%), divided into volumes it (1,8%), dialonké (1,8%), etc
Colonial language: political
French System: pluralist popular republic
constitutional Articles (language): art. 1 of the Constitution of 1990
linguistic Laws: without geographical
object 1 Situation
L? Africa counts three Guineas, with each one a different official language: French, Portuguese and Spanish. One distinguishes indeed:
1) Guinea (245 857 km ²) itself also called Guinea-Conakry (French-speaking);
2) Guinea-Bissau (36 125 km ²) known as “Guinea Portuguese” (Portuguese-speaking);
3) equatorial Guinea (28 051 km ²) or “Spanish Guinea” (Spanish-speaking) or “Spanish Guinea” (Spanish-speaking).
The official language of each one of these countries results from the history from European colonization (France, Portugal and Spain).
Guinea-Conakry, officially called Republic of Guinea, is a country of West Africa limited by the Atlantic Ocean, limited to the North-West by the Guinea-Bissau (Portuguese-speaking), to north by Senegal (French-speaking), to the east by Mali (French-speaking), to south-east by the Ivory Coast (French-speaking) and to the south by Liberia (english-speaking) and Sierra Leone (anglophone).
C? is a country of 245.857 km ², that is to say L? being equivalent of 50% roughly of the surface of France. Guinea-Conakry also includes/understands the islands of Los to broad of Conakry, the capital. More than 1,5 million Guineans live Conakry which is also an important harbour city.
Guinea-Conakry is divided into four great areas (see the detailed chart): D? is in west, one finds Guinea maritime or Low-Guinea (in edge of L? The Atlantic), Average-Guinea or Fouta-Djalon (in the south of Senegal: high plateaus with the many courses D? water indicated like the “castle D? water” of L? Africa), High-Guinea (an immense savanna forming a zone of transition with Mali) and forest Guinea (area of covered mountains of forests with L? south-eastern end, close to Liberia).
Are 2 demolinguistic Data
the some eight million Guineans divided into close D? about thirty D? ethnos groups speaking each one their language. Since the last official census based on the ethnic groups goes back to 1955, that is to say before L? is independence (1958), it difficult of S? to support on these statistics. On the basis of these data, one could affirm that Peuls (or Poulars) set up the ethnic group numerically most important (40% in 1955), followed by Maninkas (known under the name of Malinkés: 35% in 1955), of Soussos (15% in 1955), then of Guerzés, Kissiens, Divided into volumes, Landoumas, Bagas, etc
In Guinea-Conakry, L? does membership of an ethnos group appear D? as much more complex qu? there are many “regroupings” (mixings) of which account should be held. Indeed, one distinguishes the “equivalents” (for example Bagas and Landoumans compared to Soussous), the “related ones” (for example Toucouleurs and Peuls) and sub-groups (for example Kourankos, Leles, etc, compared to Malinkés). One arrives then at different proportions. Formant from 30% to 35% of the population, Malinkés (Maninkas) and the “equivalents” would set up the most important group; they would be followed closely by Peuls and Toucouleurs with 30%; would come then Soussous and “assimilated”, then “foresters” (those which live in forest Guinea), with 18%. As for the other small ethnos groups, they would account for only 2% to 3% of the population. What qu? it is, Peuls, Malinkés and Soussous alone constitutes the three quarters of the population.
The three principal ethnic groups are distributed in the four great geographical areas of Guinea. Maritime Guinea shelters nearly 75% of Soussos, but one finds there also almost all large the ethnos groups of the country, because of the presence of the capital, Conakry, which attracts the Guineans. In the area of Fouta-Djallon or Average Guinea, one finds 80% of Peuls and 14% of Malinkés; are the latter more numerous in High Guinea (45% D? between them). As for does forest Guinea, it shelter especially of Malinkés (35% D? between them), but also of the small ethnos groups such as Kissiens, Divided into volumes them, Guerzés, etc
The Guineans use primarily nigéro-Congolese languages, such as the poular (32%) spoken by Peuls, the maninka (24%) spoken by Malinkés, the soussou (10%), guerzé (3,8%), the kissi (3,5%), divided into volumes it (1,8%), dialonké (1,8%), etc
French is the official language of the country, but only of 15% to 25% of the Guineans practise it; in the campaigns moved away, this language remains about unknown. French is used as common language between the ethnos groups, but also the poular, malinké and sometimes the soussou. As regards the Arab language, this language is employed only by the followers of Coran. From are the religious point of view, the Moslems clearly most numerous in Guinea, with nearly 85% D? followers in the population. One counts to 5% of Guineans followers of the traditional religions animists and 4% of Christians (including 3% of catholics and 1% of Protestants evangelic).
3 historical Data
Nalous and Bagas populated the area as of VIIIe century, and were joined in XIe century by Jalonkés of mandée origin. They were followed by Peuls and Mandingues, which arrived between XVIe and the XVIIIe century, while bringing Islam. In did XIIe century, the area belong to L? worsen of Ghana and that of Mali. This last knew its apogee in XIVe century; it extended from the north and the east of Guinea with Tombouctou (Mali), before péricliter at the next century.
3.1 L? arrived of Europeans
Under the terms of the treaty of Tordesillas (1494) which traced the territorial limits between Spain and Portugal, the page Alexandre VI Borgia (1431-1503) had constrained the Spaniards and the Portuguese to be gotten along on the division of the world: all that would be discovered in the west of the meridian line would belong to L? Spain and in the east (Brazil and Africa), in Portugal (see the chart of the treaty). Actually, L? Catholic church had allotted to the two peninsular powers, not zones of colonization, but of the zones of evangelization, but this distinction did not resist the appetites imperialists a long time. Under the terms of the treaty of Tordesillas, Africa was to belong to the only Portuguese, since the Spaniards were isolated there. The other countries of Europe, like France, Great Britain and Holland, were unable to be opposed to the treaty of Tordesillas until the end of XVIe century.
The Portuguese were the first Europeans, in XVe century, to skirt the coasts of Guinea and to come into contact with the populations which were there. They installed counters and practised the trade of spices, of L? palm oil, gold, of the ivory and… draft of the slaves. Toponymy still preserves their mark (Rio Nuñez, Rio Pongo, Cape Verga, etc) and several families inherited their names (Fernandez, Gomez, etc). But the Portuguese entered very early in competition with the British and the French. They were quickly circumscribed in what became aujourd? today the Guinea-Bissau. The British ended up being satisfied without too much with difficulties with Sierra Leone. Then, in forty D? years, L? French imperialism supplanted its rivals in the area by extending its zone starting from the maritime coast in direction of Fouta-Djallon and High-Guinea. The autochtones did not know D? access L? writing that by the Arabic alphabet: a transcription of the language peule in Arab characters appeared besides during the XVIIIe century, but this arrival in the world of the writing was slowed down seriously by the invasion of the colonial forces.
The French Gaspard-Theodore Mollien discovered Average-Guinea (Fouta-Djalon) and the town of Timbo in 1818; for their part, the English Gordon Laing (1826) and the French Rene Caillié (1828) reached Tombouctou in Mali. In 1840, the French admiral Bouet-Willaumez (1808-1871), future governor of Senegal, signed the first treaties with local chiefs of Guinea. In 1880, the French Olivier de Sanderval provided the foundations of European colonization in the area. In the years 1880, the almamy (sovereign) D? malinkée origin, Samory Touré, equipped with modern weapons, took the control of the interior of the country. In 1884-1885, following an agreement between the colonial powers of L? time (France, Great Britain, Germany and Portugal), the conference of Berlin recognized the “rights” of France on the area.
3.2 French colonization
the territory of Guinea became a French colony in 1893 and was integrated into French Western Africa (AOF) in 1893. But the almamy Samory Touré carried out a war organized against the French occupation on the coast and in the mountainous solid masses of South-east, until it was overcome in 1898. Captive fact in 1898, it was off-set in Gabon where it died in 1900. It was one of the last heroes of the history précoloniale of the country. Resistances to L? did French occupation continue and did not cease qu? in 1912, at the time of the “pacification” of this zone set up in military area since 1899. Finally, the crumbling in multiple rival chefferies facilitated the French influence on the country. But French military excesses caused in 1911 a revolt of Guerzé and Manons, which was repressed with a very great brutality.
France imposed a system of colonial administration identical to that applied in the other African territories of its colonial empire. Did French become the language of L? Administration. Were the majority of the official documents practically never known on behalf of the interested parties, except lorsqu? they were occasionally translated in a “local dialect”. Nearly 95% of didn't Guineas attend L? school and ignored consequently French. However, French was very widespread near L? Guinean elite which N? did not hesitate with the need to curtail the Koranic studies their children to make them follow their courses with L? French school.
Did the development of the country remain the fact of the French, because the autochtones provided only the hand-D? works at a cheap rate, in particular in L? exploitation of bauxite. The French companies monopolized the cultures of export and multiplied them. Obviously, the exploitation of the natural resources was directed towards the needs for the Metropolis, which very early caused a very politicized trade unionism, especially in the industrial and harbour centers, which was transformed into movements protestors. During the two world wars, the Metropolis largely called upon the Guinean soldiers: 36.000 were mobilized in 1914-1918 and nearly 18.000 in 1939-1945.
French Guinea became by the French Constitution of October 7, 1946 a “overseas territory”. At the end of L? French colonial empire, the rate of schooling of the “natives” remained lower than 12%. This situation hid also important disparities between the sexes (for example, less than 10.000 girls out of 45.000 provided education for children), the urban environments and rural (known as “of bush”), the various social groups (civils servant, craftsmen, workmen and operations, peasants) and monks (for example, schools Koranic and catholic private schools), without speaking about the geographical areas. The higher education remained non-existent. Then, inevitably, a political conscience anticoloniale developed to continue with force after the Second World war.
3.3 Towards L? did independence
In 1952, Ahmed Sékou Touré, great-grandson of Samory Touré, undertake political activities so D? to obtain more African representatives in the local government. It founded the democratic Party of Guinea from which it made a strongly structured popular organization. At the time of was the referendum of September 28, 1958, Guinea the only country of all French-speaking Africa to disallow the proposal of the general of Gaulle concerning the integration of the colonies of French Western Africa within D? the possible French Community. Sékou Touré, which was convinced that France could not durably ostracize Guinea so rich in mining products, required of its population to vote NOT with the project of integration at the French Community. In its speech with the general of Gaulle with Conakry, on August 25, 1958, Sékou Touré, then vice-president of the Council of government, declared:
Dissatisfied with the Guinean decision after its negative vote at the time of the referendum of September 28 (1958) on the Community, France suspended its assistance immediately (as opposed to what Sékou Touré believed). In one month, the Guinean administration is lived private of all the French technicians and civils servant, including the doctors, the nurses, the teachers, the persons in charge for air safety, etc While presidents Habib Bourguiba of Tunisia, Hamani Diori of Niger and Léopold Sédar Senghor of Senegal amounted among the keenest defenders of the Francophonie, Sekou Touré, continued D to him? to require for its country L? immediate and total independence, and proclaimed high and strong that the Francophonie constituted a “new form of colonial domination”. Will Paris try D? to prevent L? admission of the new State in the United Nations.
3.4 The authoritative mode of Sékou Touré
Guinea reached independence on October 2, 1958. As for Sékou Touré, he became a hero by giving rise to the myth of the “intransigent nationalist”, while Guinea remained the symbol of “found African dignity”. Very popular in its country as in any L? Africa, Sékou Touré was, as a first president of Guinea, the large “supreme person in charge” for the country.
It implemented at once a policy of “panafricanism” implying the “integral decolonization of all the structures of the country”, so D? to found a “socialist company”.
- The Cultural revolution
With Sékou Touré, Guinea henceforth bore the name of popular Republic revolutionary of Guinea. L? one of the very first “legislative decisions” adopted the shortly after independence can give us an idea of the authoritative character of the new mode in place. Here the text of L? schedule of October 2, 1958 simply intended to counter the flight in the country:
With were the Cultural revolution, the civils servant of the government to answer on the telephone by saying D? access: “Hello! Loans for the revolution!” During the year 1960, Sékou Touré ordered a massive destruction of books, newspapers, documents administrative, legal, files, etc, in all the public services. The files were plundered and emptied, and all the other documents were burned under the control of an agent of safety. Thereafter, the importation of books and foreign newspapers was prohibited for the private individuals. L? one of the most listened emissions with L? time by the Guineans, the Press review, was removed to be replaced by the Talk of the president where it was the only one with speaking. In the campaigns, the rural radios had to adopt a “personal approach” in national languages to communicate with the population. As S well could? y to wait, the revolution also passed by the language… and by L? school.
- The school reform
In 1958 already, the government had made the decision “to adapt the structures of education to new national realities” with an aim of founding a “democratic and popular teaching”. The reform ambitionnait “to provide education for all the children of the country as from the school year 1964-1965”. However, C? is from 1968 that Sékou Touré applied its linguistic policy D? did Africanization and undertake to reform L? education in the primary schools.
The national Commission of elimination of illiteracy was created. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l?enseignement destiné à assurer les liens entre «l?école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d?enseignement. À l?époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l?Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu?une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D?une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu?elles n?avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu?à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu?en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l?école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s?était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l?exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d?assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d?obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d?Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu?en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s?engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d?une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd?hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l?a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L?ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s?agit des alinéas 4 et 5 de l?article 1:
Par cette disposition, l?État guinéen se réapproprie officiellement l?usage du français qui n?avait jamais été abandonné sous l?ancien régime. L?État veut également continuer d?assurer la promotion des cultures et des langues du peuple de Guinée.
4.1 La langue de l?État
Toute la politique linguistique écrite de la Guinée tient essentiellement à l'article 1 de la Constitution, qui fait du français la langue officielle et assure aux langues nationales une certaine place. Cette clause constitutionnelle signifie que le français reste la langue de la présidence de la République, de l'Assemblée nationale, de l'Administration publique, des cours de justice, des forces armées et policières, de l'enseignement à tous les niveaux, de l'affichage, des médias, etc. Cependant, des accommodements sont prévues dans les cours de justice, les services publics et les médias. Dans ces domaines, les langues nationales les plus importantes, généralement le peul (ou poular), le malinké (ou maninka) et le soussou ? parfois le kissi, le kpellé et le toma ?, sont utilisées concurremment avec le français. On peut parler d?un véritable bilinguisme au sein de l?appareil de l?État, du moins pour l?oral. À l?écrit, seul le français conserve ses prérogatives.
4.2 L?éducation
Bien que l?enseignement soit gratuit, la scolarisation de la population guinéenne demeure encore faible. En effet, au début des années quatre-vingt-dix, on comptait quelque 76 % d'analphabètes dans le pays. Seulement 30 % des enfants en âge scolaire fréquentaient l?école primaire. Environ 10 % des jeunes pourraient aller à l?école secondaire, contre 2 % dans l?enseignement supérieur. Le gouvernement a entrepris des campagnes de sensibilisation à la radio et à la télévision, mais les résultats sont lents bien qu?encourageants. De façon générale, les filles fréquente beaucoup moins l?école que les garçons.
La Guinée dispose d?un bon réseau d?écoles à tous les niveaux. Les enfants des villes peuvent fréquenter des écoles maternelles, des écoles primaires et secondaires, ainsi que établissements d?enseignement supérieur. Après la régime de Sékou Touré, le français est redevenu la langue d?enseignement à tous les niveaux, les langues nationales ayant par le fait même reculé. Sauf dans les écoles maternelles ou jardins d?enfants (et encore!), le français a repris sa place d?antan. Les langues nationales (peul, malinké, soussou, kissi, kpelle, toma), quand on les enseigne au primaire, sont devenues des matières d?enseignement, non plus des langues d?enseignement. De plus, les écoles coraniques et les établissements franco-arabes continuent d?enseigner l?arabe, surtout dans les matières religieuses, littéraires et sociales.
Les écoles de la Guinée sont plutôt pauvres et elles manquent cruellement de manuels scolaires. À titre d?exemple, le ratio livre-élèves est en général de dix pour les manuels en sciences, de sept pour les mathématiques et de quatre pour le français.
Dans les écoles secondaires et les établissements supérieurs (Université de Conakry, Université de Kankan, Institut supérieur de mine et géologie de Boké, Institut supérieur agronomique et vétérinaire de Faranah, Institut supérieur de sciences de l?éducation de Guinée), seul le français sert de langue d?enseignement. Il existe aussi de nombreuses écoles normales destinées à assurer une formation initiale aux enseignants du primaire et du secondaire.
En ce qui concerne les langues étrangères, la Guinée a privilégié deux langues: l?anglais et l?espagnol. La première langue étrangère enseignée est l?anglais. L?élève a, au secondaire, le choix entre l?espagnol et l?allemand; la plupart préfèrent l?espagnol.
Il existe de nombreuses écoles privées en Guinée. Les programmes des établissements privés du primaire et du secondaire sont exactement les mêmes que ceux du public. Les élèves subissent les mêmes examens que ceux du public. Généralement, l?enseignement dispensé dans ces établissements favorisent l?apprentissage et la pratique du français et de l?anglais afin d'amener les élèves à un bilinguisme le plus fonctionnel possible.
L'euphorie étant passée en ce qui a trait aux langues nationales, le gouvernement guinéen garde néanmoins la conviction que celles-ci doivent encore jouer un grand rôle dans la promotion de la culture nationale. On réfléchit présentement aux moyens de redynamiser ces langues. L'Académie des langues est devenue l?Institut de recherche linguistique appliquée. L'Institut pédagogique national est devenu l?Institut national de recherche et d'action pédagogique. Un Centre d'études linguistiques a été mis en place à la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Conakry.
Pour terminer, signalons que le système d?éducation de la Guinée est aux prises avec de graves problèmes d?inefficacité. Malgré les sommes énormes (proprotionnellement) consacrées à l?éducation, seulement 38 % des enfants guinéens sont scolarisés et, parmi ces derniers, un tiers au moins ne termine pas le cycle du primaire. On constate aussi d?énormes disparités entre les garçons et les filles, car celles-ci sont scolarisées dans une proportion de 18 %, notamment dans les zones rurales. De façon générale, les cours sont dispensés dans des conditions pédagogiques difficiles. Les classes comptent généralement de 60 à 90 élèves pour un maître qui n?est pas toujours motivé, sans compter que le statut de l?enseignant, avec un salaire peu élevé, est perçu come peu valorisant dans la société guinéenne.
4.3 Les médias
Les médias guinéens diffusent en français et dans plusieurs langues nationales. Les langues nationales sont privilégiées dans les stations locales désignées comme des «radios rurales». Dans chacune des quatres régions naturelles (Guinée maritime, Fouta-Djalon, Haute-Guinée et Guinée forestière), il existe une station de radiodiffusion qui a une grille de production et de programmes, autonome et locale. Toutes les langues recensées dans chacune des localités sont présentes à l?antenne de la radio. En Guinée, c?est la seule façon de rejoindre tous les citoyens, quelle que soit leur langue. Dans cette pespective, le français constitue «une langue parmi les autres». Tous les médias électroniques appartiennent à l'État, car il n?existe pas de radio ou de télé privée en Guinée. Mais une loi serait prévue pour autoriser les médias électroniques privés en Guinée. Les radios étrangères sont facilement captées, celles provenant du Liberia et de la Sierre Leone sont en anglais, celles de la Guinée-Bissau sont diffusées en portugais, les autres sont toutes en français.
Dans le domaine de la télévision, l?État ne peut encore couvrir tout le territoire national. La télévision est en Guinée un média beaucoup plus coûteux et donc inaccessible pour la plupart des Guinéens. Seules quelques-unes (peul, malinké, soussou, etc.) sont employées sur une base régulière à la télévision nationale (la RTG).
La plupart des médias écrits n?emploient que le français. Les Guinéens peuvent se procurer des journaux étrangers en anglais, en espagnol et en portugais.
Avec la révolution culturelle, les fonctionnaires du gouvernement devaient répondre au téléphone en disant d?abord: «Allô! Prêts pour la révolution!» Au cours de l'année 1960, Sékou Touré ordonna une destruction massive de livres, journaux, documents administratifs, juridiques, archives, etc., dans tous les services publics. Les archives furent pillées et vidées, et tous les autres documents furent brûlés sous le contrôle d'un agent de la sécurité. Par la suite, l'importation de livres et de journaux étrangers fut interdite pour les particuliers. L?une des émissions les plus écoutées à l?époque par les Guinéens, la Revue de presse, fut supprimée pour être remplacée par la Causerie du président où il était le seul à parler. Dans les campagnes, les radios rurales durent adopter une «approche personnelle» en langues nationales pour communiquer avec la population. Comme on pouvait bien s?y attendre, la révolution passait aussi par la langue... et par l?école.
- La réforme scolaire
En 1958 déjà, le gouvernement avait pris la décision d'«adapter les structures de l'éducation aux nouvelles réalités nationales» dans le but d'instaurer un «enseignement démocratique et populaire». La réforme ambitionnait de «scolariser tous les enfants du pays à partir de l'année scolaire 1964-1965». Toutefois, c?est à partir de 1968 que Sékou Touré appliqua sa politique linguistique d?africanisation et entreprit de réformer l?éducation dans les écoles primaires.
La Commission nationale d'alphabétisation fut créée. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l?enseignement destiné à assurer les liens entre «l?école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d?enseignement. À l?époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l?Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu?une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D?une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu?elles n?avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu?à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu?en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l?école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s?était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l?exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d?assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d?obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d?Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu?en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s?engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d?une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd?hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l?a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L?ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s?agit des alinéas 4 et 5 de l?article 1:
La politique linguistique de la Guinée-Conakry en est une de pragmatisme. Elle réside dans l?unilinguisme français pour l?appareil de l?État, incluant l?école, mais se transforme en un multilinguisme pragmatique ? ce qu?on peut appeler un «multilinguisme de stratégie», pour tout ce qui relève des services à la population: administration orale, tribunaux, médias électroniques, etc.
Après avoir été un «précurseur» dans l?utilisation des langues nationales africaines du temps de Sékou Touré, l?État guinéen est revenu à une forme de politique moins dogmatique où l?improvisation idéologique a laissé la place à un certain réalisme. On peut croire que la politique actuelle constitue néanmoins une formule de transition. Il est probable que l?État s?en ira vers une utilisation accrue des langues nationales sans abandonner l?usage officiel du français, l?un des facteurs essentiels du développement économique.
Guinea mitt land som I-emellertid något liknande!
Automatically translated into Swedish thanks to WorldLingo
Huvudstad: Conakry
befolkning: språk miljon
för 7.9 representant: Fransk (av svär),
majoritetsgrupp: inga
minoritetgrupper: omkring trettio språk av som peulen eller poular (32%), maninkaen (23%), soussouen (10%), guerzé (3.8%), kissien (3.5%) som delas in i volymer den (1.8%), dialonké (1.8%), etc.
Kolonialt språk: politiskt
franskt system: artiklar för populär republik
för pluralist konstitutionella (språk): konst. 1 av konstitutionen av 1990
språkliga lagar: utan geografiskt
anmärka 1 läge
L? Afrika räknar tre Guineas, med varje ett olikt officiellt språk: Franska, portugis och spanjor. En skiljer sannerligen:
1) Guinea (245 857 km ²) sig själv kallade också (French-speaking) Guinea-Conakry;
2) Guinea-Bissau (36 125 km ²) som är bekant som ”(den Portuguese-speaking) Guinea portugisen”;
3) ekvators- Guinea (28 051 km ²) eller ”(Spanish-speaking) spanska Guinea” eller ”(Spanish-speaking) spanska Guinea”.
Det officiella språket av varje av dessa länder resulterar från historien från europécolonization (Frankrike, Portugal och Spanien).
Guinea-Conakry som kallas officiellt Republik av Guinea, är ett land av västra Afrika som begränsas av det atlantiska hav som begränsas till northen-West av (den Portuguese-speaking) Guinea-Bissau, till norden av (French-speaking) Senegal, till öst av (French-speaking) Mali, till south-east av elfenbenet seglar utmed kusten (French-speaking) och till söderna vid (english-speaking) Liberia och (anglophone) Sierra Leone.
C? är ett land av 245.857 km ², alltså L? vara motsvarighet av 50% ungefärligt av ytbehandla av Frankrike. Guinea-Conakry inkluderar/förstår också öarna av Los till brett av Conakry, huvudstaden. Mer än 1.5 miljon Guineans bor Conakry som är också en viktig hamnstad.
Guinea-Conakry delas in i fyra stora områden (se som specificeras för att kartlägga): D? är i västra, en finner Guinea maritimt eller Låg-Guinea (i kanta av L? Atlanten), I genomsnitt uppgå till-Guinea eller Fouta-Djalon (i söderna av Senegal: kickplatår med många jagar D? bevattna den indikerade något liknande ”slottet D? bevattna” av L? Afrika), Kick-Guinea (en enorm savanna som bildar en zonplanera av övergången med Mali) och skog Guinea (område av dolda berg av skogar med L? south-eastern avsluta, nästan Liberia).
Är 2 demolinguistic data
den någon åtta miljon Guineansen som delas in i nära D? omkring trettio D? ethnosgrupper som talar varje deras språk. Sedan den sist officiella folkräkningen som baseras på folkgrupperna, går tillbaka till 1955, alltså för L? är självständighet (1958), det svår av S? att stötta på dessa statistik. På basen av dessa data kunde man intyga den Peuls (eller Poulars) uppsättning upp den viktigaste folkgruppen numeriskt (40% i 1955), följt av Maninkas (som var bekant under det känt av Malinkés: 35% i 1955), av Soussos (15% i 1955), därefter av Guerzés, Kissiens, delade in i volymer, Landoumas, Bagas, etc.
I Guinea-Conakry L? visas medlemskap av en ethnosgrupp D? så mycket mer komplex qu? det finns många ”regroupings” (mixings) som kontot bör rymmas av. Sannerligen skiljer en ”motsvarigheterna” (till exempel Bagas och Landoumans som jämförs till Soussous), ”förband” (till exempel Toucouleurs och Peuls) och undergrupper (till exempel Kourankos, Leles, etc. som jämförs till Malinkés). En ankommer på olikt proportionerar därefter. Formanten från 30% till 35% av befolkningen, Malinkés (Maninkas) och ”motsvarigheterna” skulle uppsättningen upp den viktigaste gruppen; de skulle följs nära av Peuls och Toucouleurs med 30%; skulle kommna därefter Soussous och ”assimilerade”, då ”skogvaktare” (de som bor i skogen Guinea), med 18%. Som för de andra små ethnosgrupperna, skulle de kontot för endast 2% till 3% av befolkningen. Vilken qu? den är, Peuls, Malinkés, och Soussous bara utgör trena inkvarterar av befolkningen.
De tre främsta folkgrupperna är utdelade i de fyra stora geografiska områdena av Guinea. Maritima Guinea beskyddar nästan 75% av Soussos, men en finner där också nästan all stort ethnosgrupperna av landet, på grund av närvaroen av huvudstaden, Conakry, som tilldrar Guineansen. I området av Fouta-Djallon eller genomsnittet Guinea, finner en 80% av Peuls och 14% av Malinkés; är sistnämnden talrikare i kicken Guinea (45% D? dem emellan). Som för gör skogen Guinea, det skydd speciellt av Malinkés (35% D? dem emellan), men också av de små ethnosgrupperna liksom Kissiens, delat in i volymer dem, Guerzés, etc.
DeKongoles för Guineans bruk i första hand språken, liksom det poular (32%) som talar av Peuls, maninkaen (24%) som talar av Malinkés, soussouen (10%), guerzé (3.8%), kissien (3.5%) som delas in i volymer den (1.8%), dialonké (1.8%), etc.
Franskan är det officiella språket av landet, men endast av 15% till 25% av den Guineans vanan det; i det rörda away för aktioner återstår detta språk om okända. Franskan används som allmänningspråk mellan ethnosgrupperna, men också det poular, malinké och ibland soussouen. Som hänseenden används det arabiska språket, detta språk endast av anhängarna av Coran. Från är klosterbrodern pekar av beskådar, moslemsna klart mest talrik i Guinea, med nästan 85% D? anhängare i befolkningen. En räknar till 5% av Guineans anhängare av de traditionella religionanimistsna och 4% av kristen (däribland 3% av katoliker och 1% av evangelic protestanter).
3 historiska data
Nalous och Bagas befolkade området som av det VIIIe århundradet och sammanfogades i det XIe århundradet av Jalonkés av mandéebeskärningen. De följdes av Peuls och Mandingues, som ankom mellan XVIe och det XVIIIe århundradet, stunder som kommer med islam. I det XIIe århundradet, området tillhörde L? försämra av Ghana och det av Mali. Denna jumbo visste dess apogee i det XIVe århundradet; det fördjupa från norden och öst av Guinea med Tombouctou (Mali), för péricliter på kommande århundrade.
3.1 L? ankommet av européer
under benämner av fördrag av Tordesillas (1494) som spårade det territoriellt begränsar mellan Spanien, och Portugal, sidan Alexandre VI Borgia (1431-1503) hade tvungit spanjorerna och portugisen som ska fås along på uppdelningen av världen: alla, som skulle, upptäcks i det västra av meridianen fodrar skulle tillhörde L? Spanien och i öst (Brasilien och Afrika), i Portugal (se kartlägga av fördrag). Faktiskt L? Katolsk kyrka hade tilldelat till den två peninsular överheten, inte zonplanerar av colonization, men av zonplanerar av evangelization, men denna skillnad motstod inte aptitimperialistsna per lång tid. Under benämner av fördrag av Tordesillas, Afrika var till tillhörde den enda portugisen, sedan spanjorerna isolerades där. De andra länderna av Europa, lika Frankrike, Storbritannien och Holland, var oförmögna att motsättas till fördrag av Tordesillas tills avsluta av det XVIe århundradet.
Portugisen var de första européerna, i det XVe århundradet, att kringgå seglar utmed kusten av Guinea och att komma in i kontakt med befolkningarna som var där. De installerade kontrar och erfaret handeln av kryddor, av L? gömma i handflatan olja som är guld-, av elfenbenet och…, formulera av slavar. Markerar deras Toponymy stilla sylter (Rio Nuñez, Rio Pongo, udd Verga, etc.), och flera familjer övertog deras namnger (Fernandez, Gomez, etc.). Men portugisen skrev in mycket tidig sort i konkurrens med britten och franskan. De kringgärdades snabbt i vad blev aujourden? i dag Guinea-Bissau. Britten avslutade upp att tillfredsställas utan för mycket med svårigheter med Sierra Leone. Därefter i forty D? år L? Fransk imperialism supplanted dess rivaler i området, genom att fördjupa som var dess, zonplanerar start från det maritimt seglar utmed kusten i riktning av Fouta-Djallon och Kick-Guinea. Autochtonesna visste inte D? ta fram L? handstil som vid arabiskaalfabetet: en transkription av språkpeulen i arabiska tecken visades förutom under det XVIIIe århundradet, men denna ankomst i världen av handstilen saktades besegrar allvarligt vid invasionen av de koloniala styrkorna.
Franskan Gaspard-Theodore Mollien upptäckte I genomsnitt uppgå till-Guinea (Fouta-Djalon) och townen av Timbo i 1818; för deras del nådde den engelska Gordonen Laing (1826) och den franska Renen Caillié (1828) Tombouctou i Mali. I 1840 undertecknade den franska amiralen Bouet-Willaumez (1808-1871), den framtida regulatorn av Senegal, de första fördragen med lokalchefer av Guinea. I 1880 g den franska Olivieren de Sanderval fundamenten av europécolonization i området. I åren 1880, det almamy (härskare) Det? malinkéebeskärningen, Samory Touré som utrustades med moderna vapen, tog kontrollera av inre av landet. I 1884-1885 efter en överenskommelse mellan kolonialmakterna av L? tajma (Frankrike, Storbritannien, Tyskland och Portugal), konferensen av Berlin kände igen ”rätterna” av Frankrike på området.
3.2 Fransk colonization
territoriet av Guinea blev en fransk koloni i 1893 och integrerades in i franska västra Afrika (AOF) i 1893. Men den almamy Samoryen Touré bar ut en kriga som organiserades mot den franska ockupationen på segla utmed kusten, och i de bergiga heltäckandea samlas av South-east, tills den var betagen i 1898. Det Captive faktumet i 1898, försköts det i Gabon var det dog i 1900. Det var en av de sist hjältarna av historieprécolonialen av landet. Motstånd till L? fortsatte upphörde den franska ockupationen och inte qu? i 1912 på tiden av ”pacificationen” av denna zonplanera uppsättningen upp i militärt område efter 1899. Slutligen gjorde smula i multipelrivalchefferies den franska påverkan på landet lättare. Men franska militära överskotts som orsakas i 1911 en revolt av Guerzé och Manons, som förträngdes med en mycket stor brutalitet.
Frankrike lade på ett system av den koloniala administrationen som var identiskt till det som applicerades i de andra afrikanska territorierna av dess koloniala välde. Blev franskan språket av L? Administration. Var undantar majoriteten av de officiella dokumenten praktiskt aldrig bekant på vägnar av de intresserade partierna, lorsqu? de översattes tillfälligt i ”en lokaldialekt”. Nästan 95% av inte deltog i Guineas L? skola och ignorerade därför franska. Emellertid var franskan mycket utbrett near L? Guineansk elit som N? med inte behovet att förkorta de Koranic studierna tvekade deras barn att göra dem att följa deras jagar med L? Franskan skolar.
Återstod utvecklingen av landet faktumet av franskan, därför att autochtonesna g endast räcka-D? arbeten på en billigt pris klassar, i synnerhet i L? exploatering av bauxite. De franska företagen monopolized kulturerna av exporten och multiplicerade dem. Självfallet riktades exploateringen av naturresurserna in mot behoven för metropolisen, som tidig sort orsakade mycket en mycket politicized handelunionism, speciellt i det industriellt, och hamnen centrerar, som omformades in i förehavandenprotestors. Under två kriger världen, metropolisen som kallas i hög grad på de guineanska soldaterna: 36.000 mobiliserades i 1914-1918 och nästan 18.000 i 1939-1945.
Franska Guinea blev vid den franska konstitutionen av Oktober 7, 1946 ”ett utländskt territorium”. På avsluta av L? Franskt kolonialt välde, klassa av skolgång av ”infödingarna” återstod lower än 12%. Detta läge dolde viktiga olikhetar mellan könsbestämmer också (till exempel, mindre än 10.000 flickor ut ur 45.000 g utbildning för barn), de stads- miljöerna och lantligt (bekant som ”av busken”), de olika sociala grupperna (civils tjänare, hantverkare, workmen och funktioner, bönder) och monks (till exempel, skolar Koranic och katolska privatskolar), utan att tala om de geografiska områdena. Högre utbildning återstod icke existerande. Därefter oundvikligen, kriger en politisk samveteanticoloniale som framkallas för att fortsätta med styrka efter understödjavärlden.
3.3 In mot L? företa sig
självständighet i 1952, den Ahmed Sékou Touré, store-sonsonen av Samory Touré, politiska aktiviteter så D? att erhålla mer afrikansk tekniker i lokal styrning. Det grundade demokratiska partit av Guinea som det gjorde från en starkt strukturerad populär organisation. På tiden av ägde rum folkomröstningen av September 28, 1958, Guinea det enda landet, allra som French-speaking Afrika förkastar förslag av generalen av Gaulle som angår integrationen av kolonierna av franska västra Afrika inom D? möjlighetfranskagemenskapen. Sékou Touré, som övertygades att Frankrike inte kunde durably utfrysa Guinea så rich i att bryta produkter, krävde av dess befolkning för att rösta INTE med projektera av integration på den franska gemenskapen. I dess anförande med generalen av Gaulle med Conakry på Augusti 25, 1958, Sékou Touré, därefter vicepresident av rådet av regeringen som förklaras:
Missbelåtet med det guineanska beslutet, efter dess negation har röstat på tiden av folkomröstningen av September 28 (1958) på gemenskapen, Frankrike inställde dess hjälp omgående (som motsatt till vilken Sékou trodde Touré). I en månad är den guineanska administrationen bott privat allra de franska teknikerna, och civilstjänare, manipulerar däribland, sjuksköterskorna, lärarna, personerna i laddningen för luftar säkerhet, etc. Stundpresidenter Habib Bourguiba av Tunisien, Hamani Diori av Niger och Léopold Sédar Senghor av Senegal som uppgås bland de mest intensiva försvararna av Francophonien, Sekou Touré, fortsatt D till honom? att kräva för dess land L? omgående och sammanlagd självständighet och den proklamerade kicken och starkt, som Francophonien utgj橬一j ”ett nytt, bildar av kolonial dominans”. Ska Paris försök D? att förhindra L? erkännande av det nytt påstår i Förenta nationen.
3.4 Det auktoritativa funktionsläget av Sékou Touré
Guinea nådde självständighet på Oktober 2, 1958. Som för Sékou Touré, blev han en hjälte, genom att ge löneförhöjning till mythen av ”den intransigent nationalisten”, fördriver Guinea återstod symbolet av ”funnen afrikansk värdighet”. Mycket populärt i dess land som i något L? Afrika Sékou Touré var, som en första president av Guinea, den stora ”suveräna personen i laddning” för landet.
Det genomförde strax en politik av ”panafricanismen” antyda ”den integraldecolonizationen strukturerar allra av landet”, så D? att grunda ”ett socialistiskt företag”.
- Den kulturella rotationen
med Sékou Touré, Guinea fortsättningsvis tråkmåns det känt av den populära republikrevolutionären av Guinea. L? ett av mycket de första ”lagstiftnings- besluten” adopterade kort, efter självständighet har kunnat ge oss som en idé av det auktoritativa teckenet av det nya funktionsläget förlägger in. Här texten av L? schema av Oktober 2, 1958 enkelt påtänkt till kontrar flyg i landet:
Med var den kulturella rotationen, civilstjänare av regeringen som ska svaras på ringa vid ordstäv D? ta fram: ”Hälsningar! Lån för rotationen!”, Under året 1960, beställde Sékou Touré en massiv förstörelse av bokar, tidningar, administrativa som dokument var lagliga, sparar, etc., sammanlagt offentlig service. Sparar plundrades och tömdes, och alla andra dokument brändes under kontrollera av ett medel av säkerhet. Därefter bokar importationen av, och utländska tidningar förböds för de privata individerna. L? ett av de mest lyssnade utsläppen med L? tajma vid Guineansen, pressen granskar, togs bort för att bytas ut av samtalet av presidenten var det var det enda med att tala. I aktionerna måste de lantliga radiorna att adoptera ”ett personligt att närma sig” i medborgarespråk för att meddela med befolkningen. Som s-brunnen kunde? y till väntan, rotationen passerade också vid språket…, och vid L? skola.
- Skolareformen
i 1958 redan, regeringen hade gjort beslutet ”för att anpassa strukturerar av utbildning till nya medborgareverklighetar” med ett syfte av att grunda en ”demokratisk och populär undervisning”. Reformambitionnaiten ”som ger utbildning för alla barn av landet som från skolår 1964-1965”. Emellertid C? från 1968 att är Sékou applicerade Touré dess språkliga politik D? Africanization och att företa sig till reform L? utbildning i grundskola för barn mellan 5 och 11 år.
Medborgarekommissionen av elimineringen av analfabetism skapades. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l?enseignement destiné à assurer les liens entre «l?école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d?enseignement. À l?époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l?Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu?une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D?une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu?elles n?avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu?à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu?en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l?école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s?était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l?exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d?assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d?obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d?Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu?en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s?engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d?une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd?hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l?a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L?ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s?agit des alinéas 4 et 5 de l?article 1:
Par cette disposition, l?État guinéen se réapproprie officiellement l?usage du français qui n?avait jamais été abandonné sous l?ancien régime. L?État veut également continuer d?assurer la promotion des cultures et des langues du peuple de Guinée.
4.1 La langue de l?État
Toute la politique linguistique écrite de la Guinée tient essentiellement à l'article 1 de la Constitution, qui fait du français la langue officielle et assure aux langues nationales une certaine place. Cette clause constitutionnelle signifie que le français reste la langue de la présidence de la République, de l'Assemblée nationale, de l'Administration publique, des cours de justice, des forces armées et policières, de l'enseignement à tous les niveaux, de l'affichage, des médias, etc. Cependant, des accommodements sont prévues dans les cours de justice, les services publics et les médias. Dans ces domaines, les langues nationales les plus importantes, généralement le peul (ou poular), le malinké (ou maninka) et le soussou ? parfois le kissi, le kpellé et le toma ?, sont utilisées concurremment avec le français. On peut parler d?un véritable bilinguisme au sein de l?appareil de l?État, du moins pour l?oral. À l?écrit, seul le français conserve ses prérogatives.
4.2 L?éducation
Bien que l?enseignement soit gratuit, la scolarisation de la population guinéenne demeure encore faible. En effet, au début des années quatre-vingt-dix, on comptait quelque 76 % d'analphabètes dans le pays. Seulement 30 % des enfants en âge scolaire fréquentaient l?école primaire. Environ 10 % des jeunes pourraient aller à l?école secondaire, contre 2 % dans l?enseignement supérieur. Le gouvernement a entrepris des campagnes de sensibilisation à la radio et à la télévision, mais les résultats sont lents bien qu?encourageants. De façon générale, les filles fréquente beaucoup moins l?école que les garçons.
La Guinée dispose d?un bon réseau d?écoles à tous les niveaux. Les enfants des villes peuvent fréquenter des écoles maternelles, des écoles primaires et secondaires, ainsi que établissements d?enseignement supérieur. Après la régime de Sékou Touré, le français est redevenu la langue d?enseignement à tous les niveaux, les langues nationales ayant par le fait même reculé. Sauf dans les écoles maternelles ou jardins d?enfants (et encore!), le français a repris sa place d?antan. Les langues nationales (peul, malinké, soussou, kissi, kpelle, toma), quand on les enseigne au primaire, sont devenues des matières d?enseignement, non plus des langues d?enseignement. De plus, les écoles coraniques et les établissements franco-arabes continuent d?enseigner l?arabe, surtout dans les matières religieuses, littéraires et sociales.
Les écoles de la Guinée sont plutôt pauvres et elles manquent cruellement de manuels scolaires. À titre d?exemple, le ratio livre-élèves est en général de dix pour les manuels en sciences, de sept pour les mathématiques et de quatre pour le français.
Dans les écoles secondaires et les établissements supérieurs (Université de Conakry, Université de Kankan, Institut supérieur de mine et géologie de Boké, Institut supérieur agronomique et vétérinaire de Faranah, Institut supérieur de sciences de l?éducation de Guinée), seul le français sert de langue d?enseignement. Il existe aussi de nombreuses écoles normales destinées à assurer une formation initiale aux enseignants du primaire et du secondaire.
En ce qui concerne les langues étrangères, la Guinée a privilégié deux langues: l?anglais et l?espagnol. La première langue étrangère enseignée est l?anglais. L?élève a, au secondaire, le choix entre l?espagnol et l?allemand; la plupart préfèrent l?espagnol.
Il existe de nombreuses écoles privées en Guinée. Les programmes des établissements privés du primaire et du secondaire sont exactement les mêmes que ceux du public. Les élèves subissent les mêmes examens que ceux du public. Généralement, l?enseignement dispensé dans ces établissements favorisent l?apprentissage et la pratique du français et de l?anglais afin d'amener les élèves à un bilinguisme le plus fonctionnel possible.
L'euphorie étant passée en ce qui a trait aux langues nationales, le gouvernement guinéen garde néanmoins la conviction que celles-ci doivent encore jouer un grand rôle dans la promotion de la culture nationale. On réfléchit présentement aux moyens de redynamiser ces langues. L'Académie des langues est devenue l?Institut de recherche linguistique appliquée. L'Institut pédagogique national est devenu l?Institut national de recherche et d'action pédagogique. Un Centre d'études linguistiques a été mis en place à la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Conakry.
Pour terminer, signalons que le système d?éducation de la Guinée est aux prises avec de graves problèmes d?inefficacité. Malgré les sommes énormes (proprotionnellement) consacrées à l?éducation, seulement 38 % des enfants guinéens sont scolarisés et, parmi ces derniers, un tiers au moins ne termine pas le cycle du primaire. On constate aussi d?énormes disparités entre les garçons et les filles, car celles-ci sont scolarisées dans une proportion de 18 %, notamment dans les zones rurales. De façon générale, les cours sont dispensés dans des conditions pédagogiques difficiles. Les classes comptent généralement de 60 à 90 élèves pour un maître qui n?est pas toujours motivé, sans compter que le statut de l?enseignant, avec un salaire peu élevé, est perçu come peu valorisant dans la société guinéenne.
4.3 Les médias
Les médias guinéens diffusent en français et dans plusieurs langues nationales. Les langues nationales sont privilégiées dans les stations locales désignées comme des «radios rurales». Dans chacune des quatres régions naturelles (Guinée maritime, Fouta-Djalon, Haute-Guinée et Guinée forestière), il existe une station de radiodiffusion qui a une grille de production et de programmes, autonome et locale. Toutes les langues recensées dans chacune des localités sont présentes à l?antenne de la radio. En Guinée, c?est la seule façon de rejoindre tous les citoyens, quelle que soit leur langue. Dans cette pespective, le français constitue «une langue parmi les autres». Tous les médias électroniques appartiennent à l'État, car il n?existe pas de radio ou de télé privée en Guinée. Mais une loi serait prévue pour autoriser les médias électroniques privés en Guinée. Les radios étrangères sont facilement captées, celles provenant du Liberia et de la Sierre Leone sont en anglais, celles de la Guinée-Bissau sont diffusées en portugais, les autres sont toutes en français.
Dans le domaine de la télévision, l?État ne peut encore couvrir tout le territoire national. La télévision est en Guinée un média beaucoup plus coûteux et donc inaccessible pour la plupart des Guinéens. Seules quelques-unes (peul, malinké, soussou, etc.) sont employées sur une base régulière à la télévision nationale (la RTG).
La plupart des médias écrits n?emploient que le français. Les Guinéens peuvent se procurer des journaux étrangers en anglais, en espagnol et en portugais.
Avec la révolution culturelle, les fonctionnaires du gouvernement devaient répondre au téléphone en disant d?abord: «Allô! Prêts pour la révolution!» Au cours de l'année 1960, Sékou Touré ordonna une destruction massive de livres, journaux, documents administratifs, juridiques, archives, etc., dans tous les services publics. Les archives furent pillées et vidées, et tous les autres documents furent brûlés sous le contrôle d'un agent de la sécurité. Par la suite, l'importation de livres et de journaux étrangers fut interdite pour les particuliers. L?une des émissions les plus écoutées à l?époque par les Guinéens, la Revue de presse, fut supprimée pour être remplacée par la Causerie du président où il était le seul à parler. Dans les campagnes, les radios rurales durent adopter une «approche personnelle» en langues nationales pour communiquer avec la population. Comme on pouvait bien s?y attendre, la révolution passait aussi par la langue... et par l?école.
- La réforme scolaire
En 1958 déjà, le gouvernement avait pris la décision d'«adapter les structures de l'éducation aux nouvelles réalités nationales» dans le but d'instaurer un «enseignement démocratique et populaire». La réforme ambitionnait de «scolariser tous les enfants du pays à partir de l'année scolaire 1964-1965». Toutefois, c?est à partir de 1968 que Sékou Touré appliqua sa politique linguistique d?africanisation et entreprit de réformer l?éducation dans les écoles primaires.
La Commission nationale d'alphabétisation fut créée. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l?enseignement destiné à assurer les liens entre «l?école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d?enseignement. À l?époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l?Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu?une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D?une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu?elles n?avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu?à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu?en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l?école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s?était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l?exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d?assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d?obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d?Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu?en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s?engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d?une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd?hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l?a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L?ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s?agit des alinéas 4 et 5 de l?article 1:
La politique linguistique de la Guinée-Conakry en est une de pragmatisme. Elle réside dans l?unilinguisme français pour l?appareil de l?État, incluant l?école, mais se transforme en un multilinguisme pragmatique ? ce qu?on peut appeler un «multilinguisme de stratégie», pour tout ce qui relève des services à la population: administration orale, tribunaux, médias électroniques, etc.
Après avoir été un «précurseur» dans l?utilisation des langues nationales africaines du temps de Sékou Touré, l?État guinéen est revenu à une forme de politique moins dogmatique où l?improvisation idéologique a laissé la place à un certain réalisme. On peut croire que la politique actuelle constitue néanmoins une formule de transition. Il est probable que l?État s?en ira vers une utilisation accrue des langues nationales sans abandonner l?usage officiel du français, l?un des facteurs essentiels du développement économique.
Гинея, моя страна которая I однако как!
Automatically translated into Russian thanks to WorldLingo
Столица: Населенность
Conakry: официальныйа язык
7.9 миллион: Французская (присягает)
группа большинства: отсутствие
групп несовершеннолетия: около 30 языков of which peul или poular (32%), maninka (23%), soussou (10%), guerzé (3.8%), kissi (3.5%), разделенное в тома его (1.8%), dialonké (1.8%), etc
Колониальный язык: политическая
французская система: статьи популярной республики
pluralist конституционные (язык): искусствоо. 1 из конституции 1990
лингвистических законов: без географической
ситуации l предмета
1? Африка подсчитывает 3 гинеи, с каждая одной по-разному официальный язык: Франчуз, португалка и испанский язык. Одно различает деиствительно:
1) Гинея (245 857 километров сами ²) также вызвала Гине-Conakry (French-speaking);
2) Гвинея-Бисау (36 125 километров ²) известная как «португалка гинеи» (Portuguese-speaking);
3) экваториальная гинея (28 051 километра ²) или «испанская гинея» (Spanish-speaking) или «испанская гинея» (Spanish-speaking).
Официальный язык каждое одной из этих стран приводит к от истории от европейской колонизации (Франции, Португалии и Испании).
Официально вызванный Гине-Conakry, Республикой гинеи, будет страной западной Африки ограничиваемой Atlantic Ocean, ограничиваемым к северозападу Гвинеей-Бисау (Portuguese-speaking), к северу Сенегалом (French-speaking), к востоку Мали (French-speaking), к юговостку Берега Слоновои Кости (French-speaking) и к югу Либерией (english-speaking) и Сьерра-Леоном (anglophone).
C? страна 245.857 километров ², that is to say l? был эквивалентом 50% грубо из поверхности Франции. Гине-Conakry также вклюает/понимает острова Los к обширному Conakry, столицы. Больше чем 1.5 миллионов Guineans Conakry в реальном маштабе времени будет также важным городом гавани.
Гине-Conakry разделен в 4 больших OBLASTи (см. детальную диаграмму): D? будет в западе, одно находит гинею maritime или Низк-Гинею (в крае l? Atlantic), Средн-Гинея или Fouta-Djalon (в юге Сенегала: высокие плата с много курсов d? вода показанная как «замок d? вода» l? Африка), Высок-Гинея (большая саванна формируя зону перехода с Мали) и гинея пущи (зона покрынных гор пущ с l? south-eastern конец, close to Либерия).
Будут 2 demolinguistic данными
некоторое 8 миллионов Guineans разделенное в близкий d? около 30 d? группы ethnos говоря каждое одно их язык. В виду того что последняя официальная перепись основанная на этнические группы идет back to 1955, that is to say перед l? независимость (1958), оно трудна s? поддержать на этих статистик. On the basis of эти данные, одно смогло подтвердить что Peuls (или Poulars) установили вверх этнические группы численно само важно (40% в 1955), после того как они последованы за Maninkas (известный under the name of Malinkés: 35% в 1955), из Soussos (15% в 1955), после этого из Guerzés, Kissiens, разделило в тома, Landoumas, Bagas, etc
В Гине-Conakry, l? членство группы ethnos появляется d? как очень более сложный qu? будут много «regroupings» (mixings) of which учет SLEDUET придержать. Деиствительно, одно различает «эквиваленты» (например Bagas и Landoumans сравненные к Soussous), «отнесло одни» (например Toucouleurs и Peuls) и подгруппы (например Kourankos, Leles, etc, сравненные к Malinkés). Одно приезжает после этого в по-разному пропорции. Форманта от 30% до 35% из населенности, Malinkés (Maninkas) и «эквивалентов» установила бы вверх самую важную группу; они были бы последованы за близко Peuls и Toucouleurs с 30%; пришло бы после этого Soussous и «ассимилировал», тогда «foresters» (те которые живут в гинее пущи), с 18%. Как для других малых групп ethnos, они определили бы только 2% к 3% населенности. Что qu? он, Peuls, Malinkés и Soussous самостоятельно образовывает 3/4 из населенности.
Распределяют 3 главным образом этнические группы в 4 больших географических районах гинеи. Maritime гинея приютит близко 75% из Soussos, но одно находит там также почти совсем больш группы в составе ethnos страна, из-за присутсвия столицы, Conakry, который привлекает Guineans. В зоне Fouta-Djallon или средней гинеи, находить 80% из Peuls и 14% Malinkés; последние более многочисленнSp в высокой гинее (45% d? между ими). Как для делает гинею пущи, его укрытие специально Malinkés (35% d? между ими), но также малых групп ethnos such as Kissiens, разделено в тома их, Guerzés, etc
Языки пользы Guineans главным образом nigéro-Congolese, such as poular (32%) поговоренное Peuls, maninka (24%) поговоренным Malinkés, soussou (10%), guerzé (3.8%), kissi (3.5%), разделенным в тома его (1.8%), dialonké (1.8%), etc
Франчузом будет официальный язык страны, но только 15% к 25% Guineans напрактикуйте его; в кампании двинул прочь, этот язык остает о неисвестне. Франчуз использован как общий язык между группами ethnos, но также poular, malinké и иногда soussou. Что касается арабского языка, этот язык использован только следующими Coran. От вероисповедная точка зрения, Moslems ясно большая часть многочисленнfSs в гинее, с близко 85% d? следующие в населенности. Одно подсчитывает до 5% из следующих Guineans традиционных animists вероисповеданий и 4% из христианок (включая 3% католиков и 1% из Protestants евангелистского).
3 данные прошлого периода
Nalous и Bagas заселили OBLASTь от столетия VIIIe, и были соединены в столетии XIe Jalonkés начала mandée. Они были последованы за Peuls и Mandingues, которое приехали между XVIe и столетием XVIIIe, пока приносящ мусульманство. В столетие XIIe, OBLASTь принадлежало к l? ухудшейте Ганы и того из Мали. This last знал свой апогей в столетии XIVe; оно удлинило от севера и east of гинея с Tombouctou (Мали), перед péricliter на следующем столетии.
3.1 l? я приезжана европейцев
under the terms of договор Tordesillas (1494) трассировал территориальные пределы между Испанией и Португалией, страница Александр CVI Borgia (1431-1503) ограничила испанцев и португалки, котор нужно получить вперед на разделении мира: все были бы открыны в west of полуденная линия принадлежали бы к l? Испания и в востоке (Бразилия и Африка), в Португалии (см. диаграмму договора). Фактическ, l? Вселенская церковь наделило к 2 полуостровным силам, не зонам колонизации, но зон evangelization, но это различение не сопротивляло империалистам аппетитов длиннее время. Under the terms of договор Tordesillas, Африка должна была принадлежать к единственной португалке, в виду того что испанцы были изолированы там. Другие страны Europe, как Франция, Великобритания и Голландия, не быть неспособны сопротивляться к договору Tordesillas до конца столетия XVIe.
Португалками были первые европейцы, в столетии XVe, обойти свободные полеты гинеи и come into контакт с населенностями которые были там. Они установили счетчики и напрактиковали торговлю специй, l? пальмовое масло, золото, слоновая кости и… проект невольников. Toponymy все еще сохраняет их метку (Rio Nuñez, Rio Pongo, плащу-накидк Verga, etc) и несколько семей унаследовали их имена (Fernandez, Gomez, etc). Но португалка вошла очень в самом начале конкуренция с British и франчузом. Они быстро были описаны в стало aujourd? сегодня Гвинея-Бисау. British закончились вверх по удовлетворяться без too much с затруднениями с Сьерра-Леоном. После этого, в 40 d? леты, l? Французский империализм supplanted свои соперники в OBLASTи путем расширять свою зону starting from maritime свободный полет в направлении Fouta-Djallon и Высок-Гинеи. Autochtones не знали d? достигните l? писание того арабским алфавитом: транскрипция peule языка в арабских характерах появилась кроме во время столетия XVIIIe, но это прибытие в мир сочинительства было замедлено серьезно нашествием колониальных усилий.
Франчуз Gaspard-Теодор Mollien открыл Средн-Гинею (Fouta-Djalon) и городок Timbo в 1818; для их части, английское Гордон Laing (1826) и французское Rene Caillié (1828) достигли Tombouctou в Мали. В 1840, французский admiral Bouet-Willaumez (1808-1871), будущий воевод Сенегала, подписал первые договоры с местными вождями гинеи. В 1880, Французск Olivier de Sanderval обеспечило учредительства европейской колонизации в OBLASTи. В летах 1880, almamy (властительский) d? начало malinkée, Samory Touré, оборудованное с современными видами оружия, приняло управление интерьера страны. В 1884-1885, следующ за согласованием между колониальными державами l? время (Франция, Великобритания, Германия и Португалия), конференция Berlin узнало «выпрямляет» Франции на OBLASTи.
3.2 Французская колонизация
территория гинеи пошла французской колонией в 1893 и была интегрирована в французскую западную Африку (AOF) в 1893. Но almamy Samory Touré унесло войну организованное против французского занятия на свободном полете и в гористых твердых массах юговостка, до тех пор пока оно не отжать в 1898. Плененный факт в 1898, оно было возмещено в Габоне где оно умерло в 1900. Оно было одним из последних героев précoloniale истории страны. Сопротивления к l? французское занятие продолжало и не перестало qu? в 1912, во время «pacification» этой зоны установленной вверх в воинскую зону с 1899. Окончательно, крошить в множественных соперничающих chefferies облегчил французское влияние на стране. Но французские воинские избытки причиненные в 1911 revolt Guerzé и Manons, которое было подавлено с очень большим зверством.
Франция навела систему колониальные власти идентичную к тому приложенному в других африканских территориях своего колониальной империи. Франчуз стал языком l? Администрация. Было большинство служебных документов практически никогда известно именем заинтересованных сторон, за исключением lorsqu? они случайн были переведены в «местном диалекте». Близко 95% из гинеи не присутствовали на l? школа и проигнорированный последовательн франчуз. Однако, франчузом был очень widespread близкий l? Элита Guinean n? не смутились с потребностью сократить Koranic изучения их дети для того чтобы сделать их последовать за их курсами с l? Французская школа.
Развитие страны остало фактом франчуза, потому что autochtones обеспечили только руку-D? работы на дешевом тарифе, в частности в l? эксплуатирование боксита. Французские компании монополизировали культуры экспорта и умножили их. Очевидно, эксплуатирование природные ресурсы было направлено к потребностям для Metropolis, который очень раньше причинил очень politicized trade unionism, специально в центрах промышленных и гавани, которые были преобразованы в protestors движений. Во время 2 мировых войн, Metropolis больш call upon воины Guinean: 36.000 были мобилизованы в 1914-1918 и близко 18.000 в 1939-1945.
Французская гинея стала французской конституцией 7-ое октября 1946 «заморской территорией». На конце l? Французское колониальная империя, тариф обучать «уроженцев» остало более низко чем 12%. Эта ситуация спрятала также важные неравноценности между сексами (например, более менее чем 10.000 девушки из 45.000 обеспеченного образования для детей), городскими средами и сельско (известно как «кустика»), различные общественные группы (civils холопка, craftsmen, workmen и деятельности, селянин) и monks (например, школы Koranic и католические частные школы), без говорить о географических районах. Высшее образование остало non-existent. После этого, неизбежно, политическое anticoloniale совести начатое для того чтобы продолжать с усилием после Второй войны.
3.3 К l? независимость
в 1952, больш-внук Ahmed Sékou Touré, Samory Touré, предприняла политические деятельности так d? получить более африканских представителей в местном правительстве. Оно основало демократическую партию гинеи от оно сделало сильно составленную популярную организацию. Во время был референдум 28-ое сентября 1958, гинея единственной страной всей French-speaking Африки disallow предложение генералитета Gaulle относясь внедрение колоний французской западной Африки в пределах d? по возможности французская община. Необходимо Touré, которое было убежено что Франция не смогла прочно ostracize богатые люди гинеи так в минируя продуктах, требовало своей населенности для того чтобы проголосовать НЕ с проектом внедрения на французской общине. В своей речи с генералитетом Gaulle с Conakry, 25-ого августа 1958, Sékou Touré, после этого vice-president совета правительства, объявило:
Я неудовлетворена с решением Guinean после своего отрицательного результата голосования во время референдума 28-ое сентября (1958) на общине, Франция suspended своя помощь немедленно (в отличие от что Sékou верят Touré, котор). В одном месяце, администрация Guinean ые приватными полностью французских техников и холопки civils, включая докторов, нюнь, учителей, людей in charge для безопасности воздуха, etc Пока президенты Habib Bourguiba Туниса, Hamani Diori Нигерии и Léopold Sédar Senghor Сенегала составляли среди самых сильных защитников Francophonie, Sekou Touré, продолжаемый d к ему? требовать для своей страны l? немедленно и полная самостоятельность, и провозглашенный максимум и сильно что Francophonie образовало «новую форму колониального господства». Paris попытается d? предотвратить l? допущение нового государство в Организации Объединенных Наций.
3.4 Авторитетный режим гинеи Sékou
Touré достиг независимость 2-ого октября 1958. Как для Sékou Touré, он стал героем путем give rise to миф «intransigent националиста», пока гинея остала символом «найденного африканского сана». Очень популярно в своей стране как в любом l? Африка, Sékou Touré была, как первый президент гинеи, большая «высшая персона in charge» для страны.
Оно снабдило сразу политику «panafricanism» подразумевая «монолитно decolonization всех структур страны», так d? к нашл «социалистическую компанию».
- Культурная революция
с Sékou Touré, гинеи bore henceforth имя популярного революционера республики гинеи. L? very first «нормоустановительных решений» принимать shortly after независимость может дать нам идею авторитетного характера нового режима in place. Здесь текст l? план-график 2-ое октября 1958 просто предназначил противопоставить полет в страну:
С было культурная революция, холопка civils правительства, котор нужно ответить на телефон путем говорить d? доступ: «Здравствуйте!! Займы для витка!» Во время года 1960, Sékou Touré приказало массивнейшее разрушение книг, газет, документов управленческих, законных, архивов, etc, в всех коммунальных услуги. Были ограблены и опорожнены архивы, и все другие документы сгорелись под управлением вещества безопасности. В дальнейшем, ввозка книг и чужие газеты были запрещены для частных лиц. L? одно из слушать излучений с l? время Guineans, обзор печати, извлеклось быть замененным беседой президента где оно было единственное одним с говорить. В кампаниях, сельские радиоие должны принять «личный подход» в национальные языки для того чтобы связывать с населенностью. По мере того как добро s смогло? y, котор нужно ждать, виток также прошел языком… и l? школа.
- Реформа школы
в 1958 уже, правительство сделала решение «для того чтобы приспособить структуры образования к новым национальным реальностям» с целью основывать «демократическое и популярное преподавательство». Ambitionnait реформы «для того чтобы обеспечить образование для всех детей страны как от учебного года 1964-1965». Однако, c? от 1968 что Sékou приложенное Touré своей лингвистической политикой d? сделало Africanization и предпринять реформировать l? образование в начальных школах.
Национальная комиссия исключения неграмотности была создана. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l?enseignement destiné à assurer les liens entre «l?école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d?enseignement. À l?époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l?Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu?une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D?une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu?elles n?avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu?à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu?en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l?école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s?était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l?exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d?assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d?obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d?Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu?en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s?engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d?une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd?hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l?a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L?ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s?agit des alinéas 4 et 5 de l?article 1:
Par cette disposition, l?État guinéen se réapproprie officiellement l?usage du français qui n?avait jamais été abandonné sous l?ancien régime. L?État veut également continuer d?assurer la promotion des cultures et des langues du peuple de Guinée.
4.1 La langue de l?État
Toute la politique linguistique écrite de la Guinée tient essentiellement à l'article 1 de la Constitution, qui fait du français la langue officielle et assure aux langues nationales une certaine place. Cette clause constitutionnelle signifie que le français reste la langue de la présidence de la République, de l'Assemblée nationale, de l'Administration publique, des cours de justice, des forces armées et policières, de l'enseignement à tous les niveaux, de l'affichage, des médias, etc. Cependant, des accommodements sont prévues dans les cours de justice, les services publics et les médias. Dans ces domaines, les langues nationales les plus importantes, généralement le peul (ou poular), le malinké (ou maninka) et le soussou ? parfois le kissi, le kpellé et le toma ?, sont utilisées concurremment avec le français. On peut parler d?un véritable bilinguisme au sein de l?appareil de l?État, du moins pour l?oral. À l?écrit, seul le français conserve ses prérogatives.
4.2 L?éducation
Bien que l?enseignement soit gratuit, la scolarisation de la population guinéenne demeure encore faible. En effet, au début des années quatre-vingt-dix, on comptait quelque 76 % d'analphabètes dans le pays. Seulement 30 % des enfants en âge scolaire fréquentaient l?école primaire. Environ 10 % des jeunes pourraient aller à l?école secondaire, contre 2 % dans l?enseignement supérieur. Le gouvernement a entrepris des campagnes de sensibilisation à la radio et à la télévision, mais les résultats sont lents bien qu?encourageants. De façon générale, les filles fréquente beaucoup moins l?école que les garçons.
La Guinée dispose d?un bon réseau d?écoles à tous les niveaux. Les enfants des villes peuvent fréquenter des écoles maternelles, des écoles primaires et secondaires, ainsi que établissements d?enseignement supérieur. Après la régime de Sékou Touré, le français est redevenu la langue d?enseignement à tous les niveaux, les langues nationales ayant par le fait même reculé. Sauf dans les écoles maternelles ou jardins d?enfants (et encore!), le français a repris sa place d?antan. Les langues nationales (peul, malinké, soussou, kissi, kpelle, toma), quand on les enseigne au primaire, sont devenues des matières d?enseignement, non plus des langues d?enseignement. De plus, les écoles coraniques et les établissements franco-arabes continuent d?enseigner l?arabe, surtout dans les matières religieuses, littéraires et sociales.
Les écoles de la Guinée sont plutôt pauvres et elles manquent cruellement de manuels scolaires. À titre d?exemple, le ratio livre-élèves est en général de dix pour les manuels en sciences, de sept pour les mathématiques et de quatre pour le français.
Dans les écoles secondaires et les établissements supérieurs (Université de Conakry, Université de Kankan, Institut supérieur de mine et géologie de Boké, Institut supérieur agronomique et vétérinaire de Faranah, Institut supérieur de sciences de l?éducation de Guinée), seul le français sert de langue d?enseignement. Il existe aussi de nombreuses écoles normales destinées à assurer une formation initiale aux enseignants du primaire et du secondaire.
En ce qui concerne les langues étrangères, la Guinée a privilégié deux langues: l?anglais et l?espagnol. La première langue étrangère enseignée est l?anglais. L?élève a, au secondaire, le choix entre l?espagnol et l?allemand; la plupart préfèrent l?espagnol.
Il existe de nombreuses écoles privées en Guinée. Les programmes des établissements privés du primaire et du secondaire sont exactement les mêmes que ceux du public. Les élèves subissent les mêmes examens que ceux du public. Généralement, l?enseignement dispensé dans ces établissements favorisent l?apprentissage et la pratique du français et de l?anglais afin d'amener les élèves à un bilinguisme le plus fonctionnel possible.
L'euphorie étant passée en ce qui a trait aux langues nationales, le gouvernement guinéen garde néanmoins la conviction que celles-ci doivent encore jouer un grand rôle dans la promotion de la culture nationale. On réfléchit présentement aux moyens de redynamiser ces langues. L'Académie des langues est devenue l?Institut de recherche linguistique appliquée. L'Institut pédagogique national est devenu l?Institut national de recherche et d'action pédagogique. Un Centre d'études linguistiques a été mis en place à la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Conakry.
Pour terminer, signalons que le système d?éducation de la Guinée est aux prises avec de graves problèmes d?inefficacité. Malgré les sommes énormes (proprotionnellement) consacrées à l?éducation, seulement 38 % des enfants guinéens sont scolarisés et, parmi ces derniers, un tiers au moins ne termine pas le cycle du primaire. On constate aussi d?énormes disparités entre les garçons et les filles, car celles-ci sont scolarisées dans une proportion de 18 %, notamment dans les zones rurales. De façon générale, les cours sont dispensés dans des conditions pédagogiques difficiles. Les classes comptent généralement de 60 à 90 élèves pour un maître qui n?est pas toujours motivé, sans compter que le statut de l?enseignant, avec un salaire peu élevé, est perçu come peu valorisant dans la société guinéenne.
4.3 Les médias
Les médias guinéens diffusent en français et dans plusieurs langues nationales. Les langues nationales sont privilégiées dans les stations locales désignées comme des «radios rurales». Dans chacune des quatres régions naturelles (Guinée maritime, Fouta-Djalon, Haute-Guinée et Guinée forestière), il existe une station de radiodiffusion qui a une grille de production et de programmes, autonome et locale. Toutes les langues recensées dans chacune des localités sont présentes à l?antenne de la radio. En Guinée, c?est la seule façon de rejoindre tous les citoyens, quelle que soit leur langue. Dans cette pespective, le français constitue «une langue parmi les autres». Tous les médias électroniques appartiennent à l'État, car il n?existe pas de radio ou de télé privée en Guinée. Mais une loi serait prévue pour autoriser les médias électroniques privés en Guinée. Les radios étrangères sont facilement captées, celles provenant du Liberia et de la Sierre Leone sont en anglais, celles de la Guinée-Bissau sont diffusées en portugais, les autres sont toutes en français.
Dans le domaine de la télévision, l?État ne peut encore couvrir tout le territoire national. La télévision est en Guinée un média beaucoup plus coûteux et donc inaccessible pour la plupart des Guinéens. Seules quelques-unes (peul, malinké, soussou, etc.) sont employées sur une base régulière à la télévision nationale (la RTG).
La plupart des médias écrits n?emploient que le français. Les Guinéens peuvent se procurer des journaux étrangers en anglais, en espagnol et en portugais.
Avec la révolution culturelle, les fonctionnaires du gouvernement devaient répondre au téléphone en disant d?abord: «Allô! Prêts pour la révolution!» Au cours de l'année 1960, Sékou Touré ordonna une destruction massive de livres, journaux, documents administratifs, juridiques, archives, etc., dans tous les services publics. Les archives furent pillées et vidées, et tous les autres documents furent brûlés sous le contrôle d'un agent de la sécurité. Par la suite, l'importation de livres et de journaux étrangers fut interdite pour les particuliers. L?une des émissions les plus écoutées à l?époque par les Guinéens, la Revue de presse, fut supprimée pour être remplacée par la Causerie du président où il était le seul à parler. Dans les campagnes, les radios rurales durent adopter une «approche personnelle» en langues nationales pour communiquer avec la population. Comme on pouvait bien s?y attendre, la révolution passait aussi par la langue... et par l?école.
- La réforme scolaire
En 1958 déjà, le gouvernement avait pris la décision d'«adapter les structures de l'éducation aux nouvelles réalités nationales» dans le but d'instaurer un «enseignement démocratique et populaire». La réforme ambitionnait de «scolariser tous les enfants du pays à partir de l'année scolaire 1964-1965». Toutefois, c?est à partir de 1968 que Sékou Touré appliqua sa politique linguistique d?africanisation et entreprit de réformer l?éducation dans les écoles primaires.
La Commission nationale d'alphabétisation fut créée. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l?enseignement destiné à assurer les liens entre «l?école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d?enseignement. À l?époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l?Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu?une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D?une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu?elles n?avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu?à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu?en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l?école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s?était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l?exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d?assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d?obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d?Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu?en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s?engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d?une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd?hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l?a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L?ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s?agit des alinéas 4 et 5 de l?article 1:
La politique linguistique de la Guinée-Conakry en est une de pragmatisme. Elle réside dans l?unilinguisme français pour l?appareil de l?État, incluant l?école, mais se transforme en un multilinguisme pragmatique ? ce qu?on peut appeler un «multilinguisme de stratégie», pour tout ce qui relève des services à la population: administration orale, tribunaux, médias électroniques, etc.
Après avoir été un «précurseur» dans l?utilisation des langues nationales africaines du temps de Sékou Touré, l?État guinéen est revenu à une forme de politique moins dogmatique où l?improvisation idéologique a laissé la place à un certain réalisme. On peut croire que la politique actuelle constitue néanmoins une formule de transition. Il est probable que l?État s?en ira vers une utilisation accrue des langues nationales sans abandonner l?usage officiel du français, l?un des facteurs essentiels du développement économique.
Guinea, mijn land dat ik nochtans wil!
Automatically translated into Dutch thanks to WorldLingo
De hoofdstad: Conakry
Bevolking: 7,9 miljoen
officiële Taal: het Frans (van zweert)
de Meerderheidsgroep: geen enkele
Minderheidsgroepen: een dertigtal talen splitsten waarvan peul of poular (32%), maninka (23%), het in boekdelen soussou (10%), het guerzé (3,8%), kissi (3,5%), het (1,8%), dialonké het (1,8%), enz
De koloniale taal: de het Frans
politiek Systeem: pluralistische volksrepubliek
constitutionele Artikelen (de taal): kunst. 1 van de Grondwet van 1990
taalkundige Wetten: zonder onderwerp
1 geografische Situatie
L? Afrika telt drie Guinées, met iedereen een verschillende officiële taal: het Frans, Portugees en Spaans. Men onderscheidt immers:
1) Guinea (245 857 km ²) eigenlijk genoemd eveneens Guinea-Conakry (Franstalige);
2) Guinee-Bissau (36 125 km ²) gezegd „Portugees Guinea“ (Portugees sprekend);
3) equatoriaal Guinea (28 051 km ²) of „Spaans Guinea“ (Spaanstalig) of „Spaans Guinea“ (Spaanstalig).
De officiële taal van elk van deze landen volgt uit de geschiedenis van de Europese kolonisatie (Frankrijk, Portugal en Spanje).
Guinea-Conakry, genoemd officieel republiek van Guinea, is een land van Afrika van het Westen dat door de Atlantische oceaan wordt beperkt, die tot het Noord-Westen door Guinee-Bissau (Portugees sprekend), aan het noorden door Senegal (Franstalige), aan het oosten door Mali (Franstalige) wordt beperkt, het zuidoosten door Ivoorkust (Franstalige) en het zuiden door Liberia (Engelstalige) en Sierra Leone (Engelstalige).
C? is een land van 245.857 km ², is l? gelijkstaand van 50% bij benadering van de oppervlakte van Frankrijk. Guinea-Conakry omvat eveneens de eilanden van Los voor kust van Conakry, de hoofdstad. Meer dan 1,5 wonen het miljoen Guineanen Conakry die eveneens een belangrijke havenstad is.
Guinea-Conakry wordt in vier grote gebieden (zie de uitvoerige kaart) verdeeld: d? is in westen, men vindt Guinea of Laag-Guinea zee (in rand van l? De Atlantische Oceaan), hetGemiddelde-Guinea of Fouta-Djalon (ten zuiden van Senegal: hoge bladen aan de talrijke koersen d? water benoemd als „het kasteel d? water“ van l? Afrika), Hoog-Guinea (een enorme savanne die een overgangsgebied met Mali vormt) en BosGuinea (gebied van bergen die van bossen aan l worden bedekt? Zuidoost einde, dichtbij Liberia).
2 démolinguistiques Gegevens
wordt ongeveer acht miljoen Guineanen in dichtbij d verdeeld? een dertigtal d? etnieën die elk hun taal spreken. Aangezien de laatste officiële telling die op de etnische groepen is gebaseerd, tot 1955 teruggaat, is voor l? onafhankelijkheid (1958), is hij moeilijk van s? op deze statistieken steunen. Op de gegevensbestanden deze, zou men kunnen verzekeren dat Peuls (of Poulars) de belangrijkste etnische groep numériquement (40% in 1955) vormden, gevolgd door Maninkas (gekend onder de naam van Malinkés: 35% in 1955), een Soussos (15% in 1955) in boekdelen, vervolgens een Guerzés, splitste een Kissiens, het, een Landoumas, een Bagas, enz
In Guinea-Conakry, l? het lidmaatschap van een etnie openbaart zich d? net zoveel ingewikkelder qu? er bestaat van talrijke „hergroeperingen“ (geluidsmengingen) waarvan moet houden men rekening. Immers onderscheidt men „de gelijkgestelden“ (bijvoorbeeld Bagas en Landoumans ten opzichte van Soussous), „verwant“ (bijvoorbeeld Toucouleurs en Peuls) en de subgroepen (bijvoorbeeld Kourankos, Leles, enz, ten opzichte van Malinkés). Men komt ervan dan aan aan verschillende verhoudingen. Vormend van 30% tot 35% van de bevolking, Malinkés (Maninkas) en „de gelijkgestelden“ zouden de belangrijkste groep ze vormen; zij zouden van nabij door Peuls en Toucouleurs met 30% gevolgd worden; vervolgens Soussous en „geassimileerd“, vervolgens „de boswachters“ (degenen die in BosGuinea leven) zouden komen, met 18%. Wat de andere kleine etnieën betreft, zouden zij slechts 2% tot 3% van de bevolking vertegenwoordigen. Wat qu? hij, Peuls, Malinkés erover en Soussous vormen in hun eentje de drie kwarten van de bevolking.
De drie voornaamste etnische groepen worden in de vier grote geografische gebieden van Guinea verdeeld. ZeeGuinea beschermt bijna 75% van Soussos, maar men vindt er eveneens bijna erg de etnieën van het land groot, door de aanwezigheid van de hoofdstad, Conakry, die de Guineanen aantrekt. In het gebied van Fouta-Djallon of Gemiddeld Guinea, vindt men 80% van Peuls en 14% van Malinkés; deze laatsten zijn talrijker in Hoog Guinea (45% d? tussen hen). Wat BosGuinea betreft, beschermt zij vooral een Malinkés (35% d? tussen hen), maar ook van de kleine etnieën zoals Kissiens, splitste ze in boekdelen, ze Guerzés, enz
De Guineanen gebruiken voornamelijk nigéro-Kongolese talen, zoals poular (32%) die door Peuls heeft gesproken, maninka (24%) die door Malinkés, soussou het (10%), guerzé het (3,8%), kissi (3,5%) heeft gesproken, het (1,8%) in boekdelen, dialonké splitste het (1,8%), enz
De het Frans is de officiële taal van het land, maar alleen maar van 15% tot 25% van de Guineanen oefenen het uit; in de verre campagne, blijft deze taal tamelijk onbekend. De het Frans dient als voertaal tussen de etnieën, maar eveneens poular, soussou malinké het en soms. Wat de Arabische taal betreft, wordt deze taal slechts door de adepten van de Koran gebruikt. Uit religieus standpunt, zijn de moslims duidelijk het talrijkst in Guinea, met bijna 85% d? adepten in de bevolking. Men telt 5% van Guineanen adepten van de animistes traditionele godsdiensten en 4% van christenen (waarvan 3% van katholieken en 1% van évangéliques protestanten).
3 historische Gegevens
bevolkten Nalous en Bagas het gebied vanaf VIIIe eeuw, en aan XIe eeuw door Jalonkés van mandée oorsprong teruggekeerd naar. Zij werden door Peuls en Mandingues gevolgd, die tussen XVIe en de XVIIIe eeuw aankwamen, door de islam te brengen. Aan XIIe eeuw, maakte het gebied deel l uit? imperium van Ghana en die van Mali. laatstgenoemde kende zijn hoogtepunt aan XIVe eeuw; hij strekte zich van het noorden en het oosten van Guinea in Tomboektoe (Mali) uit, alvorens aan de volgende eeuw af te takelen.
3.1 L? komst van de Europeanen
krachtens het verdrag van Tordesillas (1494) dat de territoriale grenzen tussen Spanje en Portugal schetste, had de bladzijde Alexandre VI Borgia (1431-1503) de Spanjaarden en de Portugezen verplicht om zich op de verdeling van de wereld te horen: alles zou wat ten westen van méridien zou ontdekt worden behoren tot l? Spanje en aan het oosten (Brazilië en Afrika), in Portugal (zie de kaart van het verdrag). In werkelijkheid l? De katholieke kerk had aan beide péninsulaires machten, niet van de zones van kolonisatie, maar van de zones van evangelisatie toegekend, maar dit onderscheid verzette zich niet lang tegen de trek impérialistes. Krachtens het verdrag van Tordesillas, moest Afrika tot de enige Portugezen behoren, aangezien de Spanjaarden er werden verwijderd. De andere landen van Europa, zoals Frankrijk, Groot-Brittanië en Nederland, waren onbekwaam om zich tegen het verdrag van Tordesillas tot het eind van XVIe eeuw te verzetten.
De Portugezen waren de eerste Europeanen, aan XVe eeuw, om langs de kusten van Guinea te varen en om in contact met de bevolkingen in te gaan die zich er bevonden. Zij plaatsten toonbanken en oefenden de handel in de specerijen uit, van l? olie van palm, het goud, van het ivoor en… de handel in de slaven. De plaatsnaamkunde behoudt nog hun merk (Rio Nuñez, Rio Pongo, Kaap Verga, enz) en verschillende families hebben van hun namen geërfte (Fernandez, Gomez, enz). Maar de Portugezen gingen zeer vroeg in concurrentie met de Britten en de Fransen in. Zij waren snel omgrenst in wat aujourd is geworden? vandaag Guinee-Bissau. De Britten begonnen zich zonder te veel moeilijkheden van Sierra Leone tevredenstellen. Vervolgens in een veertigtal d? jaren, l? Franse impérialisme verving zijn rivalen in de regio door zijn zone uit te breiden vanaf daar zeekust in de richting van Fouta-Djallon en van Hoog-Guinea. Autochtoon kende d niet? omtrek l? schrift dat door het Arabische alfabet: een overschrijven van de taal peule in Arabische karakters bleek trouwens in de loop van de XVIIIe eeuw, maar deze komst in de wereld van het schrift werd serieus door de invasie van de koloniale krachten vertraagd.
De Fransman Gaspard-Théodore Mollien ontdekte hetGemiddelde-Guinea (Fouta-Djalon) en de stad Timbo in 1818; van hun kant, bereikten de Engelsman Gordon Laing (1826) en de Fransman René Caillié (1828) Tomboektoe in Mali. In 1840, ondertekende Bouet-Willaumez de Franse admiraal (1808-1871), toekomstige gouverneur van Senegal, de eerste verdragen met plaatselijke hoofden van Guinea. In 1880, legde de Fransman Olijfboom van Sanderval de grondslag voor de Europese kolonisatie in de regio. In de jaren 1880, almamy (souverein) d? malinkée oorsprong, nam Samory Touré, uitgerust met moderne wapens, de controle van het binnenste van het land. In 1884-1885, vervolg aan een overeenkomst tussen de koloniale machten van l? het tijdperk (Frankrijk, Groot-Brittanië, Duitsland en Portugal), de bespreking van Berlijn erkenden „de rechten“ van Frankrijk op het gebied.
3.2 de Franse kolonisatie
werd het gebied van Guinea een Franse kolonie in 1893 en in Frans westers Afrika (AOF) in 1893 geïntegreerdg. Maar almamy Samory Touré leidde een oorlog die tegen de Franse bezigheid wordt georganiseerd, op de kust en in het bergmassief van het Zuidoosten, totdat hij in 1898 werd overwonnen. Gedaan gevangen in 1898, werd hij in Gabon deporteerd waar hij in 1900 stierf. Hij was een van de laatste helden van de précoloniale geschiedenis van het land. De weerstanden tegen l? de Franse bezigheid zetten voort en hielden qu niet op? in 1912 bij „pacification“ van deze zone die in militair gebied sinds 1899 wordt opgericht. Tenslotte vergemakkelijkte de versnippering in veelvoudige mededingende chefferies de Franse invloed op het land. Maar de Franse militaire excessen veroorzaakten in 1911 een opstand van Guerzé en Manons, die met een zeer grote bruutheid werd voorkomen.
Frankrijk legde een systeem van identiek koloniaal bestuur op aan die die in het andere Afrikaanse grondgebied van zijn koloniaal imperium is toegepast. De het Frans werd de taal van l? Bestuur. Het merendeel van de officiële documenten werd praktisch nooit van de belanghebbenden, behalve lorsqu gekend? zij werden af en toe in „een plaatselijk dialect“ vertaald. Bijna 95% van Guinées bezocht l niet? de school en waren onkundig van bijgevolg het Frans. Nochtans werd de het Frans zeer bij l verbreid? Guineaanse elite die n? aarzelde niet desnoods om de coraniques studies van hun kinderen in te korten om hun hun koersen aan l te laten volgen? Franse school.
De valorisatie van het land bleef het feit van de Fransen, want autochtoon leverde slechts de hand-d? spant zich goedkoop, met name in l in? winning van het bauxiet. De Franse vennootschappen monopoliseerden de culturen van uitvoer en vermenigvuldigden ze. Natuurlijk richtte de exploitatie zich van de natuurlijke hulpbronnen naar de behoeften van de Metropool, hetgeen zeer vroeg een zeer verpolitiekte vakbeweging, vooral in de industriële en haven centra veroorzaakte, die in bewegingen contestanten veranderde. Gedurende beide wereldoorlogen, deed de Metropool in ruime mate op de Guineaanse soldaten een beroep: 36.000 in 1914-1918 en bijna 18.000 werden in 1939-1945 gemobiliseerd.
Frans Guinea werd door de Franse Grondwet van 7 oktober 1946 „een overzees gebied“. Aan het einde van l? het Franse koloniale imperium, het percentage schoolgaande kinderen van „de inlanders“ bleven lager dan 12%. Deze situatie verborg eveneens een belangrijke ongelijkheid tussen de geslachten (bijvoorbeeld, minder dan 10.000 meisjes op 45.000 geschoolde kinderen), de stads- en plattelands milieu's (gezegd „van wildernis“), de verschillende sociale (ambtenaren, handwerkslieden, arbeiders en behandelingen, boeren) en religieuze groepen (bijvoorbeeld, coraniques scholen en de katholieke particuliere scholen), zonder over de geografische gebieden te spreken. Het hoger onderwijs bleef onbestaande. Vervolgens onvermijdelijk, ontwikkelde een anticoloniale politiek bewustzijn zich om met kracht na de Tweede Wereldoorlog te blijken.
3.3 naar l? de onafhankelijkheid
in 1952, Ahmed Sékou Touré, arrière-petit-fils van Samory Touré, voerde politieke activiteiten teneinde d uit? meer Afrikaanse vertegenwoordigers in de plaatselijke regering verkrijgen. Hij baseerde de Democratische Partij van Guinee waarvan hij een sterk gestructureerde volksorganisatie deed. Bij het referendum van 28 september 1958, was Guinea het enige land van heel Franstalig Afrika om het voorstel van de generaal van Gaulle betreffende de integratie van de kolonies van Frans westers Afrika aan het midden d te verwerpen? een eventuele Franse Gemeenschap. Sékou Touré, die werd overtuigd dat Frankrijk duurzaam zou kunnen ostraciser geen Guinea zo rijk aan mijnproducten, vroeg aan zijn bevolking om NIET aan het project inzake integratie aan de Franse Gemeenschap te stemmen. In zijn redevoering aan de generaal van Gaulle aan Conakry, op 25 augustus 1958, verklaarde Sékou Touré, dan Vice-Voorzitter van de Raad van regering:
Ontevreden over de Guineaanse beslissing na zijn negatieve stemming bij het referendum van 28 september (1958) over de Gemeenschap, schortte Frankrijk onmiddellijk zijn hulp (in tegenstelling tot dat wat Sékou Touré geloofde) op. In een maand leeft het Guineaanse bestuur zich particulier van alle technici en Franse ambtenaren, met inbegrip van de artsen, de verpleegsters, de leraren, de verantwoordelijken voor de luchtveiligheid, enz Terwijl president Habib Bourguiba van Tunesië, Hamani Diori van Niger en Leopold Sédar Senghor van Senegal zich onder de hardnekkigste advocaten van Francophonie telden, zette Sekou Touré, hem, d voort? voor zijn land l eisen? de directe en totale onafhankelijkheid, en kondigde hoog en zeer af dat Francophonie „een nieuwe vorm van koloniale heerschappij“ vormde. Parijs zal d proberen? l verhinderen? toelating van de nieuwe Staat tot de Verenigde Naties.
3.4 de autoritaire regeling van Sékou Touré
bereikte Guinea de onafhankelijkheid op 2 oktober 1958. Wat Sékou Touré betreft, werd hij een held door geboorte te geven aan de onverzettelijke mythe van „de nationalist“, terwijl Guinea het symbool van „de teruggevonden Afrikaanse waardigheid“ bleef. Zeer volks in zijn land en in elk l? Afrika, Sékou Touré waren, als eerste president van Guinea, de grote „opperste verantwoordelijke“ voor het land.
Hij legde meteen een beleid van „panafricanisme“ ten uitvoer dat „de volledige dekolonisatie van alle structuren van het land“ impliceert, teneinde d? „een socialistische vennootschap instellen“.
- De culturele revolutie
met Sékou Touré, Guinea droegen voortaan de naam van revolutionaire VolksRepubliek van Guinea. L? een van alle eersten „wetgevende beslissingen dat“ na de onafhankelijkheid is goedgekeurd, kan ons een idee van het autoritaire karakter van de nieuwe regeling geven bestaand. Ziehier de tekst van l? de beschikking van 2 oktober 1958 eenvoudigweg om de vlucht in het land te verhinderen:
Met de culturele revolutie, moesten de regeringsambtenaren op de telefoon antwoorden door d te zeggen? de omtrek: „Allô! Leningen voor de revolutie!“ In de loop van 1960, beval Sékou Touré een massieve vernieling van boeken, kranten, administratieve, juridische documenten, archieven, enz, in alle openbare diensten. De archieven werden geplunderd en geleegd, en alle andere documenten werden onder de controle van een agent van de veiligheid gebrand. Vervolgens was de invoer van boeken en buitenlandse kranten verboden voor de particulieren. L? een van de uitzendingen die aan l worden geluisterd naar? het tijdperk door de Guineanen, het Persoverzicht, werd afgeschaft om door Causerie van de voorzitter vervangen te worden waar het de enige die spreekt was. In de campagne, duren de plattelandsradio's „een persoonlijke benadering“ in nationale talen goedkeuren om met de bevolking mee te delen. Aangezien men goed s kon? er wachten, ging de revolutie eveneens via de taal… en per l? school.
- De schoolhervorming
in 1958 reeds, had de regering de beslissing genomen om „de structuren van de opvoeding aan te passen aan de nieuwe nationale werkelijkheid“ om „een democratisch en volks onderwijs in te stellen“. De hervorming streefde na om „alle kinderen van het land te scholen vanaf het schooljaar 1964-1965“. Evenwel c? is vanaf 1968 dat Sékou Touré zijn taalkundig beleid d toepaste? africanisation en ondernam om l te hervormen? opvoeding in de primaire scholen.
De nationale Commissie van alfabetisering werd gecreëerd. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l?enseignement destiné à assurer les liens entre «l?école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d?enseignement. À l?époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l?Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu?une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D?une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu?elles n?avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu?à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu?en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l?école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s?était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l?exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d?assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d?obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d?Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu?en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s?engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d?une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd?hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l?a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L?ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s?agit des alinéas 4 et 5 de l?article 1:
Par cette disposition, l?État guinéen se réapproprie officiellement l?usage du français qui n?avait jamais été abandonné sous l?ancien régime. L?État veut également continuer d?assurer la promotion des cultures et des langues du peuple de Guinée.
4.1 La langue de l?État
Toute la politique linguistique écrite de la Guinée tient essentiellement à l'article 1 de la Constitution, qui fait du français la langue officielle et assure aux langues nationales une certaine place. Cette clause constitutionnelle signifie que le français reste la langue de la présidence de la République, de l'Assemblée nationale, de l'Administration publique, des cours de justice, des forces armées et policières, de l'enseignement à tous les niveaux, de l'affichage, des médias, etc. Cependant, des accommodements sont prévues dans les cours de justice, les services publics et les médias. Dans ces domaines, les langues nationales les plus importantes, généralement le peul (ou poular), le malinké (ou maninka) et le soussou ? parfois le kissi, le kpellé et le toma ?, sont utilisées concurremment avec le français. On peut parler d?un véritable bilinguisme au sein de l?appareil de l?État, du moins pour l?oral. À l?écrit, seul le français conserve ses prérogatives.
4.2 L?éducation
Bien que l?enseignement soit gratuit, la scolarisation de la population guinéenne demeure encore faible. En effet, au début des années quatre-vingt-dix, on comptait quelque 76 % d'analphabètes dans le pays. Seulement 30 % des enfants en âge scolaire fréquentaient l?école primaire. Environ 10 % des jeunes pourraient aller à l?école secondaire, contre 2 % dans l?enseignement supérieur. Le gouvernement a entrepris des campagnes de sensibilisation à la radio et à la télévision, mais les résultats sont lents bien qu?encourageants. De façon générale, les filles fréquente beaucoup moins l?école que les garçons.
La Guinée dispose d?un bon réseau d?écoles à tous les niveaux. Les enfants des villes peuvent fréquenter des écoles maternelles, des écoles primaires et secondaires, ainsi que établissements d?enseignement supérieur. Après la régime de Sékou Touré, le français est redevenu la langue d?enseignement à tous les niveaux, les langues nationales ayant par le fait même reculé. Sauf dans les écoles maternelles ou jardins d?enfants (et encore!), le français a repris sa place d?antan. Les langues nationales (peul, malinké, soussou, kissi, kpelle, toma), quand on les enseigne au primaire, sont devenues des matières d?enseignement, non plus des langues d?enseignement. De plus, les écoles coraniques et les établissements franco-arabes continuent d?enseigner l?arabe, surtout dans les matières religieuses, littéraires et sociales.
Les écoles de la Guinée sont plutôt pauvres et elles manquent cruellement de manuels scolaires. À titre d?exemple, le ratio livre-élèves est en général de dix pour les manuels en sciences, de sept pour les mathématiques et de quatre pour le français.
Dans les écoles secondaires et les établissements supérieurs (Université de Conakry, Université de Kankan, Institut supérieur de mine et géologie de Boké, Institut supérieur agronomique et vétérinaire de Faranah, Institut supérieur de sciences de l?éducation de Guinée), seul le français sert de langue d?enseignement. Il existe aussi de nombreuses écoles normales destinées à assurer une formation initiale aux enseignants du primaire et du secondaire.
En ce qui concerne les langues étrangères, la Guinée a privilégié deux langues: l?anglais et l?espagnol. La première langue étrangère enseignée est l?anglais. L?élève a, au secondaire, le choix entre l?espagnol et l?allemand; la plupart préfèrent l?espagnol.
Il existe de nombreuses écoles privées en Guinée. Les programmes des établissements privés du primaire et du secondaire sont exactement les mêmes que ceux du public. Les élèves subissent les mêmes examens que ceux du public. Généralement, l?enseignement dispensé dans ces établissements favorisent l?apprentissage et la pratique du français et de l?anglais afin d'amener les élèves à un bilinguisme le plus fonctionnel possible.
L'euphorie étant passée en ce qui a trait aux langues nationales, le gouvernement guinéen garde néanmoins la conviction que celles-ci doivent encore jouer un grand rôle dans la promotion de la culture nationale. On réfléchit présentement aux moyens de redynamiser ces langues. L'Académie des langues est devenue l?Institut de recherche linguistique appliquée. L'Institut pédagogique national est devenu l?Institut national de recherche et d'action pédagogique. Un Centre d'études linguistiques a été mis en place à la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Conakry.
Pour terminer, signalons que le système d?éducation de la Guinée est aux prises avec de graves problèmes d?inefficacité. Malgré les sommes énormes (proprotionnellement) consacrées à l?éducation, seulement 38 % des enfants guinéens sont scolarisés et, parmi ces derniers, un tiers au moins ne termine pas le cycle du primaire. On constate aussi d?énormes disparités entre les garçons et les filles, car celles-ci sont scolarisées dans une proportion de 18 %, notamment dans les zones rurales. De façon générale, les cours sont dispensés dans des conditions pédagogiques difficiles. Les classes comptent généralement de 60 à 90 élèves pour un maître qui n?est pas toujours motivé, sans compter que le statut de l?enseignant, avec un salaire peu élevé, est perçu come peu valorisant dans la société guinéenne.
4.3 Les médias
Les médias guinéens diffusent en français et dans plusieurs langues nationales. Les langues nationales sont privilégiées dans les stations locales désignées comme des «radios rurales». Dans chacune des quatres régions naturelles (Guinée maritime, Fouta-Djalon, Haute-Guinée et Guinée forestière), il existe une station de radiodiffusion qui a une grille de production et de programmes, autonome et locale. Toutes les langues recensées dans chacune des localités sont présentes à l?antenne de la radio. En Guinée, c?est la seule façon de rejoindre tous les citoyens, quelle que soit leur langue. Dans cette pespective, le français constitue «une langue parmi les autres». Tous les médias électroniques appartiennent à l'État, car il n?existe pas de radio ou de télé privée en Guinée. Mais une loi serait prévue pour autoriser les médias électroniques privés en Guinée. Les radios étrangères sont facilement captées, celles provenant du Liberia et de la Sierre Leone sont en anglais, celles de la Guinée-Bissau sont diffusées en portugais, les autres sont toutes en français.
Dans le domaine de la télévision, l?État ne peut encore couvrir tout le territoire national. La télévision est en Guinée un média beaucoup plus coûteux et donc inaccessible pour la plupart des Guinéens. Seules quelques-unes (peul, malinké, soussou, etc.) sont employées sur une base régulière à la télévision nationale (la RTG).
La plupart des médias écrits n?emploient que le français. Les Guinéens peuvent se procurer des journaux étrangers en anglais, en espagnol et en portugais.
Avec la révolution culturelle, les fonctionnaires du gouvernement devaient répondre au téléphone en disant d?abord: «Allô! Prêts pour la révolution!» Au cours de l'année 1960, Sékou Touré ordonna une destruction massive de livres, journaux, documents administratifs, juridiques, archives, etc., dans tous les services publics. Les archives furent pillées et vidées, et tous les autres documents furent brûlés sous le contrôle d'un agent de la sécurité. Par la suite, l'importation de livres et de journaux étrangers fut interdite pour les particuliers. L?une des émissions les plus écoutées à l?époque par les Guinéens, la Revue de presse, fut supprimée pour être remplacée par la Causerie du président où il était le seul à parler. Dans les campagnes, les radios rurales durent adopter une «approche personnelle» en langues nationales pour communiquer avec la population. Comme on pouvait bien s?y attendre, la révolution passait aussi par la langue... et par l?école.
- La réforme scolaire
En 1958 déjà, le gouvernement avait pris la décision d'«adapter les structures de l'éducation aux nouvelles réalités nationales» dans le but d'instaurer un «enseignement démocratique et populaire». La réforme ambitionnait de «scolariser tous les enfants du pays à partir de l'année scolaire 1964-1965». Toutefois, c?est à partir de 1968 que Sékou Touré appliqua sa politique linguistique d?africanisation et entreprit de réformer l?éducation dans les écoles primaires.
La Commission nationale d'alphabétisation fut créée. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l?enseignement destiné à assurer les liens entre «l?école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d?enseignement. À l?époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l?Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu?une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D?une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu?elles n?avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu?à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu?en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l?école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s?était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l?exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d?assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d?obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d?Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu?en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s?engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d?une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd?hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l?a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L?ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s?agit des alinéas 4 et 5 de l?article 1:
La politique linguistique de la Guinée-Conakry en est une de pragmatisme. Elle réside dans l?unilinguisme français pour l?appareil de l?État, incluant l?école, mais se transforme en un multilinguisme pragmatique ? ce qu?on peut appeler un «multilinguisme de stratégie», pour tout ce qui relève des services à la population: administration orale, tribunaux, médias électroniques, etc.
Après avoir été un «précurseur» dans l?utilisation des langues nationales africaines du temps de Sékou Touré, l?État guinéen est revenu à une forme de politique moins dogmatique où l?improvisation idéologique a laissé la place à un certain réalisme. On peut croire que la politique actuelle constitue néanmoins une formule de transition. Il est probable que l?État s?en ira vers une utilisation accrue des langues nationales sans abandonner l?usage officiel du français, l?un des facteurs essentiels du développement économique.
جنيه, بلدي أيّ أنا مهما مثل!
Automatically translated into Arabic thanks to WorldLingo
رأس مال: كوناكري
السّكان: 7,9 [أفّيسل لنغج] مليون: يقسم فرنسيّة (من)
أغلبية مجموعة: ما من
أقلية مجموعة: حوالي ثلاثون لغات [أف وهيش] ال [بيول] أو [بوولر] (32%), ال [منينكا] (23%), ال [سوسّوو] (10%), [غرز] (3,8%), ال [كيسّي] (3,5%), يقسم داخل حجوم هو (1,8%), [ديلونك] (1,8%), [إتك]
لغة مستعمرة: نظامة سياسيّة
فرنسيّة: [بلورليست] جمهورية
شعبيّة مواد دستوريّة (لغة): فن. 1 من الدستور من 1990
قانون لغويّة: دون جغرافيّة
شيء 1 حالة
[ل]? إفريقيا يعدّ ثلاثة جنيهات, مع [إش ون] [أفّيسل لنغج] مختلفة: الفرنسيّون, برتغالية والإسبان. واحدة يميّز حقّا:
1) دعا جنيه (245 857 [كم] ²) بنفسي أيضا [غين-كنكري] ([فرنش-سبكينغ]);
2) [غين-بيسّو] (36 125 [كم] ²) يعرف بما أنّ "جنيه برتغالية" ([بورتثغس-سبكينغ]);
3) [إقوتوريل غينا] (28 051 [كم] ²) أو "جنيه إسبانيّة" (الناطق بالإسبانيّة) أو "جنيه إسبانيّة" (الناطق بالإسبانيّة).
ينتج ال [أفّيسل لنغج] من [إش ون] من هذا بلد من التاريخ من استعمار أوروبيّة (فرنسا, برتغال وإسبانيا).
[غين-كنكري], رسميّا يدعى [ربوبليك] من جنيه, بلاد من إفريقيا غربيّة يحدّ ب [أتلنتيك وسن], يحدّ إلى ال [نورث-وست] ب [غين-بيسّو] ([بورتثغس-سبكينغ]), إلى شمال بسنغال ([فرنش-سبكينغ]), إلى الشرق بمالي ([فرنش-سبكينغ]), إلى [سوث-ست] بساحل العاج ([فرنش-سبكينغ]) وإلى الجنوب بليبيريا (الناطق بالإنجليزيّة) و [سرّا ليون] ([أنغلوفون]).
[ك]? يكون بلد من 245.857 [كم] ², [ثت يس تو سي] [ل]? يكون معادلة من 50% تقريبا من السطح فرنسا. يتضمّن [غين-كنكري] أيضا/يفهم الجزائر [لوس] إلى واسعة من كوناكري, الرأس مال. أكثر من 1,5 مليون [غينن] كوناكري حيّة أيّ يكون أيضا مهمّة مينة مدينة.
رأيت [غين-كنكري] قسمت داخل أربعة مناطق عظيمة (المخططة مفصّلة): [د]? يجد في الغرب, واحدة جنيه بحريّة أو [لوو-غينا] (في حافة ال [ل]? [أتلنتيك]), [أفرج-غينا] أو [فووت-دجلون] (في الجنوب سنغال: نجاد عال مع ال كثير مسالك [د]? ماء يشار مثل ال "قصر [د]? ماء" من [ل]? إفريقيا), [هيغ-غينا] (سافنا ضخمة يشكّل منطقة الإنتقال مع مالي) وغابة جنيه (منطقة من يغطّى أجبال الغابات مع [ل]? نهاية جنوبيّ شرقيّ, [كلوس تو] ليبيريا).
يكون 2 معطيات
[دمولينغيستيك] ال بعض ثمانية مليون [غينن] يقسم داخل [د] قريبة? حوالي ثلاثون [د]? [إثنوس] مجموعة يتكلّم [إش ون] لغتهم. بما أنّ المتأخّرة رسميّة [سنسوس بسد] على المجموعة عرقيّة يذهب [بك تو] 1955, [ثت يس تو سي] قبل [ل]? يكون استقلال (1958), هو يصعب من [س]? أن يساند على هذا إحصائيّة. [أن ث بسس وف] هذا معطيات, واحدة استطاع أكّدت أنّ ثبت [بيولس] (أو [بوولرس]) فوق المجموعة عرقيّة عدديّا أكثر مهمّة (40% في 1955), يتبع ب [منينكس] (يعرف [أوندر ث نم وف] [ملينكس]: قسم 35% في 1955), من [سوسّوس] (15% في 1955), بعد ذلك من [غرزس], [كيسّينس], داخل حجوم, [لندوومس], [بغس], [إتك]
في [غين-كنكري], [ل]? عضوية من [إثنوس] مجموعة يظهر [د]? مثل كثير أكثر [قو] معقّدة? هناك كثير "[رغرووبينغ]" ([ميإكسينغس]) [أف وهيش] حساب سوفت كنت أمسكت. حقّا, يميّز واحدة ال "معادلات" (مثلا [بغس] و [لندوومنس] يقارن إلى [سوسّووس]), ال "ارتبط أحد" (مثلا [تووكوليورس] و [بيولس]) و [سوب-غرووبس] (مثلا [كوورنكوس], [للس], [إتك], يقارن إلى [ملينكس]). واحدة يصل بعد ذلك في نسب مختلفة. ثبت [فورمنت] من 30% إلى 35% من الالسّكان, [ملينكس] ([منينكس]) وال "معادلات" فوق المجموعة مهمّة أكثر; هم كنت تبعت بدقّة ب [بيولس] و [تووكوليورس] مع 30%; تمثّل أتى بعد ذلك [سوسّووس] و"", بعد ذلك "حراجيات" (أنّ أيّ يعيش في غابة جنيه), مع 18%. بما أنّ للأخرى صغيرة [إثنوس] مجموعة, علّل هم فقط 2% [تو] 3% من الالسّكان. ما [قو]? هو, [بيولس], [ملينكس] ويمثّل [سوسّووس] فحسب ال [ثر قورترس] من الالسّكان.
وزّعت الثلاثة مجموعة رئيسيّة عرقيّة في الأربعة مناطق عظيمة جغرافيّة جنيه. يأوي جنيه بحريّة تقريبا 75% من [سوسّوس], غير أنّ واحدة يجد هناك أيضا تقريبا جميعا كبيرة ال [إثنوس] مجموعة من البلد, بسبب الوجود من الرأس مال, كوناكري, أيّ يجذب [غينن]. في المنطقة من [فووت-دجلّون] أو جنيه معدّلة, يجد واحدة 80% من [بيولس] و14% من [ملينكس]; يكون المتأخّرة أكثر يتعدّد في جنيه عال (45% [د]? بين هم). يتمّ بما أنّ لغابة جنيه, هو مأوى خصوصا من [ملينكس] (35% [د]? بين هم), غير أنّ أيضا من الصغيرة [إثنوس] مجموعة مثل [كيسّينس], يقسم داخل حجوم هم, [غرزس], [إتك]
[غينن] إستعمال أوّلا لغات [نيغرو-كنغلس], مثل ال [بوولر] (32%) تكلّم ب [بيولس], ال [منينكا] (24%) تكلّم ب [ملينكس], ال [سوسّوو] (10%), [غرز] (3,8%), ال [كيسّي] (3,5%), يقسم داخل حجوم هو (1,8%), [ديلونك] (1,8%), [إتك]
تدرّبت الفرنسيّون ال [أفّيسل لنغج] من البلد, غير أنّ فقط من 15% [تو] 25% من [غينن] هو; تحرّك في الحملات بعيدا, هذا لغة يبقى حول مجهولة. الفرنسيّون استعملت ك [كمّون لنغج] بين ال [إثنوس] مجموعة, غير أنّ أيضا ال [بوولر], [ملينك] وأحيانا ال [سوسّوو]. [أس رغردس] اللغة عربيّة, استخدمت هذا لغة فقط بالتابعات [كرن]. من يكون ال [بوينت وف فيو] دينيّة, المسلمات بوضوح أكثر يتعدّد في جنيه, مع تقريبا 85% [د]? تابعات في الالسّكان. واحدة يعدّ إلى 5% من [غينن] تابعات من التقليديّة أديان [أنيميستس] و4% من مسيحيات ([إينكلودينغ] 3% من [كثوليكس] و1% من بروتستنتيات إنجيليّة).
3 أهّل معطيات
تاريخيّة [نلووس] و [بغس] المنطقة بدءا [فييي] قرن, وكان تلاقيت في [إكسي] قرن ب [جلونكس] من [مند] أصل. هم كان تبعت ب [بيولس] و [مندينغس], أيّ وصل بين [إكسفي] [إكسفييي] قرن, بينما يحضر إسلام. في [إكسيي] قرن, المنطقة انتسب إلى [ل]? تأزّمت من غانا وأنّ من مالي. [ثيس لست] عرف أوجه في [إكسيف] قرن; هو مدّد من الشمال وال [إست وف] جنيه مع [تومبووكتوو] (مالي), قبل [بريكليتر] في ال [نإكست سنتثري].
3.1 [ل]? يصل من [إيوروبن]
[أوندر ث ترمس وف] المعاهدة [توردسلّس] (1494) أيّ تتبّع الحدود إقليميّة بين إسبانيا وبرتغال, كان الصفحة [ألإكسندر] [في] [بورجا] (1431-1503) قد قيّد الإسبانيات والبرتغالية أن يكون حصلت جانبا على التقسيم من العالم: انتسب كلّ أنّ كنت اكتشفت في ال غرب الخطّ زواليّة إلى [ل]? رأيت إسبانيا وفي الشرق (برازيل وإفريقيا), في برتغال (المخططة من المعاهدة). واقعيّا, [ل]? [كثوليك شرش] كان قد خصّص إلى الاثنان قوى شبه جزيري, لا مناطق من استعمار, غير أنّ من المناطق ال [إفنجليزأيشن], غير أنّ لم يقاوم هذا تمييز الشهيات [إيمبريليست] [لونغ تيم]. [أوندر ث ترمس وف] المعاهدة [توردسلّس], كان إفريقيا أن ينتسب إلى البرتغالية وحيد, بما أنّ الإسبانيات كان عزلت هناك. الأخرى كان بلاد أوروبا, مثل فرنسا, [غرت بريتين] وهولندا, يعجز أن يكون تعارضت إلى المعاهدة [توردسلّس] حتّى النهاية من [إكسفي] قرن.
كان البرتغالية [إيوروبن] أولى, في [إكسف] قرن, أن يطوّق السواحل الجنيه وأن [كم ينتو] اتّصال مع الالسّكان أيّ كان هناك. هم ركّبوا عدادات وتدرّب التجارة التوابل, من [ل]? [بلم ويل], نوع ذهب, من العاج و… مسوّدة من العبيدات. يحفظ [توبونمي] بعد علامتهم (ريو [نوز], ريو [بونغو], رأس [فرغ], [إتك]) وعدّة أسرات ورثوا اسمهم ([فرنندز], [غمز], [إتك]). غير أنّ دخل البرتغالية جدّا باكرا في منافسة مع الالبريطانيوّن والالفرنسيّون. أحطت هم كان سريعا في ماذا أصبح [أوجوورد]? اليوم [غين-بيسّو]. أنهى الالبريطانيوّن فوق يكون يرضى دون [توو موش] مع صعوبات مع [سرّا ليون]. بعد ذلك, في [فورتي] [د]? سنون, [ل]? حلّ إمبرياليّة فرنسيّة منافساته في المنطقة ب يمدّد منطقته [سترتينغ فروم] الساحل بحريّة في اتّجاه من [فووت-دجلّون] و [هيغ-غينا]. لم يعرف ال [أوتوشتونس] [د]? نفذت [ل]? يكتب أنّ ب ال [أربيك لفبت]: ظهر نسخة تسجيل من اللغة [بيول] في رموز عربيّة فضلا عن أثناء [إكسفييي] قرن, غير أنّ هذا وصول في العالم من الكتابة كان أبطأت بجدّيّة بالغزوة من القوات مستعمرة.
اكتشف الالفرنسيّون [غسبرد-ثيودور] [مولّين] [أفرج-غينا] ([فووت-دجلون]) والمدينة [تيمبو] في 1818; لجزءهم, بلغ [غردون] إنجليزيّة [لينغ] (1826) [رن] فرنسيّة [كيلّي] (1828) [تومبووكتوو] في مالي. في 1840, وقع الأميرال فرنسيّة [بووت-ويلّومز] (1808-1871), حاكمة مقبلة سنغال, المعاهدات أولى مع رؤساء محلّية جنيه. في 1880, زوّد الالفرنسيّون أوليفييه [د] [سندرفل] الأسس من استعمار أوروبيّة في المنطقة. في السنون 1880, ال [ألممي] (مسيطرة) [د]? [ملينك] أخذ أصل, [سموري] [توور], يجهّز مع أسلحة حديثة, التحكم من الداخلية من البلد. في 1884-1885, يتبع إتفاق بين القوى مستعمرة [ل]? وقت (فرنسا, [غرت بريتين], ألمانيا وبرتغال), ميّز المؤتمر برلين ال "[ريغتس]" من فرنسا على المنطقة.
3.2 أصبح استعمار
فرنسيّة الأرض الجنيه مستعمرة فرنسيّة في 1893 وكان ضمنت داخل إفريقيا فرنسيّة غربيّة ([أوف]) في 1893. غير أنّ وفى [سموري] [ألممي] [توور] حرب ينظّم ضدّ الاحتلال فرنسيّة على الساحل وفي ال [مسّ] جبليّة صلبة [سوث-ست], إلى أن هو كان قهرت في 1898. حقيقة مأسورة في 1898, [أفّ-ست] هو كان في غابون حيث هو مات في 1900. هو كان واحدة من البطلات متأخّرة من التاريخ [بركلونيل] من البلد. مقاومات إلى [ل]? احتلال فرنسيّة استمرّ ولم يوقف [قو]? في 1912, [أت ث تيم وف] ال "تهدئة" من هذا منطقة يثبت فوق في منطقة عسكريّة منذ 1899. أخيرا, سهّل ال يفتّت في يتعدّد [شفّريس] منافسة التأثير فرنسيّة على البلاد. غير أنّ تجاوزات فرنسيّة عسكريّة يسبّب في 1911 ثورة من [غرز] و [منونس], أيّ كان كبتت مع وحي عظيمة جدّا.
فرنسا فرض نظامة من إدارة مستعمرة متماثلة إلى أنّ يطبّق في الأخرى أراضي [أفريكن] من إمبراطوريته مستعمرة. الفرنسيّون أصبح اللغة ال [ل]? إدارة. كان الأغلبية من ال [أفّيسل دوكمنت] عمليّا أبدا يعرف [أن بهلف وف] ال [إينترستد برتي], ماعدا [لورسقو]? ترجمت هم كان أحيانا في "عامية محلّية". تقريبا 95% من لم حضر جنيهات [ل]? مدرسة ويتجاهل بالتّالي الفرنسيّون. مهما, كان الفرنسيّون [ل] واسع انتشار قريبة جدّا? [غينن] نخبة أيّ ن? لم يتردّدوا مع الحاجة أن يقصّر الدراسات [كورنيك] أطفالهم أن يجعلهم تبعت مسالكهم مع [ل]? مدرسة فرنسيّة.
التطوير من البلد بقي الحقيقة من الالفرنسيّون, لأنّ ال [أوتوشتونس] زوّدوا فقط ال [هند-د]? أعمال في معدل رخيصة, [إين برتيكلر] في [ل]? إستثمار البوكسيت. احتكر الشركات فرنسيّة الثقافات التصدير وضاعفهم. بوضوح, وجّهت الإستثمار من ال [نتثرل رسورس] كان نحو الحاجات للعاصمة, أيّ جدّا باكرا سبّب جدّا سيّس وحدويّة تجاريّة, خصوصا في الصناعيّة ومينة مراكز, أيّ كان غيّرت داخل حركات [بروتستور]. أثناء الاثنان حرب عالميّة, دعا العاصمة كثيرا [غينن] جنديات: جنّدت 36.000 كان في 1914-1918 وتقريبا 18.000 في 1939-1945.
أصبح جنيه فرنسيّة بالدستور فرنسيّة أكتوبر - تشرين الأوّل 7, 1946 "أرض عبر البحار". في النهاية ال [ل]? بقي إمبراطورية فرنسيّة مستعمرة, المعدل من يعلم من ال "ساكن محلّيّ" بانخفاض من 12%. أخفى هذا حالة أيضا تباينات مهمّة بين الأجناس (مثلا, أقلّ من 10.000 بنات من 45.000 يزوّد تربية لأطفال), البيئة مدنيّة وريفيّة (يعرف بما أنّ "من دغل"), المجموعة مختلفة اجتماعيّة ([سفيلس] خادمة, حرفيات, عاملات وعمليات, قرويات) وراهبات (مثلا, مدارس [كورنيك] ومدارس كاثوليكيّة خاصّة), دون يتكلّم حول المناطق جغرافيّة. بقي التربية [هيغر] [نون-إكسيستنت]. بعد ذلك, حتميّا, سياسيّة ضمير طوّر [أنتيكلونيل] أن يستمرّ مع قوة بعد الحرب عالميّة.
3.3 نحو [ل]? استقلال
في 1952, أحمد [سكوو] [توور], [غرت-غرندسن] [سموري] [توور], ب قام أنشطة سياسيّة هكذا [د]? أن ينال أكثر ممثلات [أفريكن] في الحكومة محلّيّة. هو أسّس الحزب ديموقراطيّة جنيه من أيّ هو جعل بقوّة يشيّد تنظيم شعبيّة. [أت ث تيم وف] كان الاستفتاء سبتمبر - أيلول 28, 1958, جنيه البلد وحيدة من كلّ إفريقيا [فرنش-سبكينغ] أن ينقض الاقتراح من الجنرال [غولّ] يتعلّق الدمج من المستعمرات من إفريقيا فرنسيّة غربيّة ضمن [د]? ال يمكن جماعة فرنسيّة. تطلّب [سكوو] [توور], أيّ كان أقنعت أنّ فرنسا استطاع لم بشكل دائم نبذت جنيه هكذا أغنياء في يلغم منتوجات, من السّكانه أن يقترع لا مع المشروع الدمج في الجماعة فرنسيّة. أفاد في خطبته مع الجنرال [غولّ] مع كوناكري, في أغسطس - آب 25, 1958, [سكوو] [توور], بعد ذلك نائب رئيس من المجلس الحكومة:
علق يكدّر مع [غينن] قرار بعد إقتراعه سلبيّة [أت ث تيم وف] الاستفتاء سبتمبر - أيلول 28 (1958) على الجماعة, فرنسا مساندته فورا ([أس وبّوسد تو] ما [سكوو] [توور] يصدق). في واحدة شهر, [غينن] إدارة يعاش خاصّة من [ألّ ث] فرنسيّة فنيات و [سفيلس] خادمة, بما في ذلك الدكاترة, ال [نورسس], المعلمات, الأشخاص مسؤولة ل [أير سفتي], [إتك] بينما رؤساء حبيب بورقيبة من تونس, [همني] [ديوري] من نيجر و [لوبولد] [سدر] [سنغور] من سنغال بلغوا بين المدافعات متحمّسة من [فرنكفوني], [سكوو] [توور], يستمرّ [د] إلى ه? أن يتطلّب لبلده [ل]? فوريّة واستقلال إجماليّة, ويعلن إرتفاع وقوّيّة أنّ مثّل [فرنكفوني] "شكل جديدة من سيطرة مستعمرة". باريس سيحاول [د]? أن يمنع [ل]? انضمام من الدولة جديدة في الالأمم المتّحدة.
3.4 بلغ الأسلوب رسميّة من [سكوو] [توور]
جنيه استقلال في أكتوبر - تشرين الأوّل 2, 1958. بما أنّ ل [سكوو] [توور], أصبح هو بطلة ب يوجد الأسطورة من ال "متصلّبة قوميّة", بينما جنيه بقي الرمز من "يؤسّس كرامة [أفريكن]". جدّا شعبيّة في بلده بما أنّ في أيّ [ل]? كان إفريقيا, [سكوو] [توور], كرئيس أولى جنيه, الكبيرة "شخص عليا مسؤولة" لالبلد.
هو طبّق فورا سياسة من "[بنفريكنيسم]" يتضمّن ال "[دكلونيزأيشن] متكاملة من [ألّ ث] بنى من البلد", هكذا [د]? إلى يؤسّس "شركة اشتراكيّة".
- الثورة
ثقافيّة مع [سكوو] [توور], جنيه من الآن فصاعدا تجويف الاسم من شعبيّة جمهورية ثورية الجنيه. [ل]? تبنّى واحدة من ال [فري فيرست] "قرارات تشريعيّة" ال [شورتلي فتر] استقلال يستطيع أعطيتنا فكرة من الرمز رسميّة من الأسلوب جديدة [إين بلس]. هنا النص ال [ل]? جدول أكتوبر - تشرين الأوّل 2, 1958 ببساطة ينوي إلى عداد الرحلة في البلد:
مع كان الثورة ثقافيّة, ال [سفيلس] خادمة من الحكومة أن يجيب على الهاتف ب يقول [د]? منفذة: "مرحبا! قروض للثورة!" أثناء السنة 1960, أمر [سكوو] [توور] تدمير ضخمة كتب, جرائد, وثائق إداريّة, جائز, مبارد, [إتك], في [ألّ ث] [بوبليك سرفيس]. سلبت المبارد كان وفرّغت, و [ألّ ث] أخرى وثائق كان أحرقت تحت التحكم من عاملة الأمان. بعد ذلك, حظّرت الإستيراد الكتب وجرائد أجنبيّة كان ل ال [بريفت ينديفيدول]. [ل]? واحدة من ال أكثر يستمع إذاعات مع [ل]? أزلت وقت ب [غينن], الصحافة مراجعات, كان أن يكون استبدلت بالمحادثة من الرئيس حيث هو كان الوحيد واحدة مع يتكلّم. في الحملات, الراديووات ريفيّة اضطرّ تبنّيت "مقاربة شخصيّة" في [نأيشنل لنغج] أن يتّصل مع الالسّكان. بما أنّ [س] بئر استطاع? مرّ [ي] أن ينتظر, الثورة أيضا باللغة… وب [ل]? مدرسة.
- المدرسة كان إصلاح
في 1958 سابقا, الحكومة قد جعل القرار "أن يكيّف البنى التربية إلى حقائق جديدة وطنيّة" مع هدف من يؤسّس "ديموقراطيّة وتعليم شعبيّة". الإصلاح [أمبيأيشننيت] "أن يزوّد تربية ل [ألّ ث] أطفال من البلد بما أنّ من ال [سكهوول ر] 1964-1965". مهما, [ك]? يكون من 1968 أنّ [سكوو] [توور] يطبّق سياسته لغويّة [د]? أتمّ [أفريكنيزأيشن] وب قام أن يصلح [ل]? تربية في ال [بريمري سكهوول].
خلقت العمولة وطنيّة إزالة الأمية كان. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l?enseignement destiné à assurer les liens entre «l?école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d?enseignement. À l?époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l?Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu?une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D?une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu?elles n?avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu?à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu?en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l?école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s?était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l?exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d?assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d?obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d?Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu?en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s?engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d?une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd?hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l?a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L?ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s?agit des alinéas 4 et 5 de l?article 1:
Par cette disposition, l?État guinéen se réapproprie officiellement l?usage du français qui n?avait jamais été abandonné sous l?ancien régime. L?État veut également continuer d?assurer la promotion des cultures et des langues du peuple de Guinée.
4.1 La langue de l?État
Toute la politique linguistique écrite de la Guinée tient essentiellement à l'article 1 de la Constitution, qui fait du français la langue officielle et assure aux langues nationales une certaine place. Cette clause constitutionnelle signifie que le français reste la langue de la présidence de la République, de l'Assemblée nationale, de l'Administration publique, des cours de justice, des forces armées et policières, de l'enseignement à tous les niveaux, de l'affichage, des médias, etc. Cependant, des accommodements sont prévues dans les cours de justice, les services publics et les médias. Dans ces domaines, les langues nationales les plus importantes, généralement le peul (ou poular), le malinké (ou maninka) et le soussou ? parfois le kissi, le kpellé et le toma ?, sont utilisées concurremment avec le français. On peut parler d?un véritable bilinguisme au sein de l?appareil de l?État, du moins pour l?oral. À l?écrit, seul le français conserve ses prérogatives.
4.2 L?éducation
Bien que l?enseignement soit gratuit, la scolarisation de la population guinéenne demeure encore faible. En effet, au début des années quatre-vingt-dix, on comptait quelque 76 % d'analphabètes dans le pays. Seulement 30 % des enfants en âge scolaire fréquentaient l?école primaire. Environ 10 % des jeunes pourraient aller à l?école secondaire, contre 2 % dans l?enseignement supérieur. Le gouvernement a entrepris des campagnes de sensibilisation à la radio et à la télévision, mais les résultats sont lents bien qu?encourageants. De façon générale, les filles fréquente beaucoup moins l?école que les garçons.
La Guinée dispose d?un bon réseau d?écoles à tous les niveaux. Les enfants des villes peuvent fréquenter des écoles maternelles, des écoles primaires et secondaires, ainsi que établissements d?enseignement supérieur. Après la régime de Sékou Touré, le français est redevenu la langue d?enseignement à tous les niveaux, les langues nationales ayant par le fait même reculé. Sauf dans les écoles maternelles ou jardins d?enfants (et encore!), le français a repris sa place d?antan. Les langues nationales (peul, malinké, soussou, kissi, kpelle, toma), quand on les enseigne au primaire, sont devenues des matières d?enseignement, non plus des langues d?enseignement. De plus, les écoles coraniques et les établissements franco-arabes continuent d?enseigner l?arabe, surtout dans les matières religieuses, littéraires et sociales.
Les écoles de la Guinée sont plutôt pauvres et elles manquent cruellement de manuels scolaires. À titre d?exemple, le ratio livre-élèves est en général de dix pour les manuels en sciences, de sept pour les mathématiques et de quatre pour le français.
Dans les écoles secondaires et les établissements supérieurs (Université de Conakry, Université de Kankan, Institut supérieur de mine et géologie de Boké, Institut supérieur agronomique et vétérinaire de Faranah, Institut supérieur de sciences de l?éducation de Guinée), seul le français sert de langue d?enseignement. Il existe aussi de nombreuses écoles normales destinées à assurer une formation initiale aux enseignants du primaire et du secondaire.
En ce qui concerne les langues étrangères, la Guinée a privilégié deux langues: l?anglais et l?espagnol. La première langue étrangère enseignée est l?anglais. L?élève a, au secondaire, le choix entre l?espagnol et l?allemand; la plupart préfèrent l?espagnol.
Il existe de nombreuses écoles privées en Guinée. Les programmes des établissements privés du primaire et du secondaire sont exactement les mêmes que ceux du public. Les élèves subissent les mêmes examens que ceux du public. Généralement, l?enseignement dispensé dans ces établissements favorisent l?apprentissage et la pratique du français et de l?anglais afin d'amener les élèves à un bilinguisme le plus fonctionnel possible.
L'euphorie étant passée en ce qui a trait aux langues nationales, le gouvernement guinéen garde néanmoins la conviction que celles-ci doivent encore jouer un grand rôle dans la promotion de la culture nationale. On réfléchit présentement aux moyens de redynamiser ces langues. L'Académie des langues est devenue l?Institut de recherche linguistique appliquée. L'Institut pédagogique national est devenu l?Institut national de recherche et d'action pédagogique. Un Centre d'études linguistiques a été mis en place à la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Conakry.
Pour terminer, signalons que le système d?éducation de la Guinée est aux prises avec de graves problèmes d?inefficacité. Malgré les sommes énormes (proprotionnellement) consacrées à l?éducation, seulement 38 % des enfants guinéens sont scolarisés et, parmi ces derniers, un tiers au moins ne termine pas le cycle du primaire. On constate aussi d?énormes disparités entre les garçons et les filles, car celles-ci sont scolarisées dans une proportion de 18 %, notamment dans les zones rurales. De façon générale, les cours sont dispensés dans des conditions pédagogiques difficiles. Les classes comptent généralement de 60 à 90 élèves pour un maître qui n?est pas toujours motivé, sans compter que le statut de l?enseignant, avec un salaire peu élevé, est perçu come peu valorisant dans la société guinéenne.
4.3 Les médias
Les médias guinéens diffusent en français et dans plusieurs langues nationales. Les langues nationales sont privilégiées dans les stations locales désignées comme des «radios rurales». Dans chacune des quatres régions naturelles (Guinée maritime, Fouta-Djalon, Haute-Guinée et Guinée forestière), il existe une station de radiodiffusion qui a une grille de production et de programmes, autonome et locale. Toutes les langues recensées dans chacune des localités sont présentes à l?antenne de la radio. En Guinée, c?est la seule façon de rejoindre tous les citoyens, quelle que soit leur langue. Dans cette pespective, le français constitue «une langue parmi les autres». Tous les médias électroniques appartiennent à l'État, car il n?existe pas de radio ou de télé privée en Guinée. Mais une loi serait prévue pour autoriser les médias électroniques privés en Guinée. Les radios étrangères sont facilement captées, celles provenant du Liberia et de la Sierre Leone sont en anglais, celles de la Guinée-Bissau sont diffusées en portugais, les autres sont toutes en français.
Dans le domaine de la télévision, l?État ne peut encore couvrir tout le territoire national. La télévision est en Guinée un média beaucoup plus coûteux et donc inaccessible pour la plupart des Guinéens. Seules quelques-unes (peul, malinké, soussou, etc.) sont employées sur une base régulière à la télévision nationale (la RTG).
La plupart des médias écrits n?emploient que le français. Les Guinéens peuvent se procurer des journaux étrangers en anglais, en espagnol et en portugais.
Avec la révolution culturelle, les fonctionnaires du gouvernement devaient répondre au téléphone en disant d?abord: «Allô! Prêts pour la révolution!» Au cours de l'année 1960, Sékou Touré ordonna une destruction massive de livres, journaux, documents administratifs, juridiques, archives, etc., dans tous les services publics. Les archives furent pillées et vidées, et tous les autres documents furent brûlés sous le contrôle d'un agent de la sécurité. Par la suite, l'importation de livres et de journaux étrangers fut interdite pour les particuliers. L?une des émissions les plus écoutées à l?époque par les Guinéens, la Revue de presse, fut supprimée pour être remplacée par la Causerie du président où il était le seul à parler. Dans les campagnes, les radios rurales durent adopter une «approche personnelle» en langues nationales pour communiquer avec la population. Comme on pouvait bien s?y attendre, la révolution passait aussi par la langue... et par l?école.
- La réforme scolaire
En 1958 déjà, le gouvernement avait pris la décision d'«adapter les structures de l'éducation aux nouvelles réalités nationales» dans le but d'instaurer un «enseignement démocratique et populaire». La réforme ambitionnait de «scolariser tous les enfants du pays à partir de l'année scolaire 1964-1965». Toutefois, c?est à partir de 1968 que Sékou Touré appliqua sa politique linguistique d?africanisation et entreprit de réformer l?éducation dans les écoles primaires.
La Commission nationale d'alphabétisation fut créée. Après avoir codifié le premier alphabet guinéen (sans trop de rigueur scientifique), la commission choisit huit langues nationales (malinké, soussou, peul ou poular, kissi, basari, loma, koniagi et kpellé) sur une vingtaine et élabora des syllabaires dans plusieurs autres langues nationales. Les objectifs portèrent sur deux points importants: la réforme de l?enseignement destiné à assurer les liens entre «l?école», «la vie» et «la production», et à alphabétiser les adultes dans les langues nationales. En tout, il y eut une bonne vingtaine de réformes en éducation. La Direction nationale d'alphabétisation produisit une documentation importante afin de subvenir aux besoins des différentes matières enseignées dans les écoles. Par ailleurs, de nombreuses publications en langues nationales furent rédigées par les enseignants guinéens.
Dans les premières années de la réforme (mais après 1967), les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul) se faisaient dans l'une des langues nationales au cours de la première année, alors que le français n'était abordé qu'à l'oral. Puis, au cours des trois années primaires suivantes, les élèves passaient progressivement du français comme matière enseignée au français en tant que langue d'enseignement. Les langues nationales suivaient le processus inverse: de langue d'enseignement, elles devenaient des matières d?enseignement. À l?époque, cette réforme scolaire fit passer Sékou Touré pour un précurseur dans toute l?Afrique.
Par la suite, la «révolution culturelle socialiste» modifia la politique adoptée dans les programmes d'enseignement. Le français cessa net d'être la langue d'enseignement au primaire. Dans chaque région, la langue «dominante» dut être enseignée dans les écoles (primaires). Par exemple, les élèves étudièrent en soussou en Guinée maritime, en poular au Fouta-Djalon, en malinké en Haute-Guinée, en kissi, en toma, en guerzé en Guinée forestière, etc. Ainsi, les langues nationales choisies devinrent des langues d'enseignement à la place du français, et ce, de la 1re à la 8e année, ainsi qu?une discipline de la 9e année à l'université. Les mémoires de fin d'études supérieures en langues nationales ou traitant des langues nationales enrichirent la documentation de l'Académie des langues de la Guinée.
Les résultats de cette «révolution culturelle» se révélèrent décevants. D?une part, les langues nationales étaient handicapées du fait qu?elles n?avaient jamais servi dans les communications écrites, notamment dans les sciences et les techniques; il fallait toujours recourir au français. La formation des maîtres entraîna d'énormes problèmes, car les anciens instituteurs durent apprendre à lire et écrire dans une langue nationale pour se rendre compte que les manuels scolaires ne suivaient pas. En effet, l'unique imprimerie de Conakry ne put jamais suffire à la tâche et la plupart des manuels préparés par les chercheurs en pédagogie restèrent à l'état de manuscrits, dans les tiroirs. Finalement, le nombre des langues d'enseignement passa de huit à six. On peut attribuer l'échec de la politique linguistique de Sékou Touré à plusieurs causes: une réforme bâclée et improvisée, la rareté des manuels scolaires et l'insuffisance de la formation des maîtres.
Par ailleurs, afin de faire face à la scolarisation d'une nombreuse jeunesse, le gouvernement de Sékou Touré imposa «l'enseignement de masse». Or, cet enseignement fut mal reçu par la population. En effet, une classe pouvait comporter jusqu?à 200 élèves ou plus (ce qui n'était pas forcément différent de ce qui existait avant l'indépendance ), les «travaux champêtres» et l'idéologie socialiste absorbaient les trois quarts du temps, les élèves étaient notés collectivement (non individuellement), les salles de classe ne disposaient généralement d'aucun équipement, chaque élève devant même apporter son siège. En fait, nombre d'enfants abandonnèrent simplement l'école, car beaucoup de parents, surtout dans les campagnes, préférèrent faire travailler leurs enfants aux champs. La propagande du gouvernement de Sékou Touré annonçait régulièrement un taux officiel de scolarisation de 40 %, alors qu?en réalité il oscillait plutôt autour de 20 %. À la fin du régime, en 1984, le taux de scolarisation restait encore inférieur à 20 %. Soulignons que, durant cette période, tous les enfants des élites guinéennes fréquentaient systématiquement l?école privée et apprenaient, pour leur part, le français.
- Un bilan décevant
Le régime autoritaire de Sékou Touré s?était rapidement transformé en dictature et aurait provoqué, au cours des ans, l?exil du quart de la population guinéenne (500 000 personnes sur deux millions). Ayant acculé son pays à la faillite et, devant le mécontentement grandissant de la population, le dictateur entreprit d?assouplir son régime. Il fit alors de nombreux voyages diplomatiques dans le but d'établir des relations avec d'autres pays et de trouver des investisseurs; il chercha de l'aide auprès du bloc communiste (Europe de l'Est, Union soviétique et Chine) afin d?obtenir le financement que la France lui refusait. Cible de plusieurs tentatives d'assassinat, il accusa régulièrement la France de comploter pour renverser son régime et rompit toute relation avec celle-ci en novembre 1965. Entre 1958 et 1971, neuf des 71 membres du gouvernement furent exécutés, huit moururent en détention, 18 furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, 20 remis en liberté provisoire, cinq se réfugièrent à l'étranger. Les rapport du «responsable suprême» avec les pays voisins, soit la Côte d?Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, restèrent troubles jusqu?en 1978.
Curieusement, la Constitution «révolutionnaire» de 1982 (ni celle de 1958) ne contenait aucune disposition d'ordre linguistique. De façon paradoxale, les tentatives de Sékou Touré de faire de la Guinée un pays officiellement plurilingue semblent avoir été un énorme échec. Il est probable que ce ne soit pas ce que la population désirait. C'est dans ce cadre général d'échec qu'intervint en 1984 la mort subite du chef de l'État, Sékou Touré.
3.5 Après Sékou Touré
Après la mort de Sékou Touré en 1984, le pays était ruiné, des dizaines de milliers de Guinéens avaient fui le pays pour rejoindre la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la France, les prisons étaient pleines et quelque 700 000 morts étaient attribués au dictateur.
Un Comité révolutionnaire de redressement national (CRRN) comprenant des militaires porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Puis la Guinée s?engagea dans une série de réformes et, en rupture avec l'ancien régime, elle se rapprocha de la France et de ses voisins. Les nouveaux dirigeants décidèrent de revenir à un enseignement entièrement en français. On chargea l'Académie des langues de travailler sur l'hypothèse d'une «langue nationale d'unification» du pays, qui devait être adoptée après un «délai de réflexion» de six ans, c'est-à-dire en 1990.
Par la suite, la population guinéenne s'est retrouvée aux prises avec un de ces plans de restructuration dont seuls le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont le secret. La Guinée connut notamment le licenciement d'un bon tiers des fonctionnaires inutiles que comptait le pays, la privatisation des banques et de la centaine de sociétés d'État fantoches, avec en prime l'augmentation fulgurante du prix des denrées de première nécessité. En 1993, le colonel Lansana Conté remporta la première élection présidentielle pluraliste. Les libertés fondamentales furent progressivement restaurées, l'inflation en partie maîtrisée, la vie démocratique revint lentement.
Cependant, la stabilité politique resta précaire, comme l'ont démontré les affrontements entre les Malinkés, les Soussous et les Peuls lors d?une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996. De plus, Amnistie internationale dénonce encore aujourd?hui le régime guinéen, notamment pour ses violations du droit d'expression et du droit d'association, et les tortures en tout genre des personnes incarcérées, souvent sans procès. Selon le Rapport mondial sur le développement humain publié en 1992 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), la Guinée était classée au dernier rang des 170 pays du monde, derrière Haïti et la Somalie. Malgré ses richesses naturelles, la Guinée ne parvint pas à faire décoller son économie. Pourtant, selon les Guinéens eux-mêmes, la Guinée-Conakry est un pays «béni d'Allah», on l?a surnommée «le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest» et raison de son réseau hydrographique, et ses ressources minières sont énormes: les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares (cobalt, uranium), de l'or, des diamants, etc.
4 La politique linguistique
Sous le régime de Sékou Touré, ni la Constitution de 1958 ni celle de 1982 ne contenait de disposition à caractère linguistique. L?ancien régime autoritaire préférait sans doute fonctionner comme bon lui semblait, au gré du vent, sans avoir à se préoccuper des contraintes constitutionnelles. La Constitution du 23 décembre 1990, appelée Loi fondamentale, contient pour sa part des dispositions sur la question linguistique. Il s?agit des alinéas 4 et 5 de l?article 1:
La politique linguistique de la Guinée-Conakry en est une de pragmatisme. Elle réside dans l?unilinguisme français pour l?appareil de l?État, incluant l?école, mais se transforme en un multilinguisme pragmatique ? ce qu?on peut appeler un «multilinguisme de stratégie», pour tout ce qui relève des services à la population: administration orale, tribunaux, médias électroniques, etc.
Après avoir été un «précurseur» dans l?utilisation des langues nationales africaines du temps de Sékou Touré, l?État guinéen est revenu à une forme de politique moins dogmatique où l?improvisation idéologique a laissé la place à un certain réalisme. On peut croire que la politique actuelle constitue néanmoins une formule de transition. Il est probable que l?État s?en ira vers une utilisation accrue des langues nationales sans abandonner l?usage officiel du français, l?un des facteurs essentiels du développement économique.
|
|
| November 20, 2008 | 4:30 AM |
|
You must be logged in to add tags.
|
 |
|
Latest Posts
Monthly Archive
Change Language
Filter By Type
Friends
< |